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    Analyse

    Commerce extérieur/Blockchain: Les multiples challenges à relever

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5661 Le 24/12/2019 | Partager
    Le patron de PortNet établit une cartographie des risques
    Désintermédiation, simplification, optimisation des process… les enjeux
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    De nombreuses banques testent le traitement de leurs crédits documentaires, rouage essentiel du financement du commerce international, via la technologie blockchain. Les établissements bancaires comptent ainsi réduire les durées des transactions, les coûts et risques associés

    La blockchain présente un intérêt majeur pour les exportateurs marocains. Cependant, les ardeurs d’opérateurs-clés comme PortNet semblent freinées par les problématiques sécuritaires, suite à de récents scandales et affaires de délinquance financière.

    «Nous sommes sur plusieurs initiatives avec des partenaires et regardons cette technologie de très près au niveau de PortNet. Mais il faut préciser que la blockchain répond en premier lieu à la problématique de confiance entre acteurs d’une plateforme. S’il n’y a pas de problèmes liés à l’identité des acteurs intervenants dans un processus, il n’y a pas d’intérêt à investir», explique Jalal Benhayoun, DG de PortNet(1).

    La technologie étant basée sur la distribution du stockage, «acceptons-nous que nos données soient stockées chez d’autres, même si elles sont cryptées? Acceptons-nous le risque que quelqu’un puisse casser ce cryptage et accéder à nos données? Il faut décider en connaissance de cause. Tous ces aspects doivent être analysés», explique le patron du guichet unique du commerce extérieur.

    Autre risque et non des moindres: l’on ne peut pas modifier les données remontées, donc pas droit à l’erreur, notamment lors d’envoi de doublon. S’y ajoute la non-prise en compte du droit à l’oubli, comme la possibilité pour un individu de demander le retrait de certaines informations qui pourraient nuire à son institution ou ses produits et services.

    Le risque de bug figure également dans la cartographie des risques. «En cas de bug, la seule solution est de remplacer toute la chaîne (hard force). Nous sommes forcés d’utiliser cette technologie, mais il faut juste mettre les garde-fous pour que l’usage soit un succès», recommande Benhayoun.

    L’intérêt de la technologie blockchain est de décentraliser la chaîne de confiance, simplifier les opérations de financement du commerce international grâce à des registres distribués (plus connu sous le nom de ledger/livre comptable) (voir aussi notre analyse dans le spécial Digital publié dans notre édition n° 5657 du 18/12/2019).

    Il y a cependant de multiples challenges à relever. Parmi eux figurent le cadre légal pour approuver les transactions, l’automatisation des contrats (smart contrat). S’il y a plusieurs blockchains, il faut qu’elles puissent communiquer entre elles. «Il faut également un consensus des autorités portuaires et douanières internationales pour standardiser l’information à remonter», explique Adil Raissouni, responsable Etudes et Développement SI à TangerMed SA.

    La blockchain apporte une dimension fondamentalement «disruptive», à savoir la possibilité de se passer d’intermédiaires (banques pour la monnaie et les actifs financiers, notaires pour les actes notariés). Dans un rapport récent, l’Institut royal des études stratégiques (IRES) parle de risque important pour le secteur bancaire: «ses potentialités sont probablement déstabilisantes, en particulier du fait de son potentiel de désintermédiation».

    En sa qualité de président de l’Association des freight forwarders du Maroc (AFFM), Rachid Tahri soulève la question de la pérennité des métiers d’intermédiaires: «Garderons-nous les mêmes ressources humaines? Est-ce que des métiers vont disparaître?» Le président de l’AFFM admet tout de même que «la technologie pourrait être utile au niveau de la rapidité et la célérité de traitement (remboursement) des dommages».

    Pour Mamoun Taheri Joutei, directeur du Centre d’intelligence économique de BMCE: «L’impact de cette technologie se fera sentir dans notre quotidien à partir de la fin des années 2020. Il est pour l’heure prématuré d’imaginer ce que sera la blockchain de demain». Malgré qu’elle ne soit pas encore mature, la blockchain est déjà réelle, notamment au port d’Anvers (Belgique).

    La plateforme portuaire belge utilise différentes blockchains pour traiter une variété de problèmes liés à la logistique portuaire. Cependant, la mise en place requiert des investissements lourds. L’intérêt de la technologie réside dans l’optimisation des process et l’efficacité des échanges extérieurs.

    «Si techniquement nous arrivons à automatiser le traitement administratif des documents commerciaux lié au fret maritime, le gain immédiat sera de l’ordre de 20% en termes de coûts», explique Mamoun Taheri Joutei.

    Top 7 des activités concernées

    Il y a tout de même un intérêt réel à utiliser la blockchain pour un certain type d’opérations où l’on peut aisément se passer du papier. Dans le top 7 des activités, figurent les métiers de tiers de confiance, assurés notamment par les banques et assurances (contre les sinistres, les annulations de vols, crédit documentaire…). La technologie pourrait également être utile pour le cadastre, transfert d’actifs, smart contracts (programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat), process administratifs (reporting, compliance, paiements d’intérêts/dividendes…), transport ou encore la santé.

    M.Ko.

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    (1) La déclaration a été faite lors de la conférence-débat organisée le 18 décembre par l’Asmex et BMCE Bank of Africa.

     

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