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Société

Discours royal : Architecture inédite pour la protection sociale

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5815 Le 03/08/2020 | Partager
120 milliards de DH seront injectés dans l’économie
Généralisation de la couverture sociale, chantier stratégique étalé sur 5 ans
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«Il nous appartient de saisir l’opportunité de redéfinir l’ordre des priorités, d’asseoir les bases d’une économie forte et compétitive, et de construire un modèle social plus inclusif», a souligné le Roi, après avoir mis l’accent sur les enseignements tirés de la crise du Covid-19 (Ph. MAP)

Aux grands maux, les grands remèdes. Les répercussions de la crise liée à la pandémie du Covid-19 nécessitent un véritable «plan marshall» pour favoriser la reprise économique. Dans son discours de la Fête du Trône, le Souverain a insisté sur «l’ampleur de la crise et ses fâcheuses retombées sanitaires, mais aussi économiques et sociales». Après plusieurs mois d’arrêt d’activité, «les différents secteurs de production ont été profondément affectés, de même que les revenus des familles et le budget de l’Etat». D’où l’importance d’agir sur les deux niveaux, avec des mesures pour booster la reprise des activités productives, mais aussi pour renforcer la protection sociale des ménages. Surtout que la crise a mis en évidence certaines insuffisances, dont la dépendance de certains secteurs aux aléas extérieurs, la taille importante de l’informel, la faiblesse des réseaux de protection sociale… 
Le Roi a appelé à «saisir l’opportunité de redéfinir l’ordre des priorités, d’asseoir les bases d’une économie forte et compétitive et de construire un modèle social plus inclusif». Surtout que la crise actuelle a mis à nu les fragilités de plusieurs catégories sociales, privées de toute protection. Aujourd’hui, l’un des principaux chantiers des cinq prochaines années concerne l’élargissement de la couverture sociale, comme l’a souligné le Souverain. Mais attention: l’implémentation du nouveau dispositif de protection doit éviter les dérapages ou l’instrumentalisation politicienne, a mis en garde le Souverain. D’autant qu’il s’agit d’un dossier qui suscite beaucoup de débats, notamment à l’approche des échéances électorales. Aujourd’hui, le Souverain a été on ne peut plus clair, en traçant le mode opératoire de la réforme du système de couverture sociale. Il s’agit de démarrer le chantier de la généralisation par l’AMO et les allocations familiales, avant de s’attaquer, dans une 2e étape, au dossier de la retraite et de l’indemnité pour perte d’emploi. Le déploiement progressif du nouveau dispositif devra se faire à partir de janvier prochain, selon un plan d’action précis, a annoncé le Souverain. Le gouvernement et les partenaires sociaux sont appelés à élaborer une vision pragmatique globale. Celle-ci doit préciser le planning, le cadre légal et les options de financement. Pour le Roi, ce chantier de généralisation de la couverture sociale doit constituer un levier essentiel d’insertion du secteur informel. Le nouveau Registre social unifié sera l’un des principaux mécanismes de mise en œuvre de cette réforme. La loi relative au système de ciblage des bénéficiaires des programmes sociaux, prévoyant la mise en place de ce Registre, a été adoptée par les deux Chambres du Parlement. Son entrée en vigueur est liée à la mise en place d’une série de décrets d’application. Le nouveau dispositif de ciblage sera décisif dans le processus de généralisation annoncé par le Roi. Surtout qu’il permettra d’identifier les ménages devant bénéficier de l’appui de l’Etat, sur la base d’un système de notation. L’idée est d’éviter la reproduction des scénarios ayant plombé certains programmes sociaux comme le Ramed, qui a été fragilisé par une série de dysfonctionnements. Désormais, en vertu du nouveau système de ciblage, l’Etat pourra, via l’Agence nationale des registres, vérifier l’identité des bénéficiaires des programmes d’aide publique et la véracité des informations fournies. Chaque personne inscrite au Registre social de la population, un mécanisme également prévu par cette loi, disposera d’un identifiant digital unique. Le système de notation qui sera mis en place, prendra en compte la situation sociale de chaque ménage, selon une formule de calcul qui sera définie par décret. L’idée est d’aboutir à la mise en place d’une liste des ménages, qui sera d’une grande utilité dans le processus d’élargissement de la couverture sociale. 

  • Un Fonds d’investissement pour booster l’économie

Environ 120 milliards de DH seront injectés dans l’économie, soit 11% du PIB. C’est l’une des principales annonces du discours du Trône. Ce montant servira au financement du Plan de relance économique. L’idée est de «permettre aux secteurs de production de se remettre d’aplomb et d’accroître leur capacité à créer des emplois et à préserver les sources de revenu». En plus des financements, il s’agit également de déployer des dispositifs d’incitation, pour accompagner les entreprises, particulièrement les PME. La mise en marche du nouveau plan de relance passera par la création d’un Fonds d’investissement. En plus de la participation de l’Etat, ce Fonds devra aussi compter sur la coordination et la rationalisation des fonds de financement, a expliqué le Souverain.  Il aura pour mission «l’appui aux activités de production, d’accompagnement et de financement des grands projets d’investissement public-privé dans une diversité de domaines». 

  • Nouveaux financements pour la CCG

5 milliards de DH seront transférés à la Caisse centrale de garantie. Ce montant permettra à la Caisse de jouer un rôle plus efficace dans l’appui à la relance économique. Surtout avec la récente réforme des statuts de la Caisse, qui a été transformée en SA. Le dahir relatif à cette refonte a été publié au Bulletin officiel du 27 juillet dernier. L’intervention de la CCG devra compléter les mesures lancées dans le cadre du Fonds spécial Covid-19. Celui-ci a permis la mobilisation de 33,7 milliards de DH. Les dépenses engagées jusqu’à aujourd’hui ont atteint 24,65 milliards de DH.

  • Secteur public: Revigorer le mammouth 

Les efforts de relance économique doivent s’accompagner d’une refonte profonde du secteur public. Le Souverain a insisté sur l’urgence de corriger les dysfonctionnements structurels des entreprises et établissements publics. C’est décisif pour rehausser leur efficience économique et sociale. Désormais, c’est la nouvelle Agence nationale qui sera chargée de la gestion des participations de l’Etat. Elle mènera également le suivi des performances des établissements publics. 

Covid-19 : Surtout ne pas baisser la garde!

«Face aux signes de relâchement constatés, j’appelle à la vigilance, à la solidarité, au respect des mesures sanitaires et à l’élaboration d’un plan qui maintienne la nécessaire mobilisation». Le Souverain a insisté sur la nécessité de ne pas baisser la garde. L’objectif est de capitaliser sur les acquis de la période précédente et «d’affronter, le cas échéant, une éventuelle seconde vague de la pandémie». Le Souverain a affirmé comprendre qu’en «de pareilles circonstances, tout être humain est saisi d’effroi ou, du moins, d’inquiétude». Mais, la confiance et l’optimisme restent de mise, notamment après l’adoption de «mesures et décisions cruciales dès les premières manifestations de la pandémie».  

 

M.A.M.

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