Courrier des Lecteurs

Charlie Hebdo: Tirer les vraies leçons!

Par L'Economiste | Edition N°:4441 Le 15/01/2015 | Partager

- Liberté mais pas pour tous
Pourquoi les médias marocains ont-ils soutenu Charlie Hebdo et pas Dieudonné? Il a été mis en garde à vue en France, son pays (ndlr: il a publié sur son compte twitter: «je suis Charlie Coulibali»). Personnellement, je le trouve mauvais, comme je trouve mauvais les articles de Charlie Hebdo. Mais on ne peut pas faire un soutien mondial à Charlie (je m’associe) et pas à Dieudonné. C’est une contradiction au pays des Lumières.
F. L

- Mezouar: Mauvaise stratégie…
Notre ministre des Affaires étrangères (enfin un ministre des AE qui parle, même si c’est très peu!) n’a pas évalué correctement les risques de la non participation du Maroc à l’immense manifestation de Paris contre le terrorisme. Même le Palestinien Mahmoud Abbas y est allé, en dépit de la présence du Premier ministre sioniste. Maintenant le Maroc va devenir aux yeux du monde le pays qui ne veut pas de liberté d’expression (…) nos voisins algériens s’occupent de répandre ce poison (…)
K. H.

- Mezouar: Bonne stratégie
(…) le ministre Mezouar a bien fait de ne pas aller à la manifestation de Paris. D’abord je veux dire que le terrorisme doit être éliminé sans faiblesses, ni tergiversations. Deuxième point: nous sommes respectueux de l’Islam: pas de caricatures blasphématoires. (…). Troisième point: à voir les officiels qui défilaient, combien d’entre eux sont vraiment adeptes de la liberté de presse et d’expression? On se moque des gens qui souffrent du manque de liberté, des journalistes assassinés dans ces pays. (…). Quatrième point: en France c’est vraiment la liberté à plusieurs vitesses, oui pour les uns, non pour les autres (…). Mezouar ne devait pas aller cautionner tout cela.
M. D.

- Solidarité avec Charlie Hebdo
Le Gouvernement parallèle des jeunes exprime sa solidarité avec le peuple français suite aux attaques terroristes du 7 janvier 2015.
Ibtissame AZZAOUI

- Attention aux amalgames
Le vivre ensemble réclame une «harmonie» des «libertés». Alors oui, je suis pour des lois qui restreignent nos libertés d’expression, mais pas que pour certaines composantes de la société et qui ne sont pas à l’écoute de millions d’autres qui sont blasphémés, offensés, injuriés...
Alors non, je ne suis pas Charlie et non je ne suis pas Kouachi... Mais rien ne justifie ces meurtres. Je compatis avec les familles des victimes de cette tragédie. Mais de grâce, attention aux amalgames entre liberté d’expression et injure offensante blasphématoire. Si scander «je suis Charlie», c’est faire l’apologie du blasphème... alors les terroristes auront gagné... Saoud Mohamed

- Charlie Hebdo: L’Islam n’est pas l’intégrisme
L’attentat de Charlie Hebdo a sali davantage l’image des musulmans aux yeux des Français. Et ceci est bien dommage. Il ne faut en effet pas confondre terrorisme et religion. L’Islam prône des valeurs telles que la paix et le respect de son prochain et n’incite en aucun cas à la violence et à la barbarie. Il est donc à mon sens légitime d’ «être Charlie» et de revendiquer le droit à la liberté d’expression. Cependant, il est également important de condamner le terrorisme et de ne pas considérer les frères Kouachi comme des musulmans mais comme des barbares sans foi ni morale. 
A.F.

- Les leçons du drame de Charlie Hebdo
Si exploité intelligemment, ce qui s’est passé à Charlie Hebdo peut conduire des changements intéressants dans les pays à forte communauté musulmane. Dire clairement qu’une idée, un dessin, c’est beaucoup plus fort que la violence. Finalement, après le massacre, les trois terroristes ont été mis hors d’état de nuire, le canard satirique a été sauvé de la ruine. En somme, c’est la liberté d’expression qui a pris le dessus. Reste à en finir avec le racisme que subissent les musulmans. En les marginalisant, ils deviendront dangereux, tout comme n’importe quelle communauté mise à la marge. C’est aussi le moment pour faire le bilan du sous-développement et la précarité dans les pays arabes qui sont les principales raisons de l’apparition des mouvements extrémistes. 
N.F.

- Condamner, mais…
L’attentat contre Charlie Hebdo et les prises d’otages qui ont suivi sont parfaitement condamnables, mais de là à exiger des excuses de tous les musulmans de la planète, c’en est trop! Les djihadistes tuent beaucoup plus de musulmans que de chrétiens ou juifs. Preuve en est, le massacre perpétré par Boko Haram au Nigeria, le week-end dernier, tuant sans distinction hommes, femmes et enfants. Cette tuerie qui, malheureusement, est loin d’être la dernière n’a suscité aucun élan de sympathie internationale. Condamner l’attaque contre Charlie Hebdo est donc normal, mais gare à stigmatiser tous les fidèles d’une religion, pour les actes d’intégrisme.
T.C.

Opposition solide?

