Competences & rh

Du préscolaire dans le Haut Atlas

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5292 Le 12/06/2018 | Partager
24 classes pour la petite enfance ont été implantées dans la vallée d’Imlil
Une initiative de l’association Relais instruction éducation Maroc
Les villageois impliqués dans la gestion et la pérennisation du projet
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Et de 24. L’association RIM (Relais instruction éducation Maroc) est en train d’achever la 24e classe préscolaire dans la vallée d’Imlil. Une région  du Haut Atlas à 60 kilomètres de Marrakech mais qui peut être coupée du monde dès les premiers signes d’hiver.

C’est à travers l’éducation que l’ONG qui regroupe des bénévoles marocains d’ici et d’ailleurs de différents horizons (scientifique, industriel, éducatif..) a choisi de mener ses actions pour le développement humain. Dans cette région où l’école est un luxe et le préscolaire, un rêve inaccessible.

Au Maroc, plus de 56% des enfants en âge de scolarité ne sont pas inscrits dans un établissement préscolaire,  et les écarts sont beaucoup plus importants dans le rural, alors que la refonte globale du système impose un caractère obligatoire de ce cycle. C’est partant de ce constat et d’un diagnostic établi en 2007 dans la région que RIM a mis en œuvre un projet de création d’implantation de classes pour la petite enfance. 

Et la première a vu le jour en 2009 avec l’appui de l’association Aide et Action International. Depuis, 22 autres classes ont été créées dans les différents douars de la région.  Les villageois se sont mobilisés, faisant don, dans chaque douar bénéficiaire, du terrain pour la construction de la classe.

«Ils ont participé à la fois à la construction de ces établissements et à la création d’une association locale pour en assurer la gestion», explique Ghizlane Boulouart de RIM. En effet, il ne suffit pas seulement de créer une classe mais surtout de pérenniser la démarche.

Côté ressources humaines, la démarche a été également inédite. 24 jeunes éducateurs de la région ont été recrutés et formés par RIM et Aide et Action International en partenariat avec la délégation régionale de l’éducation. Ces ressources sont aujourd'hui rémunérées par les associations des villageois, la commune rurale d'Asni et  RIM. Chaque année, l’ONG assure une formation continue pour les éducateurs pour garantir un préscolaire de qualité. 

En 9 ans, plus de 2.000 enfants ont pu bénéficier de cet enseignement dont 49% des filles poursuivent maintenant leur scolarité à l’école primaire et au collège. «Leur aisance et leurs résultats montrent tout l'intérêt de cette initiative», se réjouit Boulouart.

Un des impacts majeurs du projet est aussi la forte dynamisation sociale créée autour de ces classes puisque des comités de mères éducatrices ont vu le jour et de nombreux projets de développement ont été conduits.

Le défi est maintenant la pérennisation du fonctionnement des 23 classes et l'achèvement des travaux de la 24e.  «Nous comptons aussi sur les donateurs privés pour soutenir cette initiative. Trouver de nouveaux parrains est une priorité», espère Boulouart.

A partir de 250 DH par mois, il est possible de parrainer un enfant et de suivre son évolution, mais les dons peuvent bien sûr se faire à l’envi. Financiers ou matériels, ces dons permettraient de maintenir les salles de classe et d’activités, de soutenir les familles et de créer des activités génératrices de revenu dans les villages.

 

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