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    Analyse

    Plan climat: Souss Massa servira de laboratoire

    Par Nadia DREF | Edition N°:5598 Le 23/09/2019 | Partager
    L’un des premiers plans territoriaux contre le réchauffement climatique
    1,2 milliard de DH mobilisés
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    Sécheresse, inondation, surcote marine (submersion temporaire), vagues de chaleur et de froid, mouvement de terrain, feux de forêt, tempête de sable… L’étude de faisabilité a permis de renforcer la compréhension des risques de catastrophe dans toutes leurs dimensions: caractéristiques des aléas, vulnérabilité, capacités et exposition des personnes et des biens

    Le plan territorial de lutte contre le réchauffement climatique de Souss Massa servira d’expérimentation avant que le reste des régions ne l’intègre. Elaboré en partenariat avec le secrétariat d’Etat chargé du Développement Durable avec l’appui du ProGEC-GIZ et le Conseil régional Souss Massa, il est en cours de mise en œuvre. Il comprend deux volets. Le premier, lié à l’adaptation, est confié à la GIZ (coopération allemande). Le second portant sur l’atténuation est pris en charge par le Conseil régional.

    Déployé jusqu’en 2020, ce plan servira comme outil de gouvernance territoriale. Un chantier qui nécessite environ 1,22 milliard de DH. Ce budget sera affecté à 9 projets d’atténuation (710 millions de DH), qui serviront aux ouvrages structurants de protection contre les inondations.

    Les projets sélectionnés concernent la protection des centres de Tamri, d’Aourir, d’Ouled Dahou, de FoumZguid, d’Alougoum, d’Akka, de Foum El Hisn et de Kasbat Abdellah Sidi Mbarek ainsi que des municipalités d’Aoulouz, d’Ouled Berrehil et de la ville de Taroudant. Par sa taille, le projet phare du plan de Souss Massa est la construction du barrage Imin Tlil sur l’Oued Aouerga, d’un montant de 350 millions de DH.

    Pour la composante «Adaptation», 36 projets ont été identifiés pour 507 millions de DH. Sans surprise, une dizaine est liée aux ressources en eau pour combattre le stress hydrique. Le reste est réparti entre l’industrie (12,81%), l’agriculture (8,77%), le littoral et pêche (8,77%), l’habitat (8,38%), les forêts et la biodiversité (6,42%), le tourisme (6,23%), les projets transversaux (3,78%) et la santé (1,68%). Ces projets concernent les études techniques et d’ingénierie, les actions à caractère institutionnel, législatif et financier, le renforcement des capacités, la recherche & développement ainsi que la communication et sensibilisation.

    Le plan territorial de lutte contre le réchauffement climatique de la région vise également à instaurer un système régional d’inventaire des gaz à effet de serre calé sur le système national en la matière en respectant les lignes directrices du Groupe d’experts intergouvernemental de l’évolution du climat (GIEC). Les gaz pris en compte sont le dioxyde de carbone (CO2), le protoxyde d’Azote (N2O) et le méthane (CH4).

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    La R&D, notamment la recherche appliquée constitue un levier important pour accompagner la mise en œuvre du plan territorial de changement climatique à travers des projets innovants pour faire de Souss Massa une région plus sobre en carbone. Ce volet pourra se faire en partenariat avec plusieurs organismes (universités, instituts, écoles, …) par le lancement d’appel à projet visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la préservation des ressources naturelles. La Région pourra soutenir la recherche appliquée au travers d’un programme sur les dix prochaines années, jusqu’en 2030.

    La région en émet annuellement 4146,5 Gg ainsi que d’autres gaz à effet de serre indirecte, soit  1,57 tonne eqCO2/ habitant. Cet ensemble représente 6,68% des émissions nationales. Comme au niveau national, l’énergie est le premier émetteur (44%) suivi de l’agriculture (33%), les procédés industriels et construction (17%) ainsi que les déchets 6%.

    Le Maroc a pour objectif la réduction de 17 % de ses émissions de GES en 2030 comparé à un scénario de statu quo, 25 % additionnels pour le scénario dit conditionnel. Ce dernier nécessitera un investissement global estimé à 50 milliards de dollars entre 2015 et 2030 (contre 10 milliards pour le scénario non conditionnel), dont 24 milliards dépendront de l’accès aux sources de financement internationales, notamment dans le cadre des nouveaux mécanismes de la finance climat dont le Fonds Vert pour le Climat. L’objectif global de réduction (cumulant les engagements conditionnels et inconditionnels) serait alors porté à 42 %.

    Selon le rapport 2017 de la Banque mondiale, le coût de la dégradation de l’environnement a été évalué à près de 32,5 milliards de DH, soit 3,52 % du PIB. Par ailleurs, les dégâts causés par les émissions de gaz à effet de serre sont estimés à 1,62% du PIB. Parmi les coûts nationaux, la pollution de l’eau (1,26% du PIB) constitue le premier vecteur de dégradation de l’environnement, suivie par la pollution de l’air (1,05% du PIB).

    La détérioration des sols entraîne également des coûts considérables (0,54% du PIB), notamment en raison de l’érosion des terres cultivées et du défrichement et la désertification des terres de parcours. Les déchets représentent un coût relativement important (0,4% du PIB).

    Les dégâts induits par la dégradation des zones côtières (0,27% du PIB) sont largement sous-estimés. S’y ajoute le faible coût de la déforestation et des incendies de forêts (0,004%) attestant des efforts déployés par le gouvernement en vue de protéger les forêts, précise la BM.

                                                                         

    Rôle du 4C

    Le Centre de compétences en changements climatiques (4C Maroc) accompagne la mise en œuvre des plans territoriaux de lutte contre le réchauffement climatique. Un accompagnement qui entre dans le cadre de ses missions qui se décline comme suit:
    - Contribuer au renforcement des capacités des acteurs nationaux en matière de changement climatique;
    - Capitaliser l’information, la connaissance et le savoir-faire en matière de vulnérabilité, adaptation, atténuation et financement liés au changement climatique au Maroc;
    - Développer des outils d’aide à la prise de décision en matière de changement climatique;
    - Contribuer à l’effort mondial en assurant le partage d’expérience, la veille et le réseautage par rapport au changement climatique au niveau international et notamment en Afrique et dans la région Mena.

                                                                         

    Les objectifs du plan national

    En ligne avec la régionalisation avancée, le plan climat national a identifié une série de mesures, dont certaines ont été déjà intégrées dans des plans climat territoriaux. Il s’agit d’instaurer les impératifs de gestion intégrée du changement climatique dans les processus de planification et de définir un cadre spatial d’exercice multisectoriel en accord avec les principes de développement durable et la vision du pays. Plusieurs objectifs stratégiques ont été retenus par le plan national:
    - Atteindre 52% de la puissance électrique installée à partir de sources renouvelables à l’horizon 2030;
    - Réduire la consommation énergétique finale de 15 % à l’horizon 2030;
    - Réduire de façon importante les subventions publiques aux combustibles fossiles;
    - Augmenter le volume de mobilisation des ressources en eau;
    - Soutenir le taux de reboisement et de reforestation ;
    - Optimiser les techniques d’irrigation ;
    - Augmenter le taux de valorisation des déchets solides et liquides;
    - Renforcer les programmes de renouvellement des véhicules;
    - Assurer l’installation des équipements économes et performants au niveau des bâtiments;
    - Veiller à la mise en place et à l’efficacité du programme national de bio-surveillance.

    Nadia DREF

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