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    L'Edito

    Souveraineté sanitaire

    Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5679 Le 20/01/2020 | Partager
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    Le circuit du médicament est en principe réglementé par les pouvoirs publics qui en contrôlent les modalités de production, de distribution, les stocks et les prix.  Cet encadrement n’empêche pourtant pas la logique industrielle et financière de prendre le dessus.

    Dans leurs stratégies, les labos pharmaceutiques ont toujours ressemblé pour ainsi dire à n’importe quel autre secteur par leurs politiques marketing agressives, par la recherche des économies d’échelle et à délocaliser sur les sites de production à bas coûts. Ce phénomène s’est accéléré ces dernières années dans un exercice de concentration internationale qui bouleverse d’année en année la physionomie du secteur.

    Ces arbitrages ne sont pas sans conséquence pour les malades, avec ici et là des problèmes de disponibilité des produits, comme en témoignent la vive émotion suscitée depuis plusieurs mois par l’affaire du Levotyhrox, mais aussi par des ruptures, peut-être moins médiatisées, mais fréquemment constatées en officine. Les grands groupes internationaux privilégient les enjeux de rentabilité aux impératifs de santé publique.

    Dans une industrie pharmaceutique de plus en plus mondialisée, la réallocation des stocks se fait d’abord vers les marchés les plus rémunérateurs. En particulier lorsque les effets de non-rentabilité s’alimentent aussi, aux yeux des producteurs, des politiques baissières des prix imposés, comme au Maroc. 

    La logique économique n’est pourtant pas défendable ici si ces pressions sur l’approvisionnement réduisent les chances de guérison des malades ou pire sont responsables de décès. Au nom de l’intérêt de l’actionnaire et de sa rémunération, tout n’est pas permis. 

    C’est sans doute l’argument le plus lourd à brandir par le gouvernement El Othmani interpellé urgemment sur ce dossier. Encore faut-il se faire entendre sur des crises révélatrices  à la fois de l’incapacité à déployer, si ce n’est sur l’antibiothérapie et ses génériques, une industrie compétitive,  et d’un cuisant revers sur la souveraineté sanitaire.

     

     

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