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Salamanca veut développer sa présence au Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:49 Le 15/10/1992 | Partager

Le groupe de bureaux d'études espagnol, L.V. Salamanca Ingenieros, qui a piloté la construction des Makro, a d'autres projets au Maroc. Ce sera, si ces projets se concrétisent, l'arrivée du numéro 3 des bureaux d'études ibériques au Maroc.


LA filiale marocaine de Salamanca, L.V. Bureau d'Etudes et d'Architecture s'est installée il y a un peu plus de deux ans. Cette installation avait mis en émoi la communauté des architectes exerçant au Maroc.
En fait, Salamanca suivait son client Makro: Salamanca appuie une grande partie de son développement hors de la péninsule en accompagnant ce grossiste, dont le bureau espagnol est devenu le prestataire attitré en matière de conception et de suivi de chantier.

Pas seulement l'accompagnateur de Makro

L.V. Bureau d'Etudes et d'Architecture a réalisé un chiffre d'affaires de 10 millions de DH au Maroc, a notamment réalisé les trois Makro en activité et en étudie deux autres, celui programmé à Fès et un cinquième, dont la localisation n'est pas encore fixée.
L.V. Bureau d'Etudes et d'Architecture travaille aussi sur de très gros projets comme Al Fraja, un programme d'investissement touristico-immobilier d'environ 700 millions de DH, sur la côte méditerranéenne. M. Juan José Lacarra, Directeur Général du bureau de Casablanca, annonce d'autres travaux tels que les aménagements de la plage de Saïdia dont le programme total représente un montant de 1,32 milliard de DH et des réponses à des appels d'offres comme les abattoirs de Casablanca.
Le groupe de bureau d'études, contrôlé personnellement par le fondateur, M. Lorenzo V. Salamanca Cazorla, affiche une valeur ajoutée équivalente à 1,2 milliard de DH: "Nous ne comptons plus en chiffre d'affaires car cela n'a aucun sens pour nous".
Les premiers travaux du Bureau ne datent que de 22 ans, et ont commencé par des études sur l'économie d'énergie, pour Général Food puis Coca Cola à Madrid, "un peu par hasard", raconte M. Salamanca qui, immobilisé par un accident, s'était mis à étudier la consommation d'énergie de son employeur du moment. "Un de mes professeurs venu me voir à l'hôpital m'a proposé de vendre pour moi ce travail, c'est ainsi que le Bureau a démarré, avant d'exister".
La progression s'est faite par capillarité: un besoin exprimé par un client oblige le L.V. Salamanca Ingenieros à venir sur un terrain nouveau, soit géographiquement soit du point de vue des compétences.

Croissance par capillarité

Aujourd'hui le groupe emploie 200 cadres supérieurs et 200 cadres moyens. La croissance par capillarité est allée jusqu'à la création d'une société spécialisée dans les ressources humaines, qui recrute pour le groupe mais aussi fournit les mêmes prestations pour les clients extérieurs. Historiquement, les économies d'énergie ont entraîné le Bureau vers l'ingénierie électrique, puis l'ingénierie thermique, puis le génie civil, industriel... l'architecture est arrivée dans le groupe, il y a une dizaine d'années.
Outre le pôle central, L.V. Salamanca Ingenieros S.A., le groupe compte quinze sociétés d'études ou de services. Outre le Maroc, le groupe est implanté en Grèce et au Portugal. Il a développé des sociétés autonomes pour la maintenance, l'électricité...
Le principe de M. Salamanca est de rechercher des partenaires locaux, y compris dans les régions espagnoles, auxquels il propose une association à 40% maximum.
Pour le Bureau de Casablanca, Salamanca contrôle encore l'intégralité du capital, mais M. Salamanca dit rechercher "des partenaires de premier plan".
Cette recherche, dont il ne veut donner aucun détail, se justifie si le groupe réalise les développements qu'il envisage au Maroc.
A côté des projets en chantier, le groupe pense pouvoir offrir des prestations plus variées.

Une technopôle à Fès?

