×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Dossiers

Dossier SantéMédicaments: Un huitième acheté sans prescription médicale

Par L'Economiste | Edition N°:1153 Le 28/11/2001 | Partager

. Dans les pays en développement, l'automédication reflète la difficulté d'accès aux soins. Dans les pays riches, elle est encouragéeVous souffrez d'un mal de tête? Un cachet d'aspirine et le tour est joué. Qui n'a jamais pris de médicaments sans prescription médicale? On ne demande pas, en effet, une consultation pour toutes les douleurs que l'on éprouve au cours de sa vie! Cependant, se soigner soi-même n'est pas facile et dans certains cas, cela peut s'avérer dangereux. Outre le fait que l'automédication retarde la prise en charge médicale de la maladie, elle peut avoir des conséquences très lourdes sur la santé. Pour preuve, une simple aspirine peut occasionner des dégâts insoupçonnés si l'on est allergique à la substance de base, l'acide acétylsalicylique, ou si l'on couve un ulcère. Pour des cardiaques prenant régulièrement un médicament anticoagulant (fluidifiant le sang), la prise de l'aspirine en cas de mal de tête serait une erreur potentiellement dangereuse. De même, les associations de médicaments peuvent être source d'effets secondaires. A côté de cela, Dr Rajae Benkirane du Centre National de Pharmacovigilance cite aussi, au nombre des dangers découlant d'une automédication hasardeuse, le non-respect de la posologie et donc l'accident par surdosage (donner à un enfant un médicament dosé pour un adulte), la prise de médicaments par des personnes exigeant une prudence particulière (femme enceinte ou allaitante) et l'abus de médicaments pouvant aboutir au développement d'une pharmacodépendance. «L'automédication requiert un minimum d'éducation pour pouvoir consulter et comprendre les prospectus des médicaments», avertit Dr Benkirane. En revanche, elle peut avoir de nombreux avantages.Dans les pays développés, elle constitue souvent une solution dite d'attente. Elle est souvent pratiquée, en tant que mesure préventive, par des personnes instruites et informées. A ce titre, elle est encouragée dans des pays anglo-saxons et plus récemment dans des pays européens où elle est présentée comme source d'économie. En évitant des consultations multiples et des examens complémentaires onéreux, l'automédication contribue à la diminution des charges des organismes de sécurité sociale et donc du coût de la santé.Dans notre contexte, explique Dr Benkirane, elle dépasse ce cadre et peut donc être dangereuse. Le danger vient du fait qu'elle constitue généralement l'unique alternative en raison d'un pouvoir d'achat faible. En effet, dans les pays en voie de développement, l'automédication est le reflet d'une difficulté d'accès aux soins en l'absence d'un système d'assurance-maladie. Au Maroc, elle est assez fréquente: le huitième des achats de médicaments se fait sans prescription médicale, selon le Ministère de la Santé publique. Si l'automédication est une réalité sociale dans tous les pays, la population féminine et les enfants semblent être les plus concernés.Les médicaments «en vente libre» (OTC: Over The Counter) constituent des produits d'automédication potentielle, leur vente ne nécessitant pas obligatoirement une prescription médicale. Il s'agit de médicaments vendus en officine et bénéficiant d'une autorisation de mise sur le marché destinés à traiter les symptômes banaux et passagers (indigestion, constipation, douleur, fièvre, toux...). Leur utilisation est plutôt sécuritaire, puisqu'ils ont été mis sur le marché depuis un certain temps et sont dépourvus d'effets indésirables graves. Leur dose efficace est très inférieure à la dose toxique et ils interfèrent peu avec d'autres médicaments. Cependant, l'automédication ne se limite pas aux seuls médicaments «en vente libre» et elle devient dès lors une pratique à risque, indique Dr Benkirane. C'est particulièrement le cas des médicaments qui ne sont délivrés que sur prescription médicale.


La contrebande en recul

Le phénomène de l'automédication est accentué par l'importation illégale de produits de pays voisins (Algérie, Espagne...) et leur vente libre au public dans les épiceries et souks. Selon des distributeurs-grossistes et des pharmaciens d'officine, cette pratique qui avait pris de l'ampleur il y a deux ou trois ans, est relativement limitée aujourd'hui. Florissant au niveau des régions frontalières de l'Oriental et du Sud, ce trafic concerne surtout des produits de grande consommation (aspirine, paracétamol...) ainsi que des médicaments vendus sur ordonnance médicale (corticoïdes, psychotropes...). Pour des grossistes, c'est le circuit du Sud qui porterait le plus atteinte au marché du médicament. Il y a quelques années, des pharmaciens d'officine exerçant dans le Sud du pays profitaient d'avantages fiscaux pour acheter des quantités importantes de médicaments qu'ils vendaient dans les autres régions du pays, avance un grossiste. Selon lui, ce trafic représenterait entre 5 et 10% du marché global. Une fourchette jugée excessive par des pharmaciens d'officine. Ces derniers dénoncent plutôt le trafic dans l'Oriental de médicaments qui seraient volés dans les hôpitaux algériens.K. E. H.

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc