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Les pilotes de ligne formés par l’Armée de l’air

Par Amin RBOUB | Edition N°:5799 Le 08/07/2020 | Partager
Ils auront le statut d’officier de réserve
Un garde-fou contre la surenchère syndicale et la prise en otage de la RAM

C’est officiel, la formation des pilotes de ligne relèvera désormais de l’Armée de l’air. Le Conseil des ministres, tenu lundi 6 juillet, a approuvé un projet de décret qui confie désormais la formation des pilotes de ligne aux académies et bases des Forces royales air (FRA).

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Le mythique C130 Hercules des Forces royales air (FRA). Un avion américain ravitailleur d’une forte capacité et robustesse qui fait la fierté des pilotes marocains (Ph. AR)

Ainsi, les compagnies de l’aviation civile, et à leur tête la RAM, devront obligatoirement confier la formation de leurs pilotes aux écoles et instructeurs militaires. A cet effet, des synergies seront opérées entre la RAM et l’école militaire de l’air pour le partage d’expertise, les modules de formation, les formateurs, les équipements (simulateur, avions, installations...)

Ce changement intervient dans un cadre contractuel entre l’Administration de la Défense nationale et les compagnies marocaines de transport aérien. Le projet de décret annonce aussi «une réorganisation de l’école royale de l’air afin de permettre aux compagnies civiles nationales de bénéficier de l’expertise des Forces royales air à travers la formation des pilotes de ligne», lesquels auront désormais le statut d’officier de réserve, avec la rigueur, les devoirs et obligations de citoyenneté d’un militaire gradé.

«Nous avons déjà le statut d’officier de réserve, puisque nous avons tous passé le service militaire», tient à préciser un pilote de ligne. Sauf que ce statut a été suspendu en 1995. Il va sans dire, les enjeux de cette décision sont multiples: économiques, académiques sécuritaires... pour une activité sensible et hautement stratégique.

«C’est aussi une manière de contrecarrer toute surenchère syndicale, la prise en otage de la RAM ou encore les mouvements de grève susceptibles de paralyser le trafic aérien», confie une source auprès de RAM. Selon un ancien cadre dirigeant: «Les pouvoirs publics ont tiré des enseignements des décennies de bras de fer, de surenchères syndicales et de grèves perlées, voire déguisées ou encore des mouvements de zèle pour n’importe quel motif, soit salarial, soit organisationnel... afin d’arracher des avantages».

D’autant plus que l’association des pilotes avait pendant longtemps la mainmise sur la formation. «L’admission par RAM Academy, le processus de formation ou encore le choix des candidats étaient entièrement contrôlés par la corporation des pilotes», poursuit la même source. Le lobbying de l’association des pilotes avait fait pression pour que RAM ne recrute pas auprès de la seule école privée de Benslimane.

Et d’ajouter: «Le plan social de la RAM est un premier message fort de l’Etat pour verrouiller une activité hautement sensible». Les anciens pilotes de ligne et ceux déjà en exercice ne sont pas concernés par cette mesure. Seules les nouvelles recrues devront intégrer la formation à l’école militaire des FRA.

L’AMPL désappointée

Auprès de l’AMPL, les pilotes sont sous le choc. La décision est tombée comme un coup de massue.  Contactés par L’Economiste à plusieurs reprises, des membres de l’Association marocaine des pilotes de ligne se refusent à tout commentaire. Officieusement, quelques membres de la corporation se lâchent... Selon le témoignage d’un pilote, «la formation auprès des Forces royales air est plutôt une bonne initiative. Car la formation d’un pilote à l’étranger coûte au moins 1,8 million de DH». Ce qui exclut de facto les jeunes méritants issus de familles modestes.

Amin RBOUB

 

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