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Economie Internationale

International: Retour au calme

Par L'Economiste | Edition N°:303 Le 06/11/1997 | Partager

Le calme semble être revenu sur les places financières. L'incertitude est cependant très vivace. Des voix s'élèvent pour réclamer la création d'un organe international de supervision des marchés.


L'image de Jiang Zemin donnant le signal de l'ouverture d'une séance à Wall Street constitue tout un symbole. La Chine a bien renoué avec le monde capitaliste. Au-delà de ce geste, le nouveau leader chinois voulait rassurer les marchés financiers et donner un gage de sécurité quant au maintien du statut économique initial de Hong-Kong, suite à la panique provoquée par le cinglant revers de cette place. Au début de la semaine, les marchés ont globalement retrouvé le calme après que les différents responsables politiques et économiques des pays industrialisés se soient relayés à travers les médias pour mener une démarche similaire. Ce fut à peu près la même litanie à l'adresse des investisseurs: «Retrouver votre calme, cette crise est irrationnelle».
Pour autant, l'incertitude demeure. Rudement échaudé par la tempête financière, M. Georges Soros, qui n'est pourtant pas un enfant de choeur, en appelle à la création d'une autorité internationale chargée de superviser les marchés. Ce ne sont certainement pas les deux milliards de Dollars qu'il aurait perdus qui l'ont poussé à lancer son cri d'alarme. Mais en tant que professionnel et déjà considéré comme l'un des plus grands spéculateurs au monde après son arbitrage gagnant sur la Livre, il a le sentiment que les données du marché sont aujourd'hui fortement biaisées.

L'on serait tenté de penser que Soros va à l'encontre de l'idée selon laquelle le système financier est sensé s'autoréguler grâce aux mouvements successifs de hausse et de baisse.
Cependant, les faits ne sont pas si simples. Si la tempête asiatique peut facilement être expliquée par des éléments d'ordre purement économique, le phénomène ayant sévi dans les pays industrialisés l'est moins.
En Asie, la crise est en partie née de la perte progressive de compétitivité des dragons en raison du renchérissement du Dollar auquel étaient rattachés leurs monnaies depuis les accords du Plazza en 1987. De plus, il est expliqué que les dirigeants de ces pays ont tardé à réagir face à la crise rampante de peur d'étrangler de très grands établissements financiers spécialisés dans des «crédits douteux» et qui leur sont très proches.

Spéculation et confiance


Pour un analyste de la place, la crise procède «d'une action de déstabilisation menée par de grands investisseurs internationaux». Ce pas a été également franchi par M. Mahathiar Mohamad, premier ministre malaisien, qui avançait lors du sommet du G-15 tenu ces derniers jours à Kuala Lumpur: «Les politiques libérales en matière d'échange de monnaies et de courtage en bourse ont donné lieu à des abus qui ont sapé les efforts laborieux menés pendant des années en Asie du Sud-Est». Et d'ajouter: «Nombreux sont ceux qui ne voient que des occasions de s'enrichir à nos dépens». Une attaque directe aux spéculateurs. Ces derniers sont pourtant indissociables du marché. Outre les effets d'anticipation qu'ils entretiennent, le comportement des places financières est fonction «de l'interdépendance entre les marchés, des politiques monétaires et de change et de la confiance générale», explique M. Redouane Chafei, directeur Marketing Entreprises à Wafabank. Le dernier paramètre a certainement beaucoup joué dans la chute de Hong-Kong. De l'avis de M. Chafei, cette place retrouve «le niveau de confiance qu'ont les investisseurs dans la Chine».

La confiance, il faudra encore y recourir pour expliquer le plongeon des bourses des pays industrialisés. Si l'on considère que la mise sur une action équivaut à l'achat d'un bénéfice futur, il n'y avait pas lieu de paniquer, sauf pour des entreprises comme celles du luxe fortement impliquées en Asie du Sud-Est. Cependant le phénomène moutonnier est indéracinable. Dans une situation de forte baisse, tout le monde cherche à vendre pour sauver sa mise. Ce fut le cas en 1987 à New York. A l'époque, le krach avait été accéléré par la procédure de vente ou d'achat en direct. Aujourd'hui, cette procédure née avec l'avancée de l'informatique et qui régente près du tiers des transactions sur ce marché ne pose plus problème. Reste que des risques subsistent toujours si des correctifs ne sont pas apportés à l'échelle mondiale.

Alié Dior NDOUR

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