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Par Nadia SALAH| Edition N°:5682 Le 23/01/2020 | Partager
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La photo donne-t-elle de vraies informations ou bien n’est-elle que pur hasard? La ministre turque chargée de renégocier l’accord de libre-échange avec le Maroc est toute en raideur, quand notre ministre paraît si fatigué.

En réalité, et c’est une évidence, le bon fonctionnement d’un accord de libre-échange ne dépend que de deux choses, le rapport qualité/prix d’abord et le dynamisme et l’imagination des commerçants ensuite. Le reste n’est que billevesées.

Et ne voilà-t-il pas que notre premier partenaire, l’Union européenne, ouvre ses marchés au Vietnam. Le texte a été signé il y a moins de six mois. Il entre en vigueur ces jours-ci.

Le Vietnam, c’est loin… mais c’est puissant. Plus fort que la force de frappe turque en matière commerciale.

D’abord c’est une population presque trois fois plus importante que celle du Maroc, mais avec un PIB par tête et par parité de pouvoir d’achat (PPA), un bon tiers en moins que ceux du Royaume.

Ces deux indicateurs veulent automatiquement dire que sa population est très compétitive, nettement plus que celle du Maroc.

Une autre donnée attire l’attention: depuis 2012, les excédents de sa balance commerciale varient entre 2 et 8 milliards de dollars, essentiellement réalisés avec des marchandises manufacturées. Ce qui veut dire que les Vietnamiens s’y entendent parfaitement pour le rapport qualité/prix. 

Le Maroc, lui, est en déficit commercial permanent, qu’il rattrape avec le tourisme et les transferts d’argent.

Un nouveau pays, le Vietnam, arrive donc dans le monde du libre-échange installé autour de l’Union européenne. Un monde où pendant des années, le Maroc, la Tunisie, la Turquie… ont eu des accès privilégiés. Où les deux dernières ont bien tiré leur épingle du jeu. L’une comme l’autre ont même su imaginer des canaux commerciaux efficaces et fidèles.

Turquie plus Vietnam, voilà deux avertissements coûteux, exigeant que Rabat revienne enfin dans la course manufacturière.

 

 

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