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Société

Maroc Telecom victime de «voleurs» d’appels téléphoniques

Par L'Economiste | Edition N°:2984 Le 18/03/2009 | Partager

. Des stations pirates montées par 8 sociétés fictives. Un manque à gagner estimé à plus de 30 millions de DH JOLI coup de filet à Casablanca! Un trafic d’appels téléphoniques vient d’être mis à jour à Casablanca. Huit sociétés sont poursuivies pour «escroquerie, faux et usage de faux, détournement d’appels internationaux et piquages anormaux sur des câbles coupés». Celles-ci ont été entendues lors d’une audience, lundi 16 mars. Les 8 entreprises sont accusées d’avoir monté des «stations pirates, détourné et transféré clandestinement des appels internationaux». D’autant plus qu’elles n’ont jamais été inscrites au Registre central du commerce mais ont toutes souscrit, en juin dernier, 37 abonnements fixes et 3 abonnements Internet. Des lignes qui ont subi des modifications non réglementaires (transfert local de lignes notamment). Ce qui a permis de détourner des appels entrant de l’international en faveur des sociétés en question, au lieu de Maroc Telecom, principale victime de ce trafic. Un trafic ingénieux qui se passe sous le nez du particulier. Mais, une chose est sûre, ce dernier n’est pas lésé financièrement. La formule est juteuse. Car, les fraudeurs ne versent à Maroc Telecom que le coût d’une communication nationale et récupèrent en devises les tarifs internationaux d’interconnexion. Le manque à gagner pour l’opérateur historique s’élève à plus de 30 millions de DH. Selon les premiers éléments de l’enquête menée par la Direction du contrôle général de Maroc Telecom et de la police judiciaire, «les fraudeurs ont mis en place une plate-forme qui permet la récupération d’appels internationaux (arrivées) via la voie IP pour les transformer ensuite par des équipements Guet Way en un protocole téléphonique». Une fois la station pirate opérationnelle, les fraudeurs ont pu écouler des appels générés à partir d’abonnements fixes. Ce qui explique que le destinataire de l’appel reçoit sur son terminal (poste fixe ou mobile) le numéro de l’une des 8 sociétés incriminées et non celui de l’appelant réel basé à l’étranger. L’idée du trafic serait l’œuvre d’un ressortissant libyen qui a aussi financé ce réseau de bandits high-tech. Le Libyen se chargeait également du recouvrement des tarifs d’interconnexion. A l’heure où nous mettions sous presse, un avis de recherche international a été envoyé à Interpol car ce dernier a quitté le Maroc. Selon les conclusions d’un rapport de la direction du contrôle général d’IAM, dont L’Economiste détient copie, «le réseau démantelé s’est érigé en opérateur télécoms disposant d’une licence de trafic international». Selon le rapport, la plate-forme technique de ce réseau frauduleux correspond à ce qui est dénommé dans le jargon télécoms «Swatch international d’un opérateur qui est connecté au réseau téléphonique d’IAM via des RTC».


Complicités…

APRÈS enquête, des complices ont été trouvés au sein d’agences et du personnel d’IAM. Parmi eux, un technicien spécialisé dans la connexion téléphonique, un agent commercial, un agent relevant du centre d’appels IAM basé à El Oulfa et un comptable. Le concierge d’une résidence au Quartier Racine servant de QG des sociétés fictives a également été interpellé. L’arrestation de la bande organisée est intervenue suite à une plainte enregistrée par la police judiciaire de Casa-Anfa. En effet, Maroc Telecom a saisi la police après constatation «d’importants volumes de débits sur un centre de télécommunications précis».Amin RBOUB

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