Entreprises

Textile: Un plan de sauvetage pour Sicomek

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5277 Le 22/05/2018 | Partager
L’Intérieur, la commune et la région misent pour faire redemarrer l’entreprise
Pour l’heure, sur les 662 salariés, seule la moitié sera réembauchée
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Les dirigeants de Sicomek ont convenu avec le ministère de l’Intérieur d’un plan de sauvetage. Celui-ci sera financé en partenariat avec la Commune et le Conseil régional. Pour l’heure, autorités et employeur promettent de réintégrer la moitié des 662 salariés au redémarrage de l’usine (Ph. YSA)

Une première. Le Conseil communal de Meknès injectera de l’argent dans la trésorerie de Sicomek, une entreprise privée! C’est ce qui a été annoncé par Abdallah Bouano, maire PJD de la capitale ismaïlienne, lors d’une conférence de presse. Selon lui, cette décision émane d’un commun accord avec le ministère de l’Intérieur, le ministère de l’Emploi, le Conseil régional et les représentants de la société Sicomek.

En effet, les différentes parties ont approuvé un plan de sauvetage pour le redémarrage des activités de l’entreprise. Un plan qui coûterait 15 millions de DH, d’après le représentant de l’entreprise William Berrebi. «Ce dernier nous a expliqué que la société a enregistré des pertes (de près de 9 millions de DH) à cause du manque de rentabilité et d’un marché public non réglé», rapporte Bouano.

Pour qu’elle puisse redémarrer son activité, Sicomek aura besoin de plus de 15 millions de DH répartis comme suit: 6 millions pour la CNSS, 3 millions pour le lancement, près de 2,5 millions pour payer deux ans de loyers et 1,3 million de crédits bancaires.

En clair, c’est le montage financier du plan de sauvetage proposé par les responsables de l’entreprise. Lesquels voulaient redémarrer leur activité avec seulement le 1/3 des salariés (220). «Mais ce nombre a été revu à la hausse par le comité de négociation qui a exigé que l’entreprise commence avec au moins la moitié des salariés», souligne le maire de Meknès.

«Avec le Conseil de région Fès-Meknès, nous avons donné notre accord pour contribuer au financement de ladite entreprise», renchérit-il. Ainsi, la mairie devrait financer la reprise de Sicomek à hauteur de 1,5 millions de DH (soit 10% de la valeur du plan de sauvetage).

De son côté, la région devrait débourser le double de ce montant (3 millions de DH). En attendant, et au regard de l’importance de cette décision, le point relatif au financement du plan de sauvetage de l’entreprise a été introduit à l’ordre du jour de la dernière session communale. Les élus sont d’accord pour le principe. Car, il s’agit de l’avenir de quelque 662 salariés d’une unité de textile à l’arrêt depuis octobre 2017. Date à laquelle les dirigeants de la société avaient mis la clé sous la porte d’une manière soudaine et brutale.

Pour rappel, en mars 2018, et après plusieurs rencontres avec des hauts cadres de l’Intérieur, les ouvriers de Sicomek perçoivent enfin leur salaire du mois d’octobre. «C’était la première action dans l’accord avec l’administration territoriale», indique Bouano.

Par la suite, le redémarrage de la machine devrait se faire selon une approche pragmatique visant la préservation des intérêts de l’employeur et des salariés. A ce titre, le plan de sauvetage prévoit le redémarrage de l’unité avec la reprise de la moitié des salariés. Le reste sera embauché au fur et à mesure que l’activité reprenne.

Par ailleurs, lors de la session de mai, les élus de Meknès ont formulé une pétition au Conseil de gouvernement pour la création d’une zone franche dans la ville. «Cette plateforme encouragerait l’implantation de multinationales et la création d’emplois», arguent-ils. Les conseillers ont également demandé à changer le nom de l’aéroport Fès-Saïss pour lui attribuer le nom d’«aéroport Fès-Meknès».

Ceci, afin de lui donner un aspect régional. En outre, les élus ont acté une convention de partenariat avec l’Université Moulay Ismaïl de Meknès, pour le financement de recherches scientifiques appliquées. D’une enveloppe de 1,5 million de DH, cet accord permettra à de nombreux doctorants-chercheurs à l’université de bénéficier d’une bourse de recherche pour financer leurs études.

Enfin, les élus ont approuvé la création d’une faculté spécialisée dans la médecine dentaire ainsi qu’une nouvelle école nationale de commerce et de gestion (ENCG).

Carte de visite

Sicomek, cette vieille dame de l’industrie textile de Meknès, a vu le jour en 1975 sous la forme juridique d’une SA. Située dans le quartier industriel Aïn Slougui (connu aujourd’hui sous le nom d’Al Bassatine), l’entreprise change de main en 2016. La famille Tazi vend à Anass El Anssari (personne physique) et la société française Leo Minor (personne morale), représentée par William Berrebi.
Dans leur déclaration de création d’entreprise (Sicomek) datée du 9 mai 2016, les nouveaux associés optent pour la forme juridique Sarl. Sicome est reprise par Sicomek. Sa gérance est confiée à Anass El Anssari. Le 25 mai 2016, le contrat de cession de fonds de commerce est acté officiellement entre Karim Tazi et les nouveaux «cessionnaires», moyennant 2,5 millions de DH. Ce contrat, dont L’Economiste détient copie, fixe le loyer du fonds de commerce à un montant mensuel de 100.000 DH pour une durée non renouvelable de 5 ans. Mais voilà, 4 mois après l’arrivée des nouveaux actionnaires, les ouvriers commençaient à parler d’un complot alors que la vente est bien réelle. C’est à partir de là que tout a commencé jusqu’à la fermeture de l’usine en octobre dernier.

 

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