Régions

Développement durable: Les ambitions de Marrakech-Safi

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5292 Le 12/06/2018 | Partager
Le conseil dédie 4 milliards de DH à cette rubrique
Techniques d’irrigation, efficacité énergétique, traitement des déchets, les projets
Une unité de dessalement d'eau bientôt à Essaouira

Amélioration de la qualité de l’air, valorisation des déchets, assainissement liquide… 2018 s’annonce cruciale pour la mise en œuvre de la Stratégie de développement durable (SNDD). C’est également un grand pari pour la région qui a déjà commencé à mener à bien cette transition vers une économie verte à bas carbone.

Plusieurs projets commencent à voir le jour à Marrakech comme le centre d’enfouissement et de valorisation des déchets ménagers. Un centre de nouvelle génération et dont le coût s’élève à 160 millions de DH. Le Secrétariat d’Etat y a contribué à hauteur de 90 millions de DH dans le cadre du Programme national des déchets ménagers tandis que le reste est fourni par la commune de Marrakech.

Le site est implanté sur 183 ha dans la commune de Mnabha, à 43 km de Marrakech et 33 km du centre de transfert. A terme, le CEV devra fournir des RDF aux cimentiers. Ce n’est donc pas fortuit que le Secrétariat d’Etat chargé du Développement durable ait souhaité démarrer l’opérationnalisation  de la stratégie nationale à Marrakech  pour une réelle mise en œuvre dans cette région.

«Grâce à l’implication des différents ministères et acteurs locaux, nous sommes sur la bonne voie», confirme Nezha El Ouafi, secrétaire d’Etat chargée du Développement durable. Une convention de partenariat vient d’être d’ailleurs paraphée  entre le département d’El Ouafi, la wilaya et le conseil de la région Marrakech – Safi relative à la mise en œuvre de la SNDD. 

Une occasion qu’a saisie le conseil de la région pour annoncer une enveloppe de 4 milliards de DH prévu par le programme de développement régional. Cette enveloppe sera dédiée à la mise à niveau des techniques d'irrigation, le développement de l'efficacité énergétique, le développement du traitement des déchets et la mise en place d'une économie de recyclage, la mise en place d'une unité de dessalement d'eau à Essaouira et le développement d'un programme de reboisement.

«Le souci du développement durable était également très présent lors de l'achèvement du projet régional de préparation du sol et de création de la côte régionale de Safi et Essaouira, que nous avons signé en février 2016 en partenariat avec le ministère de l'Aménagement du territoire», indique Ahmed Akhchichen, président du conseil de la région.

La Stratégie nationale de développement durable est conçue pour mettre en œuvre une économie verte et inclusive au Maroc d’ici 2020. Cette vision repose sur l’intégration de quatre piliers fondamentaux: économie, social, environnement et culture.

L’objectif est de renforcer durablement la compétitivité économique, assurer un développement humain et une cohésion sociale, systématiser la prise en compte des enjeux environnementaux ou encore assurer un développement propre aux spécificités culturelles nationales. Et à ce niveau, Marrakech est un cas d’école.

Une démarche proactive

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Au-delà des projets d’infrastructures dans le domaine de l’environnement et du développement durable (destruction de décharges sauvages, centres de tri et valorisation des déchets ménagers...), Marrakech a fait preuve très tôt d’une prise de conscience et d’une démarche proactive en matière environnementale. En effet, la protection de l’environnement et la transition vers un développement durable sont devenues un leitmotiv à Marrakech et une cause défendue aussi bien par les élus, les opérateurs économiques que le département du Développement durable. Ainsi, c’est en 2007 que les acteurs de Marrakech ont décidé de créer une station de traitement et de réutilisation des eaux usées pour alimenter la palmeraie et les 19 greens de la ville afin de soulager les nappes phréatiques. Ces greens ont besoin de plus de 20 millions de m3 d’eau par an et auraient aggravé le déficit hydrique. De même, en 2005, la ville a commencé à réhabiliter ses jardins publics avec même une gestion confiée à une société privée pour l’un de ses plus emblématiques jardins: Arsat Moulay Abdessalam, rénovée par Maroc Telecom et la Fondation Mohammed VI pour l’environnement et transformée en un cyberparc.

De notre correspondante permanente, Badra BERRISSOULE

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