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Economie

Post-COP22: Le Maroc maintient le cap

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5033 Le 29/05/2017 | Partager
Une stratégie nationale du développement durable bientôt adoptée
La CGEM se mobilise via un programme intégralement financé par le privé
Le gouvernement s’engage à assurer la mise en œuvre et le suivi de cette stratégie
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Miriem Bensalah-Chaqroun, présidente de la CGEM, ici en compagnie de Saâdeddine El Othmani, chef du gouvernement, a précisé que «les entreprises sont la véritable locomotive de la transformation de l’économie mondiale». La mobilisation des opérateurs privés, via la CGEM, se fera en évitant d’être dépendants financièrement de l’Etat (Ph. Bziouat)

Plus de 6 mois après la tenue de la COP22 à Marrakech, le Maroc maintient la mobilisation. A ce jour, 147 Etats ont ratifié l’Accord de Paris, dont 36 pays après la clôture du sommet de Marrakech. Une conférence nationale sur «l’Action climat post-COP22» a été organisée, vendredi dernier à Rabat.

L’objectif est notamment d’examiner les moyens de mise en œuvre de l’agenda défini lors de ce sommet. Concrètement, il s’agit de déterminer une feuille de route nationale intégrée, qui définit les rôles de chacune des parties prenantes, et les modalités de coopération entre elles.

L’implication du gouvernement, des opérateurs économiques ainsi que des ONG est décisive dans l’atteinte des objectifs fixés. Saâdeddine El Othmani a souligné «l’engagement de son équipe à mettre en œuvre les programmes prévus par la stratégie nationale de développement durable et assurer le suivi de ses différents projets».

Cette stratégie «sera adoptée dans les prochaines semaines», selon Nezha Louafi, secrétaire d’Etat en charge du Développement durable. Pour lui, cela s’inscrit dans la nouvelle orientation du Maroc, qui «s’est positionné au niveau international sur ce dossier qui détermine l’avenir des prochaines générations». L’objectif fixé par Rabat est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 42% à l’horizon 2030.

Dans cette configuration, le rôle du privé est déterminant. Surtout que «les entreprises sont la véritable locomotive de la transformation de l’économie mondiale», a précisé Miriem Bensalah-Chaqroun. Pour la présidente de la CGEM, cela se passe par «l’adaptation des systèmes productifs en vue d’atteindre l’objectif d’une économie décarbonisée». A cela s’ajoute la «création de nouvelles filières». Il s’agit notamment des nouvelles niches qui se sont greffées au souci de la protection de l’environnement, favorisant l’émergence d’une économie verte.

Pour relever ce défi, la CGEM a misé sur ses propres moyens. «Nous ne voulons pas être dépendants financièrement de l’Etat», a indiqué Bensalah. C’est dans cette logique que s’inscrit le programme porté par le patronat, articulé autour de projets et de solutions propres, comme l’a précisé sa présidente. Ce programme de 12 millions de DH est intégralement financé par le privé, a-t-elle dit.

Toutefois, «un partenariat fort avec les pouvoirs publics reste décisif», pour la présidente de la CGEM. Elle a expliqué que ce partenariat public-privé doit s’articuler autour de deux mots d’ordre: clarté et efficience. Le patronat a déjà balisé le terrain à ce partenariat, notamment via le lancement, en octobre 2016, de l’Initiative climat Maroc. «Le plan d’action 2017-2018 est déjà établi et les structures sont installées», a fait savoir Bensalah. Pour elle, «c’est à travers cette initiative que nous voulons mener les partenariats public-privé».

A l’international, la CGEM est impliquée dans le 1er Conseil des patronats du monde, dont des membres ont rejoint le réseau Marrakech business action for climate. Une autre initiative est prévue le 6 juillet prochain. Il s’agit de la tenue du Forum entreprises climat Maroc. Cette mobilisation tend à favoriser le renforcement des capacités des structures impliquées, au niveau national mais aussi international.

Cela s’inscrit dans la nouvelle feuille de route de la présidence de la COP22. Celle-ci «s’articule autour de plusieurs axes», comme l’a indiqué Nizar Baraka, président du CESE, qui a remplacé Salaheddine Mezouar, en déplacement à l’étranger. En tête, «l’adoption d’une approche favorisant l’intégration des projets d’adaptation aux changements climatiques dans les budgets des Etats». Il s’agit également de «la poursuite de la mobilisation des financements». Sur ce point, Baraka a rappelé la nécessité de mobiliser 100 millions de dollars, dont une partie proviendra de sources publiques.

Réseautage

Les femmes africaines passent plus de 80 milliards d’heures à la recherche d’eau et de bois de chauffage, a rappelé Nezha Louafi, secrétaire d’Etat en charge du Développement durable. Les pays africains constituent une priorité pour le Maroc en termes de renforcement des capacités, selon Driss El Yazami, président du Conseil national des droits de l’homme. Pour lui, cette coopération devra se décliner via le renforcement du réseautage, au niveau public mais aussi au niveau de la société civile. «Lors de la COP22, des dizaines de réseaux d’ONG ont été formés», a-t-il dit. Au niveau officiel, Louafi a plaidé pour le renforcement de la vocation africaine du Centre des compétences du changement climatique au Maroc. Selon elle, il s’agit d’un outil décisif en termes de renforcement des capacités et de transfert d’expertise.

 

 

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