Société

Extrémisme: Nouveau programme pour immuniser les jeunes

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5261 Le 27/04/2018 | Partager
Un parcours éducatif pour les protéger de la radicalisation des détenus mineurs
Les ultras du foot également concernés par le projet de prévention de la violence
Des micro-projets pour favoriser la réinsertion

La multiplication des interpellations des jeunes impliqués dans des affaires d’extrémisme violent traduit l’ampleur des dysfonctionnements au sein de la société. Aujourd’hui, plusieurs initiatives sont lancées pour faire face à cette menace. C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet lancé par la Délégation générale de l’administration pénitentiaire, en partenariat avec Amnesty et l’association ProgettoMondo, rendu public hier à Rabat.

Financé par l’Union européenne, il «constitue une action pilote pour contribuer au développement d’une approche pédagogique des organisations de la société civile, visant un changement positif, qui rompt avec les conditions qui favorisent la radicalisation et l’extrémisme violent». L’objectif est de «renforcer la résilience face au discours de la haine», a expliqué Hassan Hamina, directeur du travail social et culturel à la Délégation générale de l’administration pénitentiaire.

Ce programme, qui s’étale sur 30 mois, cible deux catégories de personnes ayant montré un penchant vers le comportement violent. Les détenus mineurs liés à des affaires d’extrémisme, mais aussi certaines catégories de supporters des clubs de foot, impliqués dans des actes de violence et de vandalisme.

Les matchs de foot constituent de plus en plus une véritable source de préoccupation pour les populations résidant à proximité des stades, notamment à cause des comportements violents favorisés par l’effet de foule.

500 jeunes, entre 15 et 18 ans, devront prendre part à ce projet pilote, prévoyant notamment un parcours éducatif de prévention de l’extrémisme. Agents de l’administration pénitentiaire, acteurs associatifs, mourchidines ainsi que des leaders des ultras de supporters de foot, seront mis à contribution.

Ce projet sera mis en œuvre au niveau de trois régions, à savoir Rabat-Salé-Kenitra, Beni Mellal-Khénifra et Casablanca-Settat. Pour les promoteurs de ce programme, l’idée est d’expérimenter de nouvelles approches pédagogiques de promotion des droits humains auprès des jeunes à risque de déviance. Un système de mentorat sera également activé, en vue de prévenir les tendances à la radicalisation.

Plusieurs actions sont prévues dans ce cadre. C’est le cas notamment de l’élaboration d’un protocole d’intervention pour la prévention des comportements extrémistes. Les mourchidines et mourchidates, relevant du ministère des Habous, seront impliqués dans le cadre des cellules d’accompagnement psychosocial des détenus, qui seront mises en place. La nouvelle approche mise aussi sur des initiatives favorisant la réinsertion socioéconomique des jeunes détenus.

Un appel à projet sera lancé en faveur des ONG intervenant dans le domaine carcéral, notamment pour la mise en œuvre de microprojets de réinsertion socioéconomique des détenus mineurs, en phase finale de détention. Il s’agit d’activités de maraîchage, de petit élevage, de réparation… Un autre appel à projet similaire portera sur des activités d’ergothérapie et d’art-thérapie, à travers des ateliers de photographie, de peinture, de musique…

Les parties impliquées dans ce programme

  • 500 jeunes à risque de déviance entre 15 et 18 ans
  • 50 acteurs socioéducatifs
  • 90 agents de l’administration territoriale
  • 150 détenus mineurs en phase finale de détention
  • 15 mourchidates et mourchidines
  • 10 leaders des principales ultras des supporters des clubs de foot

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc