Courrier des Lecteurs

Réglementation de l’avortement: Tout ça pour ça?

Par L'Economiste | Edition N°:4530 Le 21/05/2015 | Partager

■ Des propositions décalées de la réalité
Je m’associe aux autres associations et collectifs comme l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin ou encore Bayt Al Hikma pour lancer mon appel. Légaliser l’interruption volontaire de grossesse seulement  dans le cas de grossesses qui résultent d’un viol ou de l’inceste, dans le cas où la santé physique de la mère serait en danger ou encore dans le cas de graves malformations fœtales reste insuffisant. Les propositions n’apportent pas de solutions à la problématique globale au regard du nombre d’avortements pratiqués quotidiennement (près de 800 opérations clandestines par jour!).
B. H.
■ La copie de la Commission est à compléter
Les propositions doivent aussi intégrer les femmes qui ont recours à l’avortement clandestin faute de moyens et surtout sans protection juridique.  Il y a aussi les exemples des filles mineures ou retardées mentales qui se retrouvent enceintes.
Le combat doit continuer pour que la loi soit en conformité avec la réalité. Selon l’OMS, la santé de la mère exige un état de bien-être physique, psychique et social. Et donc, si une grossesse est non désirée, elle doit retentir sur la santé de la femme. Le législateur devrait préciser que l’avortement n’est pas puni quand sa santé est menacée.
J. P.
■ La société civile marginalisée
Lorsqu’une commission a été chargée de proposer un projet de réglementation pour encadrer l’avortement, j’ai deviné l’orientation qu’allaient prendre ses conclusions. En principe, la commission devait se concerter avec les oulémas, les juristes, les médecins, la société civile, etc. Elle vient de proposer que les avortements soient limités aux cas d’inceste, de viol et de malformation du bébé. Ces résultats étaient prévisibles. A l’évidence, la commission n’a tenu compte que de l’avis des oulémas et a complètement ignoré les propositions des médecins et des représentants de la société civile. Pourtant, la constitution accorde bien à cette dernière un droit au chapitre dans les affaires la concernant. Ce n’est pas le cas dans les tractations sur l’avortement. Par conséquent, je me demande  à quoi sert de discuter avec elle si son avis ne pèsera rien au bout du compte. Sinon, pourquoi la constitution lui accorde-t-elle un droit de cité si elle n’est pas écoutée? Et pourquoi les considérations religieuses sont omniprésentes dans le projet de société que le Maroc souhaite mettre en œuvre? L’orientalisation de la société marocaine portée par le parti islamiste PJD, m’inquiète sérieusement.
E.F.
■ L’avortement  n’est jamais un caprice!
Une femme ne recourt jamais à l’avortement par caprice! Mais qu’est-ce qui a changé dans les nouvelles propositions sur l’avortement? A mon sens, légaliser les cas extrêmes est déjà connu par le public. Il faut assouplir et actualiser la loi à l’instar des autres pays comme la Tunisie ou la Turquie. Même l’Iran,  le Soudan et le Yémen ont libéralisé dans certaines situations.
C. C.

La seringue de Bouya Omar

J’ai lu vote brève intitulée Louardi «C’est soit moi ou Bouya Omar». En effet, je salue le travail entrepris par M Louardi sur plusieurs « fronts ». Il est intolérable de laisser ces pauvres personnes vivre dans des conditions moyenâgeuses dans le Maroc du 21 siècles.
Par contre, M. Louardi ne doit pas se tromper d’adversaires. Bouya Omar n’y est pour rien, et il ne faut pas le mêler à cette querelle. Bouya Omar n’a rien a se reprocher c’est un saint homme qui a vécu dans la plénitude et le recueillement. Si les gens en ont fait un saint c’est qu’il le méritait. C’est pour cela qu’il faut faire le distinguo entre Bouya Omar et les activités à combattre qui s’y déroulent. Alors M. Louardi faites attention «à la seringue» de Bouya Omar.
 Othmane de Casablanca

