Société

Nadia Salah «Sacrée femme»

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5227 Le 12/03/2018 | Partager
La directrice des rédactions du groupe Eco-Médias reçoit le prix de l’UACC
Cette dernière rend hommage aux femmes de la profession
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Nadia Salah, directrice des rédactions Eco-Média, recevant le prix «Sacrée femme» en compagnie d’une partie des intervenantes et intervenants du Com’n Talk (Ph. Fadwa Al Nasser)

Comment définir une fille de la com’? «C’est une jeune femme qui porte des sacs Michael Kors, qui conduit une Fiat 500 et qui mange une salade à midi!». Si le cliché paraît consommé, l’intervenante qui a lancé cette boutade, lors de Com’n Talk, évènement organisé par l’Union des agences de conseil en communication (UACC), veut en découdre.

Car il faut ajouter, à cette description caricaturale, que cette jeune femme en question est souvent une maman, obligée de jongler entre sa famille, son travail, ses passions… Qu’elle a encore besoin de s’affirmer dans un milieu dominé par les hommes et qu’elle  est souvent obligée de faire des concessions en raison de toutes ses considérations. Elles étaient une dizaine de femmes à prendre la parole en ce jeudi 8 mars, pendant cette cérémonie, où l’UACC a voulu rendre hommage aux femmes de la profession.

Directrices de création, manager, chargées de clientèle, commerciales, médiatrices culturelles… Elles ont toutes en commun, ce que d’aucuns nommeraient de la niaque!  Cette incroyable combativité, cette énergie positive et contagieuse, cet humour décapant vis-à-vis de leur condition et, surtout, la conscience que c’est par la force (tranquille) qu’elles ont arraché le droit de s’affirmer. Certaines ont traversé le détroit de Gibraltar à la nage, d’autres offrent une tribune aux femmes silencieuses, d’autres encore militent pour une libre circulation de la culture en Afrique… chacune de ces femmes construit, à sa manière, le Maroc d’aujourd’hui et de demain! Mais l’assemblée n’était pas que féminine.

L’UACC a donné la parole à ses messieurs, lors d’un panel exclusivement masculin. Parmi les intervenants Salim Cheikh, directeur général de 2M, qui est revenu sur le «bad buzz» de l’émission féminine «Sabahyat 2M» qui  a conseillé aux femmes victimes de violence une séance de maquillage pour en camoufler les traces! Le DG de 2M a qualifié la bourde de «pire souvenir de sa carrière». 

Salim Cheikh a profité de l’occasion pour annoncer le lancement d’un prix «Tilila», qui récompenserait la campagne publicitaire la plus  «women friendly». Doté d’un montant de 1 million de DH, le prix récompensera la campagne qui mettra le plus en valeur la femme.

L’UACC a également présenté  les conclusions d’une  étude sur le travail en agence de communication et la place que la femme y occupe.  Les résultats sont assez mitigés. Car, si les femmes sont très présentes, avec quasiment la moitié des effectifs,  dans le secteur, selon l’étude, il n’en reste pas moins que 67% des  membres de la direction sont des hommes.

Cependant à travail égal, les femmes et les hommes ont un niveau de salaire identique (pour 82% des répondants) tout comme l’accès à la promotion est totalement indépendant du fait d’être un homme et une femme. La communication, un secteur  moins misogyne que les autres? Il faut le croire, en tout cas au Maroc. L’étude n’a pas manqué de faire un benchmark avec quelques pays européens où les conditions de la femme sont moins enviables qu’au Maroc. C’est ainsi qu’en Grande-Bretagne, elles sont 56% à occuper des postes juniors et seules 27% d’entre elles occupent des postes de manager tandis que les hommes gagnent 1,6% de plus que les femmes.

En France la situation n’est pas meilleure qu’à San Francisco puisque seulement 3% des directeurs de création y sont des femmes. La cérémonie s’est clôturée sur un vibrant hommage à «une grande dame de la communication et une  journaliste des plus prestigieuses du Maroc», comme l’a annoncé Maria Aït M’hamed, présidente de l’UACC. «Une femme qui, grâce à sa rigueur, a formé des générations de journalistes», précise-t-elle. Nadia Salah, directrice des rédactions du groupe Eco-Médias, a en effet reçu le prix  «Sacrée femme».

 

 

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