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Par L'Economiste| Edition N°:1160 Le 07/12/2001 | Partager

Depuis quelques jours, les patients perplexes s'enquièrent de la santé de leur apothicaire. Tous diagnostiquent une affection maligne, voire fatale. La profession de pharmacien serait menacée. L'origine de cette épidémie: les diplômés de l'Est. Les pharmaciens déjà installés reprochent à leurs confrères diplômés des pays de l'ex-URSS la qualité de leur formation. Cette mobilisation aurait officiellement pour motif des impératifs de santé publique, le médicament étant un produit dangereux par définition. Ce n'est peut-être là qu'une partie de l'explication. Dans le privé, ils sont en tout un peu plus de 5.200 pharmaciens à se partager une maigre galette: 200 DH de médicaments consommés par an par tête d'habitant. En attendant une AMO qui n'existe que par le nom, il faut bien trouver des solutions d'appoint. La question des diplômés de l'Est c'est aussi un thème qui fédère (ou qui divise). En particulier à la veille des échéances électorales des conseils de l'Ordre. La formation du pharmacien, sa position qui le rend plus abordable que le médecin en font traditionnellement le substitut de ce dernier pour les cas bénins. C'est celui que l'on vient consulter pour un mal de gorge ou pour une petite brûlure. Tout cela contribue à une image populaire du pharmacien, à la fois notable, homme de science et proche du public. Mais il faut bien reconnaître que la réalité est beaucoup moins flatteuse. Et l'origine du diplôme n'y est pour rien à ce niveau. Dans bien des cas, la profession se rapproche sensiblement, comme certains ont pu le dire crûment, du métier d'épicier. Des pharmaciens ont été impliqués dans des affaires de vente au noir. D'autres dans du trafic de psychotropes, notamment. Faut-il alors se ranger du côté de ceux qui voient dans les pharmaciens les représentants les plus vénaux des professions de santé? En tout cas, à l'Est comme à l'Ouest, les problèmes semblent être les mêmes.Mohamed BENABID

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