En effet, disposant d'expériences en matière de conception de technopôles, il souhaite les proposer et spécialement dans la province de Fès. M. Salamanca n'explique pas vraiment l'intérêt qu'il porte à la ville: "Les gens qui s'occupent maintenant d'admi-nistration à Fès sont des gens dévoués et capables, ils ont de grandes chances de réussir ce qu'ils sont en train de faire pour remettre la ville sur les rails, ce sont de bonnes opportunités que d'accompagner le mouvement".
Le groupe Salamanca se fait fort d'amener des investisseurs ou du savoir-faire espagnol: "Salamanca a un réseau de clients très fidèles sur lequel il peut s'appuyer... et les banques nous font confiance", dit M. Salamanca.

M. Salamanca:
L'apprenti mécanicien
qui rêvait d'avoir deux beaux chiens

M.Lorenzo V. Salamanca Cazorla, qui a donné son nom au groupe de bureaux d'études (numéro 3 en Espagne, derrière les bureaux à capitaux publics) a aujourd'hui 52 ans et son groupe pèse plus de 25 milliards de Pesetes.
Il a commencé à travailler à 12 ans, comme apprenti mécanicien. "Je voyais, raconte-t-il, les gens aisés, qui étaient beaux, qui avaient des femmes belles et même leurs chiens étaient beaux; je me suis dit que cela ne pouvait plus durer et que je voulais aussi être beau, avoir une femme belle et deux chiens beaux".
Alors, il a repris ses études tout en travaillant, pour obtenir un diplôme d'ingénieur. Il se souvient s'être fait renvoyer plusieurs fois parce que le cumul des heures d'études et de travail faisait qu'il s'endormait à son poste. "Durant ces sept années d'études-travail, j'ai changé dix sept fois d'employeur et je dormais 3 heures par jour, mais j'ai aussi eu de la chance"...
Une fois son diplôme obtenu, il réalise ses premiers travaux en 1969 et c'est "grâce à cet argent qu'avec ma femme et mon beau-frère j'ai acheté les tables et chaises du bureau".
M. Salamanca est un personnage au sens propre du terme: il a du mal à retrouver le nom des quinze sociétés qui composent le groupe, mais il sait si des études particulièrement pointues sont en cours chez elles et il décrit les défis techniques qu'elles doivent relever.

L'arrivée de Salamanca au Maroc, avec le mot architecture dans la raison sociale, avait remué le monde marocain de l'architecture. Celui-ci considérait que l'exercice de la profession d'architecte ne devait pas être fait par un cabinet multidisciplinaire.
"Nous avons toujours travaillé en intégration et uniquement ainsi", dit avec force M. Salamanca, lors de l'entretien accordé à L'Economiste.
Il explique que "les métiers mis en oeuvre au cours de la construction sont multiples" et que "l'on ne peut pas demander à un architecte de réaliser aussi le métré, la conception des réseaux électriques, les emplacements des machines, de coordonner le chantier, d'effectuer les contrôles de qualité...". Pour lui, lorsqu'on isole ces tâches les unes des autres "on finit par abîmer le projet".
Ce qui lui a plu dans la province de Fès, "ce sont les hommes qui ont pris en charge le développement de cette ville et de cette région". Il dit du gouverneur et de ses collaborateurs comme de l'Agence Urbaine qu'ils "savent utiliser précisément la montre et le calendrier". Il ajoute, narquois, que "ce n'est pas de la flatterie, car depuis qu'on m'a offert 25 milliards pour mes bureaux je n'ai plus besoin d'encenser qui que se soit".

Montre et calendrier sont des instruments de premier ordre pour le groupe: il a à son actif des réalisations record dont la conduite des chantiers Makro au Maroc ne donne qu'une petite idée.
Il estime que le moment est venu de s'implanter au Maroc, en utilisant ces instruments.
Le groupe Salamanca est devenu le numéro Un mondial de l'installation des surfaces de vente et s'est fait une réputation sur la conception et coordination de chantier en des temps records: un auditorium de 800 places livré clef en main en trois mois.
Bien que le groupe soit contrôlé au niveau de la société mère à 90% par M. Salamanca et les autres sociétés à 60% par la maison mère, le caractère familial est peu accentué: "ma philosophie est de créer des sociétés autonomes, avec des associations locales qui permettent d'avoir la connaissance du milieu, les relations politiques et sociale...". Au Maroc, précise-t-il, "nous apportons des capitaux, du savoir-faire, il nous manque les relations avec le l'environnement, nous cherchons".

Nadia SALAH.

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