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Economie

Les vacances des cadres : Le Sud plébiscité, mais le Nord remonte très fort

Par L'Economiste | Edition N°:42 Le 13/08/1992 | Partager

L'enquête réalisée par le bureau d'études Sunergia pour L'Economiste précise les comportements des cadres pour leurs vacances. Globalement, sur un échantillon de 300 cadres casablancais, les grands contours des choix étaient connus, bien que jamais encore quantifiés. C'est dans le détail que se logent les réelles surprises, comme la rareté des congés étalés sur l'année.
Les premiers résultats de l'enquête, publiés la semaine dernière(1) , montraient qu'il y a une forte préférence pour les vacances en un seul bloc, de trois ou quatre semaines et très largement pendant l'été, des vacances que l'on passe en famille et où l'on n'hésite pas à dépenser pour s'amuser.
Les lieux de villégiatures révèlent, eux aussi, des comportements inattendus.

La mode, mais à dose modérée

Certes la grande majorité veut des plages, mais la première des constatations est que l'on ne va pas s'agglomérer sur quelques destinations et que finalement les modes ont assez peu de prises sur les comportements réels. Par contre, il est hautement probable que la publicité ait des effets non-négligeables.
Près de quarante destinations différentes sont citées par les 300 cadres interrogés, et la gamme va du séjour sur les plages des environs de Casablanca au voyage brésilien.
On remarque d'emblée que les réponses spontanées individualisent les destinations, même si géographiquement elles sont très proches les unes des autres, comme pour la cote méditerranéenne. C'est sans conteste une différentiation réalisée grâce à la publicité.
Il faudra aussi noter que les vacances ne sont pas des moments pour retrouver les racines familiales, alors que Casablanca est une ville par nature d'immigrés. On va dans les zones balnéraires sur la côte, on va dans les villes réputées pour savoir organiser des séjours, mais l'on ne va pas vraiment ailleurs et ce, quelle que soit la période de vacances que l'on choisit.

On se répand dans le Nord

Pris dans son ensemble, la côte méditerranéenne, de Tanger à Saïdia, attire un peu plus de 37% des vacanciers d'été, et on ne va pratiquement pas dans le Nord en dehors de cette période. Le pourcentage monte à presque 39% si l'on ajoute Al Hoceima et Assilah.
Les personnes interrogées distinguent très nettement entre des destinations pourtant proches les unes des autres, ce qui indique que les villes de séjour sont bien individualisées dans l'esprit des cadres. On peut en déduire sans prendre de grands risques, que bien que certains de ces lieux de villégiature soient relativement récents, la communication qui est faite à leur sujet a réussi à les démarquer les uns des autres: Martil c'est Martil, pas Restinga ou M'Diq, et ainsi de suite pour Cabo Negro, Kabila, Tanger, Tétouan...
Il est cependant douteux qu'au cours d'un même séjour, les vacanciers ne fassent pas des excursions dans les villes avoisinantes.
Croisée au fait que les cadres préfèrent les vacances longues, au delà de deux semaines et que le coût du transport n'arrive qu'en dernière position dans les postes de dépenses, l'individualisation confirme la transformation de la côte méditerranéenne en zone de villégiature estivale.
Les choix des cadres se portent vers Tanger en premier lieu, puisque près d'un "Nordiste" sur trois dit aller à Tanger. Un sur cinq annonce Tétouan. Les destinations récemment ouvertes ou rénovées comme M'Diq, Martil, Cabo Negro, Restinga et Kabila attirent aussi un vacancier sur cinq qui vont dans le Nord.
On notera que Saïdia, Nador et Oujda ne sont pas mal placées non plus, bien que pour l'instant assez peu valorisées sur le plan des infrastructures balnéaires. Assez curieusement, Asilah ne retient pas l'attention des cadres casablancais, en dépit de son festival d'été.
Si l'on prend les périodes de vacances, tout au long de l'année, la préférence pour le Nord dans son ensemble est relativement homogène. Il n'y a pas de grandes différences entre les tranches d'âge, entre les hommes et les femmes et entre les statuts professionnels. Tout au plus peut-on dire qu'au-delà de 35 ans, le goût pour le Nord s'accroît (35,8% contre 29,4% chez les moins de 35 ans) et que les cadres moyens sont proportionnellement plus nombreux à le citer que les cadres supérieurs et les chefs d'entreprises.
Si l'on ne considère que les vacances d'été, les écarts se creusent tout naturellement puisque le Nord est une destination d'été quasi- unique.
Le Nord revient dans 43,4% des réponses des 35 ans et plus, qui prennent leurs vacances en été, contre 35,6% chez les plus jeunes. Toujours pour les vacances d'été, les cadres moyens citent le Nord à raison de 43,4% d'entre eux, devant 32,7% des chefs d'entreprises et 35,6% des cadres supérieurs. Les hommes préfèrent davantage le Nord que les femmes, mais là, les différences sont minimes.