■ L’art ne supporte pas la morale
A chaque sortie de film, l’on s’indigne dans le plus beau pays du monde parce que le langage est grossier ou qu’il y a des scènes de nudité, etc. Des jugements d’ordre moral et qui n’ont rien à voir avec la valeur artistique de l’œuvre. C’est un  peu comme si l’on juge un poisson à sa capacité d’escalader des arbres... Les réalisateurs sont des artistes.
Je crois qu’au fond, il y a deux raisons essentielles à ce problème. Un: On ne fait toujours pas la distinction entre le cinéma et la télévision. Deux: On subit les effets pervers de la notion absurde de «l’art propre» inventée par le parti actuel au pouvoir. Il faut connaître ses priorités. On a absolument besoin de faire revenir le public aux salles de projection. Les polémiques autour des films servent cette cause. Ce qui est bien. Avant d’avoir des cinéastes de renommée internationale, nous avons besoin de succès commerciaux. Mais au-delà, il faut exploiter les polémiques et faire élever la discussion. Pour qu’on puisse critiquer, parler et peut-être, aimer le cinéma. Il y en a marre de défendre des navets parce qu’ils sont attaqués pour des mauvaises raisons.
A.A
■ Allô, mairie de Casablanca!
J’ai récemment écrit une lettre à la mairie de Casablanca pour connaître le nom des élus mais personne n’a répondu à ma requête. Je n’ai également pas pu avoir une réponse sur le site du ministère de l’Intérieur qui à mon avis n’existe pas. Résultat: Je ne sais toujours pas à qui je dois m’adresser. Je trouve hallucinant que le gouvernement ne prenne pas la peine de publier sur Internet la liste des élus locaux. C’est absolument honteux. Pas étonnant que la ville soit aussi mal gérée si on n’arrive même pas à connaître le nom des élus.
T. G.

■ Géolocalisation: Des entreprises hors la loi
Beaucoup d’entreprises utilisent la géolocalisation. Sont-elles pour autant en conformité avec la loi? Ce système permet de pister par exemple, le véhicule d’un opérateur.  Les déplacements du conducteur sont collectés et analysés. Sauf que le système de géolocalisation comporte des risques d’atteinte à la vie privée. A moins que l’employeur respecte les règles définies par la Commission nationale de contrôle et de protection des données à caractère personnel (CNDP). Il s’agit par exemple de la finalité du traitement: optimiser la gestion du parc automobile, garantir la sécurité des marchandises et des véhicules (cas de vol), assurer le secours de l’employé en cas d’incident… Le responsable de traitement ne peut pas conserver les données  collectées au-delà d’un an. L’employeur est tenu aussi d’informer les salariés utilisant les véhicules pistés. La CNDP (Commission nationale de protection des données personnelles) impose un droit d’information. Une notice doit mentionner le nom du responsable de traitement, le véhicule, la nature des données collectées, leurs destinataires…  En supposant que toutes ses conditions sont remplies, l’Autorité de contrôle (CNDP) exige que toute mise en place d’un dispositif de géolocalisation lui soit notifiée. Est-ce toujours le cas?
S.S.

Le cinéma plus choquant que les maux de la société?

Comment en est-on arrivé là? Etre plus choqué par un film qui dévoile des réalités sombres de notre société que par des maux bien réels. Pourquoi le drame de ces prostituées présentées dans le dernier film de Nabil Ayouch ne choque-t-il personne? Pourquoi une affaire de pédophilie, illustrée par une photo plus que répugnante d’un cheikh en flagrant délit de viol sur un enfant, ne soulève-t-elle pas autant l’opinion publique? Les gangrènes de la société sont banalisées, tues, ignorées… alors que ceux qui en parlent et les dénoncent sont vilipendés. La manière de les évoquer pourrait ne pas faire l’unanimité, mais il n’y a pas de quoi en faire tout un plat. Indignons-nous des vraies horreurs.
A.Z  

 

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