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    Société

    Modernité et religion peuvent faire bon ménage

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4768 Le 09/05/2016 | Partager
    «Les principes de la modernité valables pour toutes les sociétés»
    Des penseurs musulmans du Moyen Age plaidaient pour l’égalité des sexes
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    Pour Abdelmajid Charfi, président de l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, en ôtant aux institutions sociales leur légitimité religieuse, la modernité a favorisé un changement de perception. La pauvreté, par exemple, n’est plus considérée comme une fatalité imposée par un choix divin, mais plutôt le résultat de décisions humaines (Ph. Bziouat)

    La religion est-elle opposée à la modernité? La relation entre les deux modes de pensées a été souvent source de confrontation. Abdelmajid Charfi, président de l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, a mis l’accent sur les facteurs de rapprochement. Charfi, qui intervenait lors d’une conférence organisée en perspective de la 44e session de l’Académie du Royaume, vendredi dernier, à Rabat, préfère parler du phénomène religieux en tant que concept sociologique, et de la modernité en tant que fruit de la civilisation occidentale. Pour lui, «la religion a été historiquement utilisée, par différentes civilisations, pour légitimer des institutions sociales au point qu’elles deviennent pratiquement une évidence», a-t-il expliqué.
    La modernité a permis, selon Abdelmajid Charfi, d’ôter le voile religieux aux institutions sociales. C’est dans cette logique qu’elle a favorisé l’émergence du système démocratique. «A partir du moment où chaque personne est devenue libre et responsable, la participation à la vie publique est devenue une obligation», a-t-il expliqué. Cet académicien a estimé que dans le monde musulman, «il ne faut pas s’interroger si nous devons accepter ou rejeter la modernité. Car, «même si elle a été développée en Occident, elle est valable pour toutes les sociétés humaines», a-t-il dit. Pour appuyer son argumentaire, il s’est référé aux travaux de certains penseurs musulmans comme Averroès. Surtout qu'elle a poussé vers un changement de perception vis-à-vis de certaines pratiques sociales. Par exemple, «la justice sociale est un concept nouveau. Il cristallise un changement de l’idée de pauvreté, qui n’est plus considérée comme une chose naturelle, comme c’était le cas dans la pensée religieuse, mais plutôt le résultat de choix économiques et politiques». Aujourd’hui, «les impôts assurent la même mission que l’aumône, en prélevant de l’argent des riches une partie au profit des pauvres, sans porter atteinte à leur dignité humaine», selon Charfi. Il a déploré que «les sociétés musulmanes n’ont pas encore accepté cette forme moderne de l’aumône». D’autres apports de la modernité «étaient déjà mis en avant depuis quelques siècles par certains penseurs musulmans, mais qui restaient minoritaires». C’est le cas notamment de l’égalité homme/femme, dans certains aspects régis par la religion, comme l’héritage ou «l’imama» (conduite de la prière). Aujourd’hui, l’idée répandue reste l’interdiction, au moment où le célèbre philosophe du Moyen Age Ibn Arabi avait défendu sa légalité, estimant qu’il n’y a pas de preuves confortant l’avis contraire.

     

     

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