Régions

Les 3 ruptures de la mobilité à Casablanca

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5269 Le 10/05/2018 | Partager
Technologique, d’usage et institutionnelle
Les résultats d’une étude de la plateforme «Casa Smart Moov»
Une feuille de route et des recommandations pour la prochaine décennie

«Casa Smart Moov» vient de livrer les résultats de sa première étude dédiée aux enjeux de la mobilité à Casablanca. Quelque mois après son lancement, cette plateforme, initiée par le think tank Radius, a dévoilé son document intitulé: «Reflexion & discussion paper». «Ce travail est basé sur les résultats d’une consultation auprès des principaux acteurs de la mobilité à Casablanca», précise Hatim Benjelloun, directeur associé de Radius.

Le document a pour objectif de synthétiser la perception  des parties prenantes consultées. «La philosophie est de retranscrire une photographie, à un moment donné et dans un contexte déterminé, les avis, opinions et recommandations des parties prenantes», poursuit Benjelloun.

Menée auprès des principaux acteurs de la mobilité à Casablanca, l’étude a ciblé notamment 74 organismes. En tout, 32 heures d’entretiens ont été réalisées avec 43 décideurs, parmi lesquels dirigeants, cadres supérieurs, ingénieurs…

Il en ressort que le secteur de la mobilité doit faire face à 3 types de ruptures. La première est technologique, marquant le passage d’une mobilité traditionnelle à une mobilité connectée, sécurisée et organisée (via l’exploitation du big data). La seconde est une rupture d’usage, en passant d’une mobilité atomisée à une mobilité multimodale.

Quant à la troisième rupture, elle est institutionnelle, ayant trait au passage d’une mobilité en silos à une mobilité intégrée. Les enquêtés ont en outre  identifié 6 chantiers prioritaires, à savoir: transport, équipements/infrastructures, gouvernance, financement, numérique et communication. L’étude recense une quarantaine de propositions opérationnelles pour accompagner, sur les 10 prochaines années, l’essor de la mobilité urbaine.

Afin de restituer les résultats de cette étude, une journée de travail a été organisée mercredi 9 mai à Casablanca sous le thème: «La mobilité durable: un levier pour l’amélioration de la qualité de vie». Trois ateliers thématiques ont été consacrés au stationnement, à la mobilité durable et à la planification de la mobilité urbaine par demande.

Objectif: définir une feuille de route basée sur les recommandations des différents participants. Parmi lesquels plusieurs experts nationaux et internationaux, ainsi que l’ensemble des décideurs publics et privés concernés par la mobilité urbaine à Casablanca. Le développement de l’offre de stationnement, la gestion optimale de la demande de transport ou encore la nécessaire conciliation entre transport et durabilité étaient au menu de ces ateliers.

Les participants ont notamment plaidé pour la mise en place d’une stratégie intégrée et pérenne au niveau de la région Casablanca-Settat, à laquelle doivent contribuer tous les acteurs de la mobilité. Les intervenants ont également souligné la nécessité d’offrir «des solutions intelligentes et durables». Une réflexion commune pour répondre aux défis immédiats et futurs dans ce domaine s’impose, ont-ils estimé lors de cette rencontre.

Pour le président du Conseil de la région, Mustapha Bakkoury, il est «primordial» d’élaborer une «vision commune» dans le domaine des transports pour «rendre paisible le quotidien des citoyens» en mettant à leur disposition des moyens de transport public de qualité.

Pour sa part, Abdelaziz Omari, président du Conseil de la ville de Casablanca, a souligné l’importance de partager les avis concernant la mobilité de façon à parvenir à une vision intégrée, qui contribuera à lutter contre les problématiques liées au déplacement des personnes et au stationnement.

La gouvernance à revoir

La demande en déplacement a augmenté de manière symétrique au développement socio-économique de Casablanca. Cependant, cette dynamique n’a pas été accompagnée par la mise en place d’un cadre institutionnel et de gouvernance adapté. La mobilité est devenue un handicap et les déplacements de plus en plus difficiles. Les dysfonctionnements des transports publics en commun, accompagnés d’une croissance très lente des infrastructures (congestion des grands axes, désorganisation de la circulation, manque de parkings…), ont poussé le développement de systèmes de transport artisanaux, organisés de manière plus ou moins formelle.

 

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