Au Sud, Agadir devant Marrakech

Si dans le Nord les vacanciers investissent de multiples espaces, par contre dans le Sud, on préfère se concentrer sur deux destinations, qui ne sont d'ailleurs pas des surprises: Agadir et Marrakech.
Seul l'ordre d'importance peut étonner: Agadir reste devant Marrakech et d'assez loin. Ensemble, Agadir et Marrakech et surtout si l'on ajoute des destinations proches comme Ouarzazate, Téroudant... battent à plate couture les autres destinations. Le Sud est présent dans plus de 48% des réponses, toutes époques et tous statuts professionnels confondus. Le Sud est plutôt une destination "jeune" à l'inverse du Nord. C'est aussi une destination qui plaît aux femmes puisqu'un peu plus de la moitié d'entre elles citent le Sud et c'est davantage une destination pour cadres supérieurs que pour les autres cadres.
Sur l'ensemble des destinations citées et pour toute l'année, Agadir concentre, à elle seule, 23% des cadres en vacances. Si l'on ne considère que les vacances d'été, Agadir attire près de 21% des choix.
Par contre si l'on ne considère que les séjours d'hiver et de printemps, Marrakech passe devant Agadir. Bien qu'il faille être prudent parce que l'échantillon devient petit lorsqu'on le scinde par statut professionnel, la ville impériale est davantage la ville des chefs d'entreprises et des professions libérales que la capitale du Souss. Le même phénomène se reproduit lorsqu'on considère les tranche d'âge: Marrakech a la préférence des plus de 35 ans. Marrakech, la ville des gens "assis" dans la vie?
Les vacances à l'étranger ne sont plus ce qu'elles étaient. Sur l'ensemble de l'année, seulement 28% des cadres indiquent qu'ils séjournent ou voyagent à l'étranger pour leurs vacances.
Si l'on considère seulement les vacances d'été, où se forme le gros du bataillon des vacanciers, puisque 46,7% des cadres prennent leurs congés à ce moment, la proportion de voyages à l'étranger est sensiblement la même que pour toute l'année. Par contre l'hiver, la part des séjours à l'étranger est nettement plus élevée, puisque près de la moitié des personnes, prenant leurs vacances à cette saison, vont à l'étranger et un quart d'entre elles vont en France.
Si les séjours à l'étranger ne sont plus vraiment à la mode, par contre la France reste la destination privilégiée, puisque 14,9% des vacanciers d'été vont en France et que le reste se distribue entre douze autres destinations différentes(2) .
Les enquêteurs de Sunergia ont relevé que 7,7% des réponses concernent l'Espagne, mais ils recommandent la prudence quant à l'interprétation. Ils signalent en effet que dans plusieurs cas l'Espagne est une dérivée des séjours dans le Nord. Comme l'échantillon devient petit il est délicat d'en tirer des conclusions sûres.
On ne surprendra personne en signalant que les moins de 35 ans vont plus facilement à l'étranger que leurs ainés: deux tiers de jeunes contre un tiers de moins jeunes. Par contre, les femmes ne se différencient pas de manière significative des hommes: elles sont à peine moins nombreuses que ces Messieurs à choisir un voyage ou un séjour à l'étranger et, si l'on considère les destinations, elles seraient même un peu plus audacieuses en étant moins nombreuses à ce concentrer sur la France(3). Ce comportement est certainement à rapprocher de la préférence des jeunes femmes cadres supérieurs pour les voyages organisés(4).

N. S.

(1) Cf L'Economiste du 6 Août 1992
(2) Douze destinations, en dehors des réponses génériques "Etranger". Les destinations citées sont l'Espagne, le Canada, les USA, l'Italie, l'Algérie, l'Allemagne, la Suisse, la Grande-Bretagne, la Tunisie, la Suède, le Brésil et la Belgique.
(3) Le bureau d'études Sunergia précise que les 300 cadres interrogés sont tous des cadres marocains. Les cadres d'autres nationalités ont été écartés car leurs comportements auraient biaisé les résultats.
(4) Les choix des cadres vis-à-vis des voyages organisés ont été détaillés dans L'Economiste du 6 Août 1992.

La voiture sur le parking de l'hôtel

ON dit que se faire loger chez la famille ou chez les amis est le sport national pour les vacances, mais ce n'est pas juste.
En effet, 35,3% des cadres vont à l'hôtel et la proportion grimpe à 43% si l'on compte le village-club.
Les professionnels du tourisme noteront sans doute que le meilleur score du village-club est réalisé auprès des cadres moyens, alors que les chefs d'entreprise l'ignorent pratiquement. Le camping se place plutôt bien, compte tenu de sa médiocre image de marque, puisqu'il réunit 15,6% des suffrages chez les cadre moyens. Par contre les femmes ne l'apprécient guère(1) .
Les résidences de vacances (en toute propriété chez les chefs d'entreprise ou en location chez les cadres supérieurs et moyens) restent assez marginales, bien qu'on en parle beaucoup.
L'omniprésence de l'hôtel dans le logement pendant les vacances, et ce, tout au long de l'année, est quasiment un phénomène de société pour la population des cadres de Casablanca.
Bien que les jeunes soient ceux qui utilisent le plus le système famille-amis, 31% d'entre eux vont quand même à l'hôtel (presque 39% si l'on inclut le club). Chez les plus de 35 ans, ils sont 41,7% à se prononcer pour l'hôtel (50% avec le club), mais curieusement, c'est chez les chefs d'entreprise et professions libérales que la domination de l'hôtel est la moins bien assise. Le système famille-amis lui fait une forte concurrence, avec moins de 6 points de différence entre les deux options(2).
Donc, on va à l'hôtel et on y va en voiture.
L'observation des modes de transports pour les vacances réserve néanmoins une surprise au niveau de la place du train et de l'autocar, puisqu'un petit tiers des cadres n'hésitent pas devant un voyage en train ou en autocar. Les hommes y sont nettement plus favorables que les femmes et ce type de transport convient davantage aux jeunes qu'à leurs aînés, cela va de soi. Les compagnies de tourisme et l'ONCF ont donc raison de vouloir soigner leurs services: il y a un marché.
Evidemment, la reine des vacances reste la voiture: 63% des cadres qui passent leurs congés au Maroc et 16% chez ceux qui vont à l'étranger.

(1) Peut-être à cause de la vaisselle dont elles sont généralement dispensées pendant le reste de l'année!
(2) Pingres, les patrons?

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