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    Analyse

    Offshoring: Le challenge de la montée en compétences

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5689 Le 03/02/2020 | Partager
    Pénurie de ressources qualifiées
    Attention à la concurrence de l’Afrique de l’Ouest

    Pour la petite histoire... L’offshoring a près de 20 ans au Maroc. A l’instar de ses salariés, c’est un secteur jeune qui a été créé au début des années 2000, juste au moment de l’avènement d’Internet au Maroc. Les premières expériences ont démarré avec des centres d’appels çà et là dans les grandes agglomérations.

    L’arrivée du groupe Dell en 2002 à Casablanca a conforté ce choix. Au fur et à mesure, d’autres acteurs de référence parient sur le Maroc (Capgemini, Atos...). S’ensuivra la phase du Plan Emergence (2005-2014) qui a favorisé un engouement pour la destination. La vitesse de croisière se déploie avec l’arrivée d’acteurs de référence (Capgemini, CGI, Atos...). Juste après, l’accélération des implantations a été enclenchée par le PAI (2014-2020).

    A l’origine de cette dynamique, une série de facteurs: un cadre légal et fiscal incitatif, des sites attractifs, des incentives, des subventions directes aux investisseurs-employeurs... Prochaine étape: une nouvelle mouture du PAI en cohérence avec les tendances mondiales marquées par la transformation digitale, l’accélération, le big data, le cloud, la technologie, l’intelligence artificielle...

    De l’avis d’experts, le Maroc a réalisé certes des exploits les 20 dernières années, il a créé des destinations dédiées avec un bon positionnement international et un rythme d’investissements assez soutenu et surtout la création de milliers d’emplois (100.000 postes)... Mais désormais il va falloir capitaliser sur les acquis, voire anticiper l’avenir pour être au diapason avec l’offre internationale. Autrement dit, monter en gamme, en compétitivité et en valeur ajoutée.

    En clair, saisir une nouvelle génération d’opportunités qui collent aux tendances technologiques mondiales.  «Structurer les métiers avec une forte dose de compétitivité et d’innovation. Expérimenter les gisements de marché dans le cloud, la 5G, l’Internet des objets, la data, la mobilité... Il va falloir anticiper les offres de demain pour rassurer et capter les donneurs d’ordre», préconise un expert dans l’outsourcing.

    Il va sans dire, l’avènement de la 5G dans les télécoms apportera dans son sillage des gisements de business sur les objets connectés, notamment dans des domaines tels que la santé, l’éducation, l’automobile...

    Parmi les clés du succès, un saut qualitatif avec des standards de classe mondiale, des ressources hautement qualifiées... Aujourd’hui, nombreux sont les opérateurs qui se plaignent de la rareté des ressources disposant à la fois d’un background culturel et d’une bonne maîtrise de la technologie. «Il est dommageable que le secteur puisse freiner un jour parce qu’il ne dispose pas de RH suffisamment qualifiées», regrette un expert.

    Justement, pour monter en gamme, un pool de RH qualifiées s’impose et surtout des possibilités de reconversion des jeunes diplômés, les profils intermédiaires (Bac+2 et +3 surtout). Le problème des RH ne se pose pas avec les ingénieurs mais plutôt avec la qualité des profils bac+2 et 3, admet un opérateur.

    Le Maroc est aussi appelé à résoudre l’équation de la fuite des ingénieurs. Sur ce phénomène inquiétant, les décideurs politiques devront  trouver les mécanismes pour capter et retenir les jeunes, leur offrir des opportunités attractives, des évolutions de carrières...

    Autre défi et non des moindres, la protection des données, le peu de diversification de l’offre Maroc et surtout la forte dépendance au marché français. «Il va certes falloir se diversifier sur d’autres marchés, mais sans se déconnecter de l’Hexagone», recommande le même expert. Il y a aussi le challenge du multilinguisme avec des ressources qui maîtrisent plusieurs langues avec une forte sensibilité aux différentes cultures.

    Le constat aujourd’hui est que des donneurs d’ordre se posent des questions sur la compétitivité de l’offre Maroc. Et ce, dans un contexte de montée en compétences de concurrents comme la Tunisie et l’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Madagascar, île Maurice...) qui disposent de ressources de formation solide, une parfaite maîtrise de la langue de Molière sur fond d’un rapport qualité/prix des plus compétitifs.

    «Boxer dans la cour des grands»

    En résumé, le secteur affiche un réel potentiel avec des indicateurs au vert. Mais il s’impose désormais de négocier le virage de la montée en valeur ajoutée. Et là, la matière première n’est autre que la qualité des RH. Ce qui revient à dire que le défi est d’investir dans la formation, pour monter en expertise et en valeur dans tous les métiers. L’enjeu est de pérenniser la destination Maroc, muscler les offres pour pouvoir boxer dans l’arène des grands.

    Amin RBOUB

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