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Economie

Hydroxychloroquine et chloroquine: Le Maroc maintient son traitement

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5769 Le 27/05/2020 | Partager
«Les avis divergent…la Chloroquine intervient dans l’inactivation virale», confie Aït Taleb
Le ministre de la Santé s’aligne sur les convictions de l’infectiologue français Didier Raoult
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Pour Khalid Aït Taleb, «Les avis sur l’usage de la chloroquine dans le traitement du Sars-Cov-2 divergent. Mais, l’essentiel est que ce traitement intervient dans l’inactivation virale», confie à L’Economiste, le ministre de la Santé (Ph. L’Economiste)

C’est une question qui, depuis quelques semaines, divise les scientifiques. L’usage de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine dans la lutte contre le Covid-19 fait débat. L’OMS vient d’en suspendre les essais. Surtout après la publication d’une étude dans «The Lancet», une revue respectée dans le domaine de la recherche scientifique, qui souligne le risque de décès associé à ce traitement.

Trois jours après cette parution, l’OMS a décidé, lundi soir, de suspendre «temporairement» toutes les études menées avec l’hydroxychloroquine et la chloroquine dont elle est partenaire. En France, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) veut aussi limiter son utilisation Au Maroc, les autorités sanitaires maintiennent leur traitement. Décryptage. 

■ Le Maroc ne changera pas son protocole de traitement
Le Maroc qui a généralisé le traitement à la Chloroquine n’adhère pas aux conclusions de l’étude de la revue britannique «The Lancet» ni à la décision de l’OMS concernant la suspension «temporaire» des études menées avec l’hydroxychloroquine et la chloroquine. «Les avis divergent. Mais, l’essentiel est que la chloroquine intervient dans l’inactivation virale», confie à L’Economiste Khalid Aït Taleb. Selon les explications du ministre de la Santé, «le virus infecte l’hôte en s’introduisant dans la cellule en plusieurs étapes. Une des étapes est inhibée par la chloroquine». D’ailleurs, sur les 7.556 cas de Covid-19 recensés au Maroc (à date d’hier 26 mai 2020, à 10H), 4.841 sont guéris en suivant le protocole à la chloroquine. Les autres sont en cours de traitement. Pour rappel, vu les effets positifs sur les patients traités selon le protocole adopté par le comité scientifique, Khalid Aït Taleb avait acté, le 8 avril dernier, le «démarrage du traitement à la chloroquine et le contrôle de guérison chez les patients de Covid-19». Le ministre de tutelle avait ainsi autorisé ce traitement pour les cas possibles de Covid-19 symptomatiques, sans attendre les résultats de virologie, et tout en envisageant l’arrêt du traitement si le test s’avère négatif.

■ Les avis divergent et le feuilleton continue
Le traitement du Covid-19 partage les scientifiques. D’un côté, il y a l’illustre professeur français, Didier Raoult, qui encourage le traitement à la chloroquine… De l’autre, des chercheurs réticents qui attendent humblement les résultats probants d’une étude clinique afin d’établir un lien formel de causalité. Et il n’en fallait pas plus qu’une publication du «Lancet» pour semer le doute et alimenter la polémique. En France, le ministre de la Santé a demandé à ce que les règles de prescription de ce traitement soient revues. La contre-attaque du célèbre infectiologue marseillais Pr Didier Raoult ne s’est pas faite attendre. «Je ne vais pas changer d’avis parce qu’il y a une étude foireuse faite avec les Big data qui raconte autre chose, quel que soit le journal dans lequel elle passe», affirme Didier Raoult, évoquant, encore, une «fantaisie complètement délirante». Même son de cloche auprès du Dr Mounir Mikou, médecin anesthésiste et réanimateur à Fès, pour qui «l’étude publiée dans la revue britannique montre que le feuilleton continue». «Seuls les fameux essais cliniques randomisés en double aveugle permettraient en effet d’établir un lien formel de causalité», ajoute Dr Mikou. Toutefois, selon lui, «le Maroc a bien raison de maintenir son protocole de traitement qui a prouvé son efficacité thérapeutique». «Comme plusieurs scientifiques, je veux crier mon ras-le-bol quant aux contre-vérités qui entourent cette maladie et cette multitude d’études qui nous mettent dans la confusion et engendrent un manque de confiance et de crédibilité», déplore-t-il.

■ Implications de toutes les preuves disponibles
L’étude menée sur 96.000 personnes publiée par «The Lancet» évoque les implications de toutes les preuves disponibles. «Nous n’avons trouvé aucune preuve du bénéfice de l’hydroxychloroquine ou de la chloroquine lorsqu’ils sont utilisés seuls ou avec un macrolide. Les preuves antérieures provenaient soit de petites études anecdotiques, soit de petits essais randomisés non concluants. Notre étude a inclus un grand nombre de patients dans plusieurs régions géographiques et fournit les preuves les plus solides du monde réel à ce jour sur l’utilité de ces schémas thérapeutiques», souligne l’étude. Une conclusion «sérieusement» prise en compte par l’OMS décidant de suspendre temporairement «ses essais avec la chloroquine».

Didier Raoult Vs le reste du monde

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La décision de l’OMS de suspendre l’hydroxychloroquine ne déstabilise en rien le Pr Didier Raoult. Pas du tout convaincu, le fervent défenseur de la chloroquine, a même vivement critiqué les conclusions de l’étude menée par The Lancet. Surtout que les derniers chiffres montrent que la pandémie s’essouffle presque partout dans le monde. Sous l’intitulé «4.000 patients traités VS Big Data : qui croire?», l’infectiologue français affirme, dans une vidéo postée le 25 mai 2020 que «l’épidémie est en train de se terminer». Il oppose «ces données dont on ne connaît pas la qualité, qui mélangent des traitements dont on ne connaît pas la dose administrée», à, la sienne, basée sur un échantillon «réel» de 4.000 malades et qui devrait être mise en ligne sous peu. «Et les résultats ont été probants», explique Didier Raoult.
 Il rappelle d’ailleurs à ce titre que tout médicament mal utilisé, ou à des doses massives peut causer  un désastre. «Le Doliprane est plus dangereux que l’hydroxychloroquine», estime Pr Raoult dans sa vidéo (d’une dizaine de minutes) consultée plus de 434.000 fois à l’heure où nous écrivons ces lignes. «C’est même la première cause d’intoxication dans les pays modernes au monde. C’est dangereux le Doliprane. Ça tue beaucoup», ajoute-t-il.

Youness SAAD ALAMI

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