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Dossier SantéL'enveloppe budgétaire couvre à peine la moitié des salaires!

Par L'Economiste | Edition N°:1153 Le 28/11/2001 | Partager

. Dépenses globales: 4,5% du PIB contre plus de 9% pour le Liban et la Jordanie. Les investissements et l'achat de biens et services relégués au second planLes rémunérations salariales pèsent lourd dans les dépenses du Ministère de la Santé Publique (MSP). La dernière hausse des salaires des employés a porté aux deux tiers la part des dépenses au personnel dans l'enveloppe globale 1999-2000. Selon les derniers comptes nationaux de la santé se référant à l'exercice 1997-1998(1), les salaires coûtent à l'Etat plus de 9 milliards de DH, soit le double de la dotation budgétaire. Ce qui ne laisse pas grand-chose à l'investissement et à l'entretien des immobilisations qui sont déjà assez vétustes. Les dépenses liées à la réparation, au déplacement, à la communication et autres points essentiels pour la bonne marche des services de la santé ne dépassent pas les 5% des ressources. Le poste entretien et réparation représente seulement 1,7%. «C'est juste le nécessaire pour un entretien moyen d'un patrimoine d'une durée de vie inférieure ou égale à trois années», est-il indiqué. Certes, 12% des dépenses du Ministère vont chaque année à l'acquisition d'immobilisations diverses (terrains, constructions, équipements...), mais cela demeure insuffisant face à un patrimoine vieillissant. A titre indicatif, il est à noter que près de 30% des hôpitaux ont plus de 50 ans et 56% plus de 30 ans. L'équipement aussi est dans un piteux état. Ainsi, 40% des salles d'opération, 22% de l'équipement de réanimation, 39% de l'équipement de laboratoires et 32% de l'équipement radiologique ont plus de 15 ans d'âge. Il y a donc urgence. L'enveloppe réservée au renouvellement du matériel et des immeubles doit être incessamment revue à la hausse. Les institutions internationales ont déjà tiré la sonnette d'alarme.Les dépenses globales de notre système de santé sont en deçà de la moyenne de la région. Elles sont même nettement inférieures à celles des pays à revenus comparables. Le Maroc consacre uniquement 4,5% de son PIB aux dépenses de santé contre 9,4% pour la Jordanie et 9,8% pour le Liban. Chez le voisin tunisien, cette part est de 5,6%. Avec un budget qui reste en deçà de ses besoins, le MS doit désigner ses priorités. Pour l'instant, il ne peut consacrer qu'une maigre partie à l'achat de biens et services (médicaments, alimentation, produits énergétiques et de gaz médical). Pour pallier les déficits et mener à bien quelques programmes de prévention sanitaire, le ministère compte encore sur les coups de pouce des organisations et coopérations internationales. Notre système de santé a réalisé quelques avancées, mais elles restent insuffisantes face à l'accroissement des besoins de la population, notamment pour les défavorisés. Les études et analyses, menées jusque-là par le ministère ou des experts internationaux, ont révélé plusieurs iniquités du système. Le financement des soins par les ménages, les recours aux services du MS, la répartition des ressources... tout y passe. L'une des principales aberrations du système de santé est qu'il profite plus aux riches qu'aux pauvres. Cela a été démontré par l'ENNVM (Enquête Nationale sur les Niveaux de Vie des Ménages) il y a deux ans et a été confirmé par une étude menée par la Banque Mondiale et le MS en 1999. Les chiffres sont parlants: 67% des services dispensés gratuitement par les hôpitaux publics aux personnes non couvertes par une assurance-maladie bénéficient aux individus aisés contre seulement 4,8% aux plus pauvres. Pour des raisons d'accessibilité financière et/ou physique, plus du tiers de la population malade ne va pas consulter. Le problème prend de plus grandes proportions en milieu rural ou dans des régions reculées. C'est là qu'apparaissent les difficultés du ministère à répartir de manière optimale ses ressources financières. Souvent, des considérations historiques et des rapports de forces influencent la répartition des crédits entre les différents provinces et établissements.


Santé maternelle et infantile, une priorité

La santé maternelle et infantile (SMI) constitue l'une des priorités de santé publique. Une importance particulière lui est accordée aussi bien dans le plan quinquennal 2000-2004 que dans les comptes nationaux de la santé. En dépit d'un recul important des mortalités maternelle et infantile, les taux demeurent élevés par rapport à des pays à développement similaire. Les dépenses du Ministère de la Santé au profit de la SMI s'élèvent à près de 533 millions de DH, soit 19 DH par habitant et 55 DH par personne cible (femmes en âge de procréer et enfants de moins de cinq ans)(2). Ces dépenses représentent un peu plus de 16% des dépenses totales du MS (CHU compris). Ces dépenses sont relatives à des programmes de santé publique à hauteur de 52%, aux maternités pour 25% et aux services de pédiatrie pour le reste. Les organisations internationales et les pays donateurs accordent eux aussi une attention particulière à la SMI. Ils y ont déjà consacré près de 93,4 millions de DH, soit une moyenne de près de 62% de leurs aides à notre système de santé. Le financement de la SMI par la coopération internationale privilégie les dépenses en médicaments et équipement. Leurs parts respectives sont de 37,6 et 36,3%. Quant à la prise en charge des dépenses liées à la SMI par les régimes d'assurance-maladie, elle demeure hétérogène. Elle varie selon les régimes et quelques fois au sein de ceux-ci en fonction des structures gestionnaires. La CMIM (Caisse Marocaine Interprofessionnelle des Mutuelles), par exemple, utilise le système du tiers payant pour un taux intégral de prise en charge (100%) pour l'accouchement normal ou par césarienne. Chez les compagnies d'assurances privées, la prise en charge des frais liés à la SMI est modeste. A titre indicatif, les frais pré et post-natals ne sont pas systématiquement assurés et lorsqu'ils le sont, ils se limitent à des forfaits maternité allant de 1.000 à 2.000 DH. Les fausses couches et les frais de couveuse ne sont pas couverts. Ce qui rend presque inaccessible le suivi d'une grossesse dans son intégralité. . Les ménages supportent 54% des dépenses globalesLa structure du financement de la santé est dominée par l'apport des ménages. Les paiements directs représentent 54% des sources de financement du système, selon les CNS. A cela s'ajoutent les 5% des cotisations à l'assurance-maladie. L'Etat par le biais du budget finance à peine 26% de la dépense globale de santé. La coopération internationale et les collectivités locales apportent 2% (1-1) contre 10% pour les entreprises et établissements publics et privés (5-5). Les coûts ne sont donc pas répartis selon les capacités de paiement des individus à travers un mécanisme de mutualisation du risque ou de solidarité nationale. Ce financement fragmenté engendre des difficultés de contrôle, de régulation et de maîtrise.Hanaa FOULANI(1) Derniers chiffres officiels disponibles (2) Ces chiffres, les derniers disponibles, remontent à 1997-1998.

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