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    International

    Droits voisins: Google nargue les éditeurs

    Par L'Economiste | Edition N°:5606 Le 03/10/2019 | Partager
    Indexation des articles dans le moteur de recherche, valorisation des contenus …
    Le géant américain propose un «marché de dupes»
    Les éditeurs de presse européens et américains solidaires

    Le ton monte entre Google et les éditeurs de presse français. Ceux-ci considèrent que le géant américain joue de sa suprématie pour faire pression sur eux et contourner la loi sur les droits voisins adoptés en mars dernier, après une bataille au Parlement européen. Une loi instaurant un droit voisin au droit d’auteur pour la presse en ligne a pourtant été votée en France, transposant une directive européenne.

    Ce droit instaure un droit à rémunération des éditeurs de presse pour l’indexation de leurs articles dans le moteur de recherche. Une mesure censée aider les entreprises de presse à faire rémunérer la reprise de leurs contenus sur les plateformes en ligne et autres agrégateurs.

    Quelques semaines avant son entrée en vigueur (le 24 octobre), Google en fait sa propre interprétation en affirmant qu’à cette date, il ne paierait pas les éditeurs pour l’indexation de leurs articles. Pour la presse, la sortie du moteur de recherche est synonyme de la perte d’environ 30 ou 40% du trafic.

    La France ayant été la première à transposer la loi européenne par une directive nationale, Google veut en faire un cas d’école. L’enjeu est la visibilité dans les résultats de recherche ou la renonciation par avance à la rémunération qui naîtrait de la reconnaissance de leur droit. Chaque mois, Google est à l’origine de 25 milliards de visites sur les sites de presse, 8 milliards rien que dans l’Union européenne.

    Dans ce bras de fer, les éditeurs sont en situation de dépendance économique. En effet, Google et Facebook s’adjugent 80% du marché publicitaire sur tous les écrans (mobile, ordinateurs…). Ce chiffre monte à 90% sur les seuls mobiles. Pour justifier sa décision, le géant américain fait valoir que le trafic qu’il oriente vers les sites des éditeurs augmente leurs revenus publicitaires.

    Raisonnement que ces derniers réfutent: «Ce raisonnement est erroné. Le sujet actuel, c’est de rémunérer un droit voisin, pas de générer du chiffre d’affaires par des recettes publicitaires. Google mélange sciemment deux sujets complètement différents: d’un côté, la propriété intellectuelle, de l’autre, la valorisation publicitaire de l’audience générée par le moteur de recherche», nuance Pierre Louette, PDG du groupe Les Echos-Le Parisien, chargé d’une mission sur les droits voisins au sein de l’Alliance de la presse d’information générale. Soutenus par les confrères européens et américains, les éditeurs de presse français sont déterminés à rester solidaires.

    Pour autant, ceux-ci ne ferment pas la porte à la négociation. Les éditeurs restent ouverts à discuter différentes formes d’accords: mécanismes de rémunération forfaitaire, accord de valorisation des contenus... Ils examinent également toutes les formes de recours juridiques possibles. L’adoption du droit voisin en France ouvre le bal à d’épineuses négociations entre la presse et les GAFAM.

    Règles du jeu

    Fin septembre, Richard Gingras, vice-président de Google en charge de l’information, a présenté les nouvelles règles à la presse. Les éditeurs basés en Europe devront désormais décider individuellement si, en France, des extraits de leurs infos (textes, vidéos...), ou «snippets», et autres images miniatures (ou «thumbnails») continueront d’apparaître, dans les résultats de recherche, à côté des liens renvoyant vers leurs sites. Pour les éditeurs qui accepteront, ces extraits s’afficheront sans qu’ils soient rémunérés. S’ils le refusent, ces contenus ne s’afficheront plus. Les résultats de recherche n’incluront dans ce cas qu’un titre et un lien vers les infos des éditeurs concernés. «Mais les actualités de ces médias continueront à être référencées», assure Google.

    M.Ko. et Agences

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