Régions

Une bibliothèque «nomade» à Marrakech

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5288 Le 06/06/2018 | Partager
L’initiative de l’association Kitabi
12 femmes bénévoles et les étudiants de Cadi Ayyad à la manoeuvre
Dons de livres et de temps fortement espérés
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La bibliothèque itinérante de l’association Kitabi se rend depuis 2 ans dans l’une de ses 5 écoles partenaires. Pendant les vacances scolaires, elle s’installe dans les parcs et places publiques de Marrakech pour initier un large public aux plaisirs de la lecture (Ph. Kitabi)

La bibliothèque itinérante de l’association Kitabi tourne depuis 2 ans. Financé par l’INDH, ce camion se rend chaque jour de l’année scolaire dans l’une des 5 écoles partenaires. Elles sont 12 femmes bénévoles, majoritairement universitaires, à porter ce projet initié par Najat Taj Eddine, professeur à la faculté Semlalia de Marrakech.

Alors pendant les vacances, plutôt que de laisser le camion au parking, les étudiants de l’université Cadi Ayyad ont eu l’idée de le garer dans les parcs et places publiques de la ville. L’objectif étant de sensibiliser tous les publics aux joies de la lecture. Kitabi n’entend recevoir que des dons de temps de personnes qui souhaitent les accompagner et des dons de livres en arabe et en français, comme le fait l’institut français, son principal donateur. Mais jamais d’argent.

Arriver à convaincre plus de bénévoles, ce serait pour eux le moyen de se déployer dans d’autres établissements de la périphérie. «Les enfants sont si heureux de nous voir arriver» constate Najat. Sauf que ces tournées dédiées à la lecture ont mis le doigt sur d’autres besoins. En effet, les écoles visitées ont souvent des sanitaires et des équipements en piteux état.

«Leur demander de lire est très bien, mais à condition que les exigences d’hygiène soient respectées» continue-t-elle. Alors, l’équipe a dû parfois élargir leur champ d’action en menant des travaux de rénovation, comme cela a été le cas à l’école Ouled Bouzid, sur la route de Fès, grâce à l’aide financière de l’école américaine. La version «nomade» n’étant pas leur seul créneau, il s’agit parfois de construire un local équipé d’étagères et de livres pour des bibliothèques «en dur» dans les écoles.

La Fondation Montresso, connue pour sa résidence d’artistes Jardin Rouge à Marrakech, a elle aussi supporté le coût de certains travaux. Ailleurs encore, les étudiants de Cadi Ayyad ont organisé le stock d’ouvrages d’une petite école, située près du Grand Stade. Il leur a fallu faire l’inventaire, le classement et l’équipement des rayons.

Chapeautée par la Fondation Marrakech 21, qui se consacre au développement durable, l’association Kitabi ne manque pas d’idées et d’ambitions. Poursuivre la route avec, tous l’espèrent, un deuxième camion, plein de nouveaux bénévoles et étendre les visites à plus d’écoles, aux orphelinats et aux prisons pour mineurs. «Ces projets, nous aimerions que la relève les concrétise» espère Najat.

De notre correspondante permanente, Stéphanie JACOB

 

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