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    Par L'Economiste| Edition N°:900 Le 22/11/2000 | Partager

    Le Maroc est un pays sec et le réchauffement de la planète n’a pas l’air d’arranger les choses: quelles qu’en soient les raisons, le Maroc a depuis une vingtaine d’années un constant déficit de pluies.On sait aussi que l’eau sera de plus en plus un motif de rivalités, voire de conflits armés entre les communautés humaines. Cela est souligné à la session actuelle de l’Académie du Royaume.L’eau est une affaire sérieuse. Malheureusement, ce n’est pas une affaire qui se traite à court terme: entre le moment où un gouvernement décide de construire un barrage et celui où villes et campagnes boiront cette eau, il faut une bonne dizaine d’années. Ce qui veut dire qu’il faut définir au moins dix ans à l’avance les besoins d’une région. Or, les gouvernements n’aiment pas les programmations qui se font sur cette échelle de temps: celui qui fait l’effort, qui sacrifie par exemple une augmentation de salaire pour faire des barrages, n’est jamais celui qui sera récompensé!Von Hayek, l’ultralibéral qui voulait privatiser la police, se méfiait du libéralisme dans les programmations lourdes sur le très long terme. Il proposait de créer un conseil des sages, élus à vie. Dans son idée, ce conseil s’occuperait du très long terme que la politique au jour le jour a beaucoup de mal à prendre en compte. S’il n’y avait pas eu dans les années 60 la vision de la politique de l’eau de Feu SM Hassan II, il aurait fallu évacuer une partie des habitants de Rabat et Casablanca au cours des années 80! Or, en découvrant les bienfaits de la démocratie et du libéralisme, le Maroc a jeté le bébé avec l’eau du bain. Il a négligé ses repères sur le très long terme. Et pour ce qui concerne l’eau, cela risque de coûter très cher: les petites pénuries de Meknès, Taza... ne sont que des avertissements sans frais.Nadia SALAH

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