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L'Edito

Hégémonie

Par Abdelmounaïm DILAMI| Edition N°:4909 Le 01/12/2016 | Partager
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Le grands changements en profondeur se produisent dans la société marocaine. Indépendamment de la formation du gouvernement, gouvernement qui finira de toute façon par se construire, un phénomène culturel et politique majeur est en cours.
Le discours du PJD devient peu à peu dominant, voire hégémonique, puisque, souvent, l’analyse rationnelle ne le remet pas en question.
Son discours est adopté non seulement par ses militants et ses électeurs, soit 1,6 million d’adultes, mais également par une partie large de l’opinion publique, y compris les élites, une part qui objectivement aurait à souffrir d’une domination islamiste. C’est exactement l’hégémonie au sens du philosophe italien Gramsci.
Ceci est une véritable prise de pouvoir et pour longtemps.
Le PJD a gagné les élections en 2011 sur un simple slogan: «la réforme», al islah, sans préciser ni le contenu ni l’objectif. Il n’en avait nul besoin. Son crédit moral était déjà assez fort pour se permettre cette impasse.
Sans bilan, sans programme et sur un simple slogan, il a gagné aussi les élections de 2016: «lutter contre tahakoum». Là encore, inutile de préciser quoi que ce soit. Et pas besoin de programme. C’est ainsi que la vie politique est en train de changer radicalement.
Face à ceci, les autres acteurs semblent désarçonnés: ils ne savent plus comment construire une légitimité. En réalité le peuvent-ils encore? Peut-être pas!
Contre une idéologie totalitaire montante, tout discours libéral, humaniste ou rationnel est balayé.
Cette montée totalitaire a déjà été vécue en Europe, pendant la première moitié du XXe siècle et, tout près de nous, par la Turquie contemporaine. Ces mouvements finissent par mourir de leurs propres turpitudes mais après bien des dégâts et, plus dramatique,  beaucoup de violence contre les citoyens.

 

 

 

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