Entreprises

Propreté: Pourquoi Averda jette l’éponge

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5284 Le 31/05/2018 | Partager
Refonte du système de collecte des ordures
Nouveau cahier des charges et plus de délégataires
Un nouvel appel d’offres sera lancé incessamment

La collecte des déchets pose de sérieux problèmes au Conseil de la ville de Casablanca. Après le départ de Sita en septembre dernier, le libanais Averda jette à son tour l’éponge. Il vient de conclure avec la Commune de Casablanca (CUC) un accord à l’amiable mettant une fin anticipée au contrat de délégation des services de propreté.

Le Conseil communal a pris, lors de sa session ordinaire du 3 mai, la décision de mettre une fin anticipée au contrat liant la CUC à Averda Casa, délégataire de ces services sur les lots qui lui sont dévolus. Il s’agit des territoires de Hay Hassani, Aïn Chock, Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi et Sidi Bernoussi.

«Les deux parties ont convenu de continuer à mobiliser tous les moyens humains, matériels et logistiques pour assurer la meilleure qualité de service durant la période transitoire précédant la mise en œuvre des nouveaux contrats de gestion déléguée sur l’ensemble des arrondissements concernés», souligne la CUC.

«Cette décision vise à harmoniser le service au niveau de l’ensemble du territoire casablancais», avait précisé le maire El Omari, qui reconnaît les multiples défaillances de ce secteur (cf. édition du 4 mai 2018).

C’est la SDL Casa-Prestation qui assure la relève pour cette période transitoire après le départ de Sita et Averda. Entre-temps, un nouveau cahier des charges a été élaboré (également adopté lors de la session du jeudi 3 mai).

Selon Abdelaziz El Omari, président du Conseil de la ville, ce document a la particularité de prendre en considération les besoins spécifiques à chaque arrondissement avec l’instauration de l’obligation de résultats et l’adoption d’un système de suivi GPS. Toutes les parties prenantes sont impliquées dans son élaboration (commune, arrondissements, préfecture, société civile…) afin de rectifier les points faibles de l’actuel cahier des charges.

La CUC veut aussi abandonner le système de paiement par tonnage, pour adopter celui par forfait. Le resserrement du contrôle et du suivi par GPS a en effet permis de relever plusieurs infractions. Pour fructifier leurs recettes, les délégataires ont tendance à augmenter le tonnage en intégrant les gravats et déchets inertes. Plus de 200 infractions sont relevées quotidiennement pour non-respect du cahier des charges (rien que pour Sita).

Le découpage du territoire de Casablanca sera également revu pour permettre l’intervention de plusieurs délégataires au lieu de 2 seulement. Autrement dit, les 4 lots, qui étaient jusqu’ici partagés par Sita (40%) et Averda (60%), seront répartis entre plusieurs opérateurs (probablement 4 selon nos sources). L’appel d’offres pour sélectionner les prochains délégataires sera lancé incessamment.

Pour rappel, le nettoiement engloutit chaque année plus de 700 millions de DH (2e poste budgétaire après la masse salariale) avec de piètres résultats sur le terrain.

Tarifs

Les prestations des délégataires sont payées en fonction du tonnage des ordures ramassées. Quant au tarif à la tonne, il varie selon la nature des déchets. Ainsi, une tonne d’ordures est rémunérée entre 165 et 280 DH et la même quantité de gravats à 111 DH. Les déchets verts sont les plus chers: 530 à 560 DH la tonne. Les délégataires sont aussi rémunérés pour leurs prestations de balayage mécanique et manuel (en fonction du kilométrage).

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc