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L'Edito

Déficit

Par L'Economiste| Edition N°:3138 Le 28/10/2009 | Partager

L’année prochaine, sur le papier, nous serons au-delà de 4% de déficit du Trésor par rapport au Produit intérieur brut. En pratique, on ne sait pas exactement à combien ce ratio pourra terminer l’année: tout est trop versatile. Ces incertitudes sont le lot de tous les pays.De plus, en ces temps de crise et de post-crise, nul ne songerait à reprocher à un gouvernement quelconque sur Terre d’outrepasser le ratio de 3% de déficit du Trésor par rapport au PIB.Il faut ce qu’il faut pour lutter contre les effets de la crise, soutenir le pouvoir d’achat, maintenir autant qu’on le peut et de toutes ses forces les emplois…Voilà qui est bel et bon… sauf qu’il y a un léger problème structurel dans le cas spécifique du Maroc. Juste un problème de rien du tout: chaque fois que l’on met un dirham de pouvoir d’achat supplémentaire, on favorise plus les importations que la production locale.Autrement dit, la politique publique d’amortissement de crise amortit davantage la crise… de nos voisins que la nôtre. C’est particulier au Maroc parce qu’il est très mal intégré dans le système productif mondial. Le Royaume est un consommateur net, pas du tout un fournisseur net. Il n’est pas un joueur avec des relations équilibrées depuis que les recettes du tourisme et les transferts (et, en catimini, la drogue) sont insuffisants pour financer le trou de la balance commerciale. Or, si on attendait, dans le projet de loi de Finances pour 2010, quelques mesures pour soutenir et relancer les exportations, il faudra déchanter. On n’en trouve nulle trace. Tout le bruit produit au printemps dernier par le ministère du Commerce extérieur n’a pas de répercussion dans le Budget, ou bien si peu, trop peu.Bien sûr, fera-t-on remarquer, ce n’est pas en une année qu’un pays consommateur net peut devenir un exportateur net. C’est plus difficile, plus long et plus compliqué… Raison de plus pour commencer au plus vite.Nadia SALAH

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