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L'Edito

L'éditorial

Par L'Economiste| Edition N°:49 Le 15/10/1992 | Partager

LA campagne électorale qui s'achève a été significative à plus d'un titre.

La première constatation est que les partis politiques ne présentaient pas de thèmes fédérateurs quant à la gestion des Municipalités ou des Communes Rurales. Aucun parti n'a défini de politique globale des transports en commun ou d'urbanisme. Peu ou pas de philosophies globales ont été proposées quant aux nouvelles responsabilités que devront assurer les Assemblées locales, qu'il s'agisse du financement des écoles primaires et des centres de santé ou de l'assainissement, de lutte contre la pollution,...

Les partis politiques ont opté pour une campagne de proximité et de voisinage. Les candidats ont fait le porte à porte et ont surtout cherché à valoriser leur connaissance du village ou du quartier et de leurs habitants.

La campagne fut donc, sur le terrain, peu politisée, ce qui ne peut que favoriser les candidats sans étiquette.

On peut cependant regretter que certains grands thèmes de la vie quotidienne soient restés peu explorés, tels, par exemple à Casablanca, les transports en commun, le partage des frais d'assainissement et la lutte contre .la pollution.

La seconde constatation, qui peut fournir des indications sur la future campagne législative, est relative au ton adopté par les uns et les autres.

Tous les partis ont choisi le ton calme et serein. Les incidents, qui sont hautement condamnables, sont heureusement rares. Lorsqu'ils se produisirent, la réaction a été immédiate pour calmer les esprits.

Manifestement, la classe politique marocaine considère que la réussite du processus démocratique est un objectif primant sur les considérations partisanes.

Le processus démocratique en cours doit réussir pour des raisons de politique interne mais aussi parce qu'il est ressenti comme un "examen de passage" pour entrer dans le monde des Nations modernes.

La classe politique mesure que la démagogie et l'esprit partisan étroit risqueraient de mettre le pays à la merci d'une dérive totalitaire. C'est rassurant.

Abdelmounaïm DILAMI

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