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L'Edito

Responsabilités

Par Nadia SALAH| Edition N°:4910 Le 02/12/2016 | Partager
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Au moment de l’Indépendance, moins de 10% des enfants qui auraient dû aller à l’école, y allaient effectivement.  On n’y pouvait pas grand-chose. Quoique…Mais quinze ans plus tard, la responsabilité est totale.
Dans les années 1970, nul ne s’inquiéta quand trois écoliers sur quatre ne finissaient pas le primaire et ce alors qu’à peine 50% des enfants y étaient inscrits! Dit autrement, moins de quatre sur dix finissaient leur cycle primaire. Ipso facto, une bonne décennie plus tard, à peine quatre jeunes adultes sur dix avaient le niveau de la fin de l’école primaire.
Et pour dire les choses telles  qu’elles étaient: quand le monde entier se lança dans la «révolution du savoir et de l’information», une part infime des Marocains était capable de lire les articles qui en parlaient.
Cette situation aurait mérité pour le moins qu’on lança une sorte «d’état d’urgence de l’enseignement». On fit des colloques.  Et on politisa l’affaire autant qu’on le put. C’est-à-dire beaucoup.
Les politiciens, spécialement des Istiqlaliens, ont arabisé n’importe comment et ont supprimé tout ce qui pouvait mettre les futurs adultes sur la piste du savoir-apprendre et du savoir-réfléchir. L’Egypte devait se débarrasser de profs extrémistes venus d’Arabie saoudite? Rabat les engagea. Un quart de siècle plus tard, on n’en finit pas de faire le ménage dans les manuels.
Comme si ce n’était pas suffisant, pendant les quinze dernières années, sous les mandats de Jettou, El Fassi et Benkirane, nous avons été incapables de relier le nombre d’enseignants à recruter avec le nombre d’enfants à scolariser. Aujourd’hui, on embauche n’importe comment, dans l’urgence.
Le Maroc est avant-dernier pour l’acquisition des maths: on l’avait compris, mais en rendant public ce honteux classement, on espère un sursaut.

 

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