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International

FMI: Des perspectives mi-figue mi-raisin

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5680 Le 21/01/2020 | Partager
Timides signes de stabilisation, reprise poussive?
Les experts du Fonds pointent du doigt les risques
Et c’est parti pour le Forum de Davos
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Après la Banque mondiale (cf. notre édition du 14/01/2020) c’est au tour du FMI de publier sa mise à jour des perspectives économiques mondiales. Celles-ci sont diffusées en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial prévu du 21 au 24 janvier à Davos en Suisse. «Certains risques se sont partiellement dissipés avec l’annonce de la première phase d’un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine et une diminution de la probabilité d’un Brexit dur. La politique monétaire a continué de soutenir la croissance et de favoriser des conditions financières avantageuses. Cette évolution révèle à présent des signes timides de possible stabilisation de la croissance mondiale, bien qu’à des niveaux modérés…», a indiqué Gita Gopinath, conseillère économique et directrice du département des études du FMI. Les risques sont en repli mais restent importants.

■ A quoi s’attendre: La croissance mondiale devrait passer, selon les estimations, de 2,9% en 2019 à 3,3% en 2020, puis à 3,4% en 2021. Ce qui représente une révision à la baisse de 0,1 point de pourcentage pour 2019 et 2020 et de 0,2 point de pourcentage pour 2021 par rapport aux prévisions des Perspectives de l’économie mondiale d’octobre. Quant à la croissance dans la région Moyen-Orient et Asie centrale, elle devrait s’établir à 2,8% en 2020 (0,1 point de pourcentage de moins par rapport aux PEM d’octobre) et monter à 3,2% en 2021. Cet ajustement pour cette année tient principalement à une révision à la baisse de la projection de l’Arabie saoudite. Et ce, en raison du ralentissement attendu de la croissance de la production pétrolière à la suite de la décision prise en décembre par l’OPEP+ de reconduire les réductions de l’offre. Les perspectives de plusieurs pays restent moroses en raison d’une montée des tensions géopolitiques (Iran), d’une agitation sociale (notamment en Irak et au Liban) et de troubles civils (Libye, Syrie, Yémen)… En ce qui concerne l’économie marocaine, le FMI avait déjà prédit dans ses récentes projections un taux de croissance de l’ordre de 3,7% en 2020. 

■ Tensions géopolitiques…: Leur montée notamment entre les Etats-Unis et l’Iran, pourrait perturber l’offre mondiale de pétrole, nuire à l’état d’esprit et affaiblir les investissements déjà timides des entreprises. En outre, l’intensification des troubles sociaux dans de nombreux pays (qui témoigne dans certains cas de l’érosion de la confiance dans les institutions établies et du manque de représentation dans les structures de gouvernance) pourrait perturber l’activité, compliquer les efforts de réforme, assombrir l’humeur des marchés et conduire ainsi à une croissance plus faible que prévu. A cela s’ajoutent les difficultés spécifiques des principaux pays émergents.

■ … et commerciales: Le relèvement des barrières tarifaires entre les Etats-Unis et leurs partenaires commerciaux, notamment la Chine, a nui au climat des affaires et aggravé les ralentissements cycliques et structurels observés dans de nombreux pays au cours de l’année écoulée. Les différends se sont étendus au secteur technologique, mettant en péril les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les motifs invoqués pour justifier le protectionnisme comprennent désormais des considérations liées à la sécurité nationale ou à la monnaie. Les perspectives dépendront aussi de la suite des négociations en cours entre les Etats-Unis et la Chine. Les experts pointent du doigt une nouvelle détérioration des relations économiques entre les Etats-Unis et leurs partenaires commerciaux (par exemple, sous la forme de frictions entre les Etats-Unis et l’UE), ou des liens commerciaux entre d’autres pays. Une situation qui pourrait compromettre l’amorce d’un rebond de la production, de la croissance et du commerce à l’échelle mondiale.

■ Impact sur les marchés financiers: Si l’un ou l’autre de ces risques venait à se concrétiser, il pourrait faire varier brusquement l’état d’esprit des marchés financiers, provoquer des réaffectations de portefeuilles vers des actifs sûrs et accroître les risques de refinancement pour des emprunteurs (entreprises ou Etats) vulnérables. Un resserrement généralisé des conditions financières mettrait en évidence les vulnérabilités qui se sont accumulées au fil des années de bas taux d’intérêt et réduirait davantage les dépenses en machines, en matériel et en biens de consommation durables. La faiblesse du secteur manufacturier qui en résulterait pourrait finir par s’étendre aux services et entraîner un ralentissement plus général.

■ Les catastrophes météorologiques: Tempêtes tropicales, inondations, vagues de chaleur, sécheresses et incendies de forêt… ont coûté cher en vies humaines et en moyens de subsistance dans de nombreuses régions au cours des dernières années. Le changement climatique, à l’origine de la fréquence et de l’intensité accrues de ces catastrophes, met déjà en péril la santé et les résultats économiques, et pas uniquement dans les régions directement touchées. D’ailleurs, les menaces graves pour le climat représentent l’intégralité des principaux risques à long terme repris dans le «Global Risks Report 2020» (cf. notre édition du 16/01/2020). Il pourrait poser des problèmes à d’autres régions qui n’en ressentent peut-être pas encore directement les effets. Ceci notamment en accroissant les migrations internationales ou les tensions financières (par exemple, dans le secteur des assurances).

Priorités

- Il est essentiel de resserrer la coopération multilatérale et de procéder à un dosage plus équilibré des politiques économiques au niveau national. Ceci en fonction de la marge de manœuvre monétaire et budgétaire disponible, pour accroître l’activité économique et prévenir les risques de ralentissement.
- Renforcer la résilience financière, accroître le potentiel de croissance et parvenir à une meilleure inclusion demeurent des objectifs primordiaux.
- Il faut renforcer la coopération internationale dans de nombreux domaines afin de remédier aux causes de friction concernant le système commercial fondé sur des règles, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de renforcer l’architecture de la fiscalité internationale.
- Les mesures prises au niveau national devraient soutenir la demande en temps voulu si nécessaire, au moyen des leviers budgétaires et monétaires que la marge de manœuvre disponible permet d’actionner.

Fatim-Zahra TOHRY

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