×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Société

    Anti-corruption
    Une stratégie en trompe-l’œil?

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4765 Le 04/05/2016 | Partager
    Son opérationnalisation annoncée en fin de mandat
    Rien ne garantit son appropriation par le prochain gouvernement
    La faiblesse des attributions de l’ICPC inquiète la CGEM

    Le gouvernement, qui a fait de la lutte anti-corruption un argument électoral brandi à tour de bras, a attendu la fin de son mandat pour annoncer l’opérationnalisation d’une stratégie nationale. Celle-ci, «présentée en décembre 2015, a connu un grand retard dans son implémentation», comme l’a précisé Bachir Rachdi, président de la Commission éthique et bonne gouvernance de la CGEM, lors de la cérémonie de signature des conventions relatives à ce programme, hier à Rabat. Même son de cloche chez Fouad Abdelmoumni, secrétaire général de Transparency Maroc, qui a déploré «l’impact négatif de la non application des dispositions de cette stratégie durant les mois qui ont suivi son lancement». C’est pour cela que les responsables de cette ONG se sont opposés à «l’organisation d’un colloque sur la lutte contre la corruption, tant que des mesures concrètes n’ont pas été mises en œuvre», a indiqué Abdelmoumni.
    Globalement, plusieurs observateurs restent sceptiques concernant la véritable portée de cette stratégie dont l’entrée en vigueur est annoncée à quelques mois des élections. Une série de conventions ont été signées, hier à Rabat, portant sur les différents programmes prévus, coordonnés par les ministères, en plus d’un plan de probité du secteur privé, piloté par la CGEM.
    Mohamed Moubdii, ministre de la Fonction publique, a annoncé que cette stratégie devra couvrir une période qui s’étend jusqu’à 2025. «Son efficience et sa continuité seront assurées par un modèle de gouvernance qui s’articule autour de la Commission nationale anti-corruption, dont le décret de création sera bientôt transféré au Conseil du gouvernement», a fait savoir le ministre. Cependant, l’application de cette stratégie risque d’être suspendue dans quelques mois. Rien ne garantit que le prochain gouvernement ait la même vision concernant la gestion de ce dossier. L’équipe qui sera installée après les législatives du 7 octobre pourrait opter pour une approche différente dans la lutte anti-corruption.
    Quoi qu’il en soit, la version actuelle de cette stratégie fait face à une série de critiques de la part de la CGEM et des ONG. En effet, «le climat institutionnel relatif à la lutte anti-corruption constitue une source de préoccupation», selon Bachir Rachdi. Il a mis en avant «les réserves de la CGEM concernant les dispositions de la loi relative à l’ICPC, qui ne reflètent pas l’importance de cette instance consacrée par la Constitution». Cette «régression par rapport aux dispositions constitutionnelles», a été également pointée par Fouad Abdelmoumni.

    Faible protection des témoins

    Opérateurs économiques et société civile, considérés par Mohamed Moubdii, comme «des partenaires indispensables pour la réussite de cette stratégie», ont également pointé d’autres défaillances, qui risquent de limiter sa portée. C’est le cas notamment de «l’absence d’une véritable protection des témoins et des dénonciateurs dans les affaires de corruption», selon le SG de Transparency Maroc. Il a déploré «les reculs qui marquent les dispositions du projet de loi sur le droit d’accès à l’information, qui risquent de plomber ce nouveau dispositif et de consacrer l’opacité et l’absence de transparence».
    Un constat partagé par Bachir Rachdi, qui s’est dit «préoccupé par les menaces que posent ces textes, notamment la multiplication des exceptions limitant le droit d’accès à l’information, qui reste fondamental pour renforcer la confiance».

     

     

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      abonnement@leconomiste.com
      mareaction@leconomiste.com
      redaction@leconomiste.com
      publicite@leconomiste.com
      communication@leconomiste.com

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc