×
+ L'ÉDITO
Par Khalid BELYAZID
Le 29/11/2021
Explications

A la moindre blessure, on coupe tout le membre pour éviter la gangrène; c’est la médecine du Moyen...

+ Lire la suite...
Recevoir notre newsletter

Emploi & Carrière
Départs volontaires: Nouveaux scénarios pour allécher les fonctionnaires

Par L'Economiste | Edition N°:1862 Le 27/09/2004 | Partager

. Le gouvernement envisage plusieurs schémas au lieu d’un. Il s’agit de tenir compte de différents profils. Le niveau des indemnités sera réviséC’est décidé. Le gouvernement veut faire de son nouveau plan de départs volontaires une réussite. Après le flop de la première opération, qui n’a finalement séduit que quelque 600 fonctionnaires, il s’agit maintenant de rectifier le tir et de trouver une formule plus alléchante. «Le schéma retenu pour la première vague de départs n’a pas été très attrayant», reconnaît un cadre de la Primature qui a requis l’anonymat. C’est ce qui explique, selon lui, le peu de succès qu’a rencontré l’opération auprès de la population cible. Mais il y a également l’opacité qui entoure la fameuse question de la fiscalisation des indemnités, selon des sources concordantes.Rappelons que la première vague de départs volontaires à la retraite a été bouclée le 30 mai dernier, comme prévu par le décret du Premier ministre n°2-03-705 du 31 décembre 2003. Elle intéressait les fonctionnaires classés dans les échelles 1 à 9, soit 20.000 personnes, sur une population cible globale de 62.000 agents de l’Etat. Pour être éligibles, ces personnes devaient justifier de 21 ans de service effectif pour les hommes et 15 ans pour les femmes. Maintenant, le tout est de trouver la formule qui séduira à coup sûr.Les cadres du département de Oualalou ont concocté de nouveaux schémas qui ont été soumis à la Primature pour étude. Une première réunion a eu lieu mardi 21 septembre pour examiner ces différentes propositions.. Elargir la population cible«Aucun scénario n’a été retenu ni à l’issue de cette première réunion, ni de la seconde qui s’est tenue le lendemain», nous confie un cadre de la Primature. D’autres rencontres sont programmées pour fignoler le travail. Une chose est sûre, le gouvernement est prêt à faire de grosses concessions pour s’assurer une meilleure adhésion des fonctionnaires, tout en tenant compte, bien sûr, du double impact sur le budget et la caisse de retraite. Selon une source proche du dossier, en tout et pour tout, l’opération devrait être amortie en deux-trois ans. Vraisemblablement, le gouvernement a retenu la leçon de sa première expérience. Aujourd’hui, la réflexion est jugée plus sérieuse et l’approche plus recherchée. Selon de premières informations, les experts des Finances et de la Primature s’acheminent non pas vers un seul scénario, mais plusieurs. Pour concocter un schéma qui se tienne, ils ont compris qu’il fallait segmenter la population cible et développer des scénarios spécifiques en prenant en compte la décrue naturelle des effectifs. Quelque 100.000 personnes doivent en effet aller à la retraite d’ici 2008, soit 12 à 15% de la population des fonctionnaires estimée à 700.000 personnes.Ainsi, selon que la population est proche de la retraite ou qu’elle en est loin, la formule qui sera proposée ne devrait pas être la même. Il n’est pas exclu non plus que les conditions d’éligibilité soient revues pour élargir la population cible. Autrement dit, il serait question de rabaisser l’ancienneté et d’intégrer dans le plan même les hauts cadres. Rappelons que le taux d’encadrement dans la Fonction publique est de 40 à 48%, soit «un des niveaux les plus élevés au monde», selon une source proche du dossier. Autre proposition: rallonger les délais. «Il s’agit de donner plus de temps aux intéressés pour déposer leur demande», souligne un cadre des Finances. Mais ce qui intéresse par-dessus tout les candidats à la retraite anticipée, c’est le pécule qu’ils recevront à leur départ. Le niveau d’indemnités actuel est jugé dérisoire. Maintenant, «l’idée est d’aligner les indemnités sur celles consenties dans les établissements publics», indique la même source. La réflexion est donc menée pour porter ces indemnités à un mois et demi de salaire par année travaillée, voire deux, au lieu de un, comme c’était le cas pour la première vague de départs. Et chose inattendue, le gouvernement songerait à «faire bénéficier les intéressés de leur pension dès le premier mois de départ», indique-t-on auprès des Finances. Pour une incitation, c’en est vraiment une!


Intraitable masse salariale!

Maîtriser la masse salariale. Voilà qui donne bien du fil à retordre au gouvernement. Depuis que les institutions de Bretton Woods ont tiré la sonnette d’alarme sur la taille de ce poste de dépenses, l’Etat tente, à chaque projet de budget, de le comprimer. Mais en vain. L’année prochaine encore, la masse salariale devrait gonfler pour s’établir à 62 milliards de dirhams. Par rapport aux 53,57 milliards prévus pour l’exercice en cours, cela correspond à une hausse d’environ 16%. Le souci de l’argentier du pays est de réduire le poids de cette dépense en pourcentage du PIB. Actuellement, il tourne autour de 12-13%. C’est trop en comparaison aux niveaux observés dans des pays à développement économique similaire. La région Mena affiche, ces dernières années, un ratio de 9,8% en moyenne, selon la direction de la Politique économique générale (DPEG). Celle-ci souligne que «le poids de la masse salariale provient davantage du niveau des rémunérations que du nombre de fonctionnaires qui n’est pas pléthorique quand il est rapporté à la population totale». Ce rapport est de 2,3% au Maroc, contre 2,6% en Turquie, 3,7% en Tunisie, 4,2% en Algérie et 6,2% en Egypte. Khadija EL HASSANI

La suite est réservée à nos abonnés.

Dèjà abonné ? S'abonner pour lire la suite