Cher L’Economiste,  d’abord vous dire et à vos lecteurs que j’ai très bien apprécié votre enquête Sunergia sur le gouvernement (ndlr: www.leconomiste.com du 6 janvier 2015). Mais il manquait dans l’analyse de «N.S.» une observation politique: il y a des gens qui disaient qu’il faut laisser faire le PJD, comme ça, tout le monde verra qu’ils sont des incapables sur le plan économique. Ils ont eu tort de penser cela, d’abord parce qu’ils ne sont pas aussi incapables qu’on le disait, et ensuite parce que le jugement de leur capacité dépend d’une opposition solide. Ce que nous n’avons pas. Franchement, autour de moi, on avait pensé que l’arrivée de l’Istiqlal - je suis de ce parti par héritage familial- dans l’opposition allait relever le niveau. Quelle déception!!
Donc il faut tenir compte dans l’analyse de ce que vaut l’opposition. Sinon, on peut être nul et être réélu parce qu’on est seul sur la scène.
H. D.

                                                                                      

Bonne nouvelle, l’Etat ne s’endettera que pour investir

J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt samedi dernier le ministre des Finances à l’Iscae  dont les propos ont été rapportés dans L’Economiste. Dans son intervention, le ministre a livré une première  indication importante. A l’avenir, nous ne  nous endetterons plus pour importer notre alimentation (dettes que nous laissons à nos enfants), mais pour investir. Cette annonce va avoir des répercussions majeures sur l’activité agricole et agroalimentaire de notre pays. Il faudra donc produire notre propre alimentation, ce qui va nécessiter une profonde réorganisation de nos terres agricoles, morcelées et réparties en petits lots.
Je me permets d’émettre  quelques observations quant à la réussite d’un tel challenge. Au cours de l’année écoulée, nous aurions importé pour un milliard de dirhams de lait. Je ne pense pas que l’élevage et la production de lait soient des techniques difficiles à maîtriser. Nous utilisons 250.000 hectares de terres irriguées pour produire 46 tonnes de fourrage par hectare. Nous utilisons également 180.000 hectares de terres bour qui  produisent  près de 20 tonnes à l’hectare. A travers le monde, il est utilisé des chambres de production de fourrage, qui produisent 8 à 9 kg de fourrage par mètre carré, en 8 jours. L’avantage de ces chambres, c’est qu’un mètre carré au sol peut être surmonté de rayonnages qui multiplieront par autant la surface de culture et la production qui va avec. Il en résulte donc qu’un mètre carré produit 80 kg, soit  2,8 tonnes par an, soit la production d’un hectare  sur 2 m² de terrain.
Récupérer 250.000 hectares de terres irriguées pour les affecter à d’autres cultures nous  permettra de réduire nos importations et d’alimenter des usines agroalimentaires locales. Autre avantage, cette production, n’ayant pas subi les attaques de virus et les poussières disponibles en champ, donnera un fourrage de bonne qualité, générant une meilleure production de lait, tant en quantité qu’en qualité.
Tout ceci va naturellement nécessiter de l’eau. Permettons-nous de réfléchir à la source de l’eau. Quelle est-elle? La réponse qui vient à l’esprit, c’est la pluie. Effectivement, et la source de la pluie, c’est la mer et le soleil. De ce côté, nous pensons que nous sommes gâtés. Alors, reproduisons le procédé, en nous inspirant de la production de sel marin. Une nappe d’eau, le soleil multiplié par autant de miroirs solaires que nécessaires et couvrons la nappe par un dôme qui captera l’évaporation et restituera l’eau. Les coûts sont insignifiants et l’investissement est dérisoire.
A.D.

 

- Caïdat, pachalik, commune… coordonnez-vous!
Pourquoi l’administration tient-elle à faire souffrir les citoyens?! Le caïdat et le pachalik de Dar-Bouazza (Casablanca) viennent tous de déménager. Evidemment, sans avertir personne. Ils étaient auparavant réunis, dans les environs de la commune qui, elle, vient d’avoir droit à un bâtiment tout neuf, pas très éloigné de l’ancien. Ce qui facilitait la tâche aux citoyens devant retirer des documents des trois administrations. Aujourd’hui, les distances entre les trois étant longues, les gens sont obligés de se déplacer en voiture. A quoi rime cet éclatement, si ce n’est à rendre les choses plus difficiles… Même les fonctionnaires sont mécontents parce que leurs frais de transport ont augmenté. La gestion de la chose publique semble souvent «aléatoire».
A.Z.

- Ces chères subventions au gaz butane
L’autre information qui nous a été fournie par le ministre, c’est le montant affecté à la subvention au gaz.  Si je ne m’abuse, c’est 15 milliards de dirhams. Ne serait-il pas possible d’affecter une partie de ce budget à installer les systèmes de pompage solaire chez les agriculteurs, qui n’auront plus à utiliser le gaz. Nos importations diminueront, ainsi que nos émissions de CO², et nos agriculteurs, réunis en coopératives, nous permettront de voir le nombre de puits diminuer. Les terres réunies seront d’une surface adéquate pour l’usage d’un seul puits. Cette phase permettra également la construction de bâtiments pour loger cette population et ainsi les enfants auront l’école à proximité.
Nous avons du travail à faire  et bon courage.
D.A.

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