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International

Que nous réserve l’après-crise?
Par Leszek Balcerowicz

Par L'Economiste | Edition N°:3261 Le 23/04/2010 | Partager

La crise financière actuelle perturbe gravement la croissance économique. Aussi nous devrions nous poser la question des conséquences à long terme de ce genre de crise sur le développement, une question qui, étrangement, ne suscite guère d’intérêt. Les théories économiques classiques de la croissance s’intéressent surtout aux forces systémiques (par exemple l’accumulation du capital, l’emploi et l’évolution technique) qui par définition sont constamment à l’oeuvre, certes avec des degrés d’intensité variables. Certaines théories prennent aussi en considération les facteurs institutionnels sous-jacents tels que le droit de propriété, la concurrence pour les marchés, le poids de la fiscalité et de la réglementation et le respect de la loi.

Verser trop d’eau pour éteindre un incendie
Une autre approche traite de la gestion de crise, mais sans prendre en considération son impact sur la croissance à long terme. Dans le cas d’une crise financière, les gouvernements réagissent généralement par un relâchement de leur politique budgétaire et monétaire et par le sauvetage des grandes institutions financières. Or cette politique est à court terme et ainsi que cette dernière crise l’a amplement démontré, elle est basée sur une doctrine d’intervention auto-justificative.Selon cette doctrine, de la même manière que l’on n’a pas à s’inquiéter de verser trop d’eau pour éteindre un incendie, toute mesure de gestion de crise est justifiée du fait que les alternatives sont pires et entraîneraient des catastrophes et/ou une désintégration des marchés financiers.Mais la métaphore de l’incendie ne prend pas en compte des questions élémentaires: comment faire pour que les mesures prises pour lutter contre la crise n’affaiblissent pas les forces qui œuvrent au redressement des marchés et comment évaluer leurs conséquences à long terme? Cette dernière question n’est apparue que récemment lors des débats sur la stratégie de sortie de crise dans le cadre d’une dette publique et une masse monétaire en forte croissance.Intégrer ces différentes analyses dans une approche cohérente de la croissance constitue un énorme défi tant pour les responsables politiques que pour les universitaires. Mais un certain nombre de remarques me paraissent particulièrement bien adaptées à la situation actuelle.- Du fait que les crises financières telles que celle d’aujourd’hui sont extrêmement coûteuses au niveau social, il est naturel de chercher à les éviter. Mais de même que dans le cas d’une maladie, cela suppose au préalable de porter un diagnostic exact sur les causes du problème.La cause immédiate de toutes les crises financières réside dans une augmentation excessive du crédit - une bulle du crédit qui éclate. Mais les raisons profondes ne sont pas les mêmes d’une crise à l’autre. Dans le cas présent - ainsi que le soulignait un rapport de l’année dernière préparé par un groupe sous la direction de Jacques de Larosière, un ancien directeur général du FMI - elles tiennent essentiellement à un échec retentissant des politiques monétaires et financières.Ainsi, à l’image de la Réserve fédérale, beaucoup de banques centrales ont adopté une politique monétaire excessivement relâchée. Il y a eu d’autres facteurs, notamment une mauvaise réglementation financière, une politique budgétaire expansionniste dans des pays comme les USA, la Grande-Bretagne et l’Irlande, une réglementation macroprudentielle mal adaptée, etc. Aussi, les mesures préventives doivent-elles prendre en compte ces erreurs plutôt que de sombrer dans une hostilité envers les fonds spéculatifs et les autres outils de capital-investissement.
Amortir les dommages sociaux
- Deuxième remarque: un boom économique peut facilement se transformer en une bulle dont l’éclatement affecte la croissance. Les causes peuvent être multiples: l’augmentation du chômage, la réduction du fardeau de la dette qui conduit à un excès de dépense en raison d’un crédit plus facile, la restructuration de secteurs qui se sont développés en raison d’une consommation excessive ou la diminution des prêts de la part d’institutions financières à la limite de leurs possibilités.Aucune politique ne peut mettre un coup d’arrêt à toutes ces interdépendances sans menacer la croissance à long terme. Prolonger le gonflement budgétaire n’est certainement pas la bonne réponse, car cela finirait par porter atteinte à la fois aux dépenses privées et aux investissements des entreprises. Certaines réformes peuvent cependant favoriser un ajustement économique et de ce fait amortir les dommages sociaux en luttant contre la hausse du chômage à long terme. Il s’agit de réformes qui donneraient davantage de flexibilité au marché du travail tout en facilitant le redressement des bilans des banques. La vitesse du redémarrage économique dépendra en grande partie de la mise en oeuvre de ces mesures.- Troisième remarque destinée à ceux qui croient encore qu’il peut y avoir quelque chose de gratuit: il faut analyser soigneusement les conséquences de la lutte contre le réchauffement climatique sur l’emploi et la croissance. Multiplier les fardeaux qui pèsent sur une économie n’est pas la meilleure politique à appliquer au lendemain d’une crise majeure. - Quatrième remarque: il ne faut pas sous-estimer l’importance de la discipline budgétaire sur la croissance à long terme. Il est très facile de trouver des exemples de pays qui ont beaucoup souffert d’une augmentation incessante du budget de l’Etat. Par contre, je ne vois pas un seul exemple d’économie dont les perspectives de croissance à long terme aient été assombries par une politique budgétaire trop stricte.Etant donné les conséquences budgétaires de la crise actuelle, il ne faut épargner aucun effort pour enraciner fermement la discipline budgétaire au sein des pays membres de l’UE. Des mesures institutionnelles telles que l’établissement d’un cadre budgétaire ou d’un seuil maximum pour la dette publique peuvent y contribuer beaucoup. En fin de compte c’est l’opinion publique qui détermine la politique budgétaire d’un pays ; c’est pourquoi si elle est conservatrice en matière budgétaire, c’est une bonne chose sur le plan économique, car cela permet de limiter la prodigalité des dirigeants politiques.Cette fois-ci également l’après-crise dépend surtout de l’opinion publique et des causes qu’elle attribue à la crise. Si elle en tire les bonnes leçons et estime qu’elle est due à des erreurs politiques ou une absence de réformes, cela pourrait conduire à une politique favorable à la croissance.

Leçons politiques

On croit souvent que les crises, aussi déplaisantes soient-elles, favorisent les réformes destinées à soutenir la croissance. Or ce n’est pas toujours le cas, car les conséquences politiques d’une crise dépendent largement des causes que lui attribue l’opinion publique. Si elle estime que la crise d’aujourd’hui est la conséquence des précédentes réformes des marchés, les leçons politiques que l’on en tirera risquent d’aller dans la mauvaise direction. Ce fut le cas en Russie en 1998 et en Argentine en 2000: dans ces deux pays l’opinion publique a cru que c’étaient les réformes précédentes qui étaient à l’origine de la crise, alors qu’elle était due à une politique budgétaire irresponsable et à une insuffisance de réformes. Copyright: Project Syndicate, 2010www.project-syndicate.orgTraduit de l’anglais par Patrice Horovitz

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