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Société

L’ISGA reçoit l’as du laser

Par Karim Agoumi | Edition N°:5716 Le 11/03/2020 | Partager
L’école d’ingénierie a invité le prix Nobel de physique 2018 Gérard Mourou
Le chercheur a initié plus de 100 étudiants à sa technique utilisant la lumière «extrême»
Chirurgie ophtalmologique, protonthérapie, transmutation des déchets radioactifs… Les applications de son invention
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L’Institut supérieur d’ingénierie et des affaires (ISGA) a récemment invité le prix Nobel de physique 2018 Gérard Mourou. Une rencontre qui a permis à plus d’une centaine d’étudiants passionnés de découvrir le fonctionnement mais aussi les domaines d’applications de son invention révolutionnaire : un laser surpuissant fonctionnant à la lumière dite «extrême» (Ph. Khalifa)

Sensibiliser les jeunes ingénieurs en herbe sur l’intérêt de la recherche scientifique sur le plan environnemental mais aussi médical. C’est dans cette optique que l’Institut supérieur d’ingénierie et des affaires (ISGA) de Casablanca a récemment invité l’un des trois Prix Nobel 2018 de physique Gérard Mourou.

L’occasion pour ce chercheur mondial enseignant à l’école Polytechnique de Paris de présenter l’invention qui lui a valu cette distinction prestigieuse – un laser fonctionnant à la lumière dite «extrême» – et d’échanger avec les étudiants sur le travail de toute une vie.

La technique en question – portant l’appellation anglophone «Chirped Pulse Amplification (CPA)» - consiste en un laser surpuissant agissant dans des laps de temps relativement brefs. «Ce laser d’un nouveau genre permet de produire des impulsions ultracourtes dont la puissance – considérable et de l’ordre du pétawatt - dépasse de 1000 fois celle du réseau électrique mondial», confie le spécialiste du sujet.

«Une prouesse qui ne peut néanmoins être utilisée et maîtrisée que durant un milliardième de millionième de seconde, soit une femtoseconde», ajoute Mourou. Pour obtenir un tel résultat, les chercheurs étirent ces impulsions dans le temps, avant de les amplifier et de les compresser à nouveau. Ce qui a nécessité bon nombre d’essais en laboratoires avant d’y parvenir. «Pour arriver à créer un tel laser, nous avons augmenté ponctuellement l’intensité et détérioré par la même occasion pas mal de matériel», explique le chercheur.

Une invention dont la portée a tout d’abord été médicale, servant en premier lieu la chirurgie ophtalmologique. «L’idée de desservir ce domaine d’application m’est venu à la suite d’un simple accident de travail, durant lequel l’un de mes étudiants a reçu le laser dans l’œil. Après avoir conduit ce dernier à l’hôpital, nous avons constaté avec étonnement que l’état de sa rétine était absolument parfait», souligne l’expert.

L’invention, qui permet de réaliser des découpes particulièrement exactes et d’améliorer ainsi sensiblement la vue des patients, agit ainsi comme un bistouri infiniment plus précis que les modèles «traditionnels». Un procédé qui a déjà convaincu pas moins de 20 millions d’individus depuis sa création. Toujours dans le milieu médical, le CPA a également prouvé son efficacité pour détruire des cellules cancéreuses lors de protonthérapies.

«La technique brûle directement la tumeur visée sans affecter le tissu présent sur le parcours, d’où son intérêt», explique ainsi Mourou. Mais la portée est également à caractère environnemental. En effet, le «super laser» pourrait s’avérer très utile pour réduire la durée de vie des déchets radioactifs, et donc contribuer à les détruire. Ce qui nécessite toutefois d’accroître considérablement la puissance d’impulsion du laser.

Une rencontre destinée à plus d’une centaine de lycéens et d’étudiants spécialisés en ingénierie ou destinés à l’être. Objectif: leur ouvrir les yeux sur les enjeux de la recherche et les inspirer à suivre la même voie que le chercheur récompensé par le précieux label. «Nos jeunes ont besoin de voir grand et de prendre conscience des bienfaits de la science pour l’humanité», confie ainsi le fondateur de l’établissement Mohammed Diouri.

Karim AGOUMI

 

 

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