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    Chronique

    Sommet de la Cedeao contre le terrorisme: Quel rôle pour le Maroc?

    Par Jawad KERDOUDI | Edition N°:5597 Le 20/09/2019 | Partager

    Jawad Kerdoudi est président de l’Imri (Institut marocain des relations internationales) (Ph. JK) 

    Plus de 2.200 attaques au cours de ces quatre dernières années, 11.500 morts, des milliers de blessés et des mil­lions de déplacés. Le bilan des actes ter­roristes en Afrique de l’Ouest et surtout la zone sahélo-saharienne est extrême­ment lourd, avec pour conséquence une activité économique considérablement affectée et des conflits intercommunau­taires exacerbés au Sahel et une menace qui s'étend au sud.

    Le fléau s'accentue, avec une recru­descence des attentats et des groupus­cules. D'un seul mouvement terroriste en 2000 (AQMI), ils sont actuellement plus de douze. Le plus virulent Boko Haram a commis 3.400 attaques causant 36.000 morts.

    Les forces actuelles pour lutter contre le terrorisme au Sahel et au Sahara sont la force française Barkhane lancée en 2014 et com­posée de 4.500 hommes, ainsi que le G5 Sahel constitué de cinq Etats (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) et disposant de 5.000 hommes. Il faut ajouter la Minusma (Mission internationale de soutien au Mali). Or toutes ces forces, par manque de moyens financiers et matériels, n’ont pas pu juguler le terrorisme dans la région.

    La situation est ainsi alarmante dans cette zone et il y a urgence sécuritaire, et c'est tout l'enjeu du sommet de la Communauté éco­nomique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) consacré à «la lutte contre le terrorisme», qui a eu lieu le 15 septembre dernier à Ouagadougou, au Burkina Faso.

    Y ont participé les 15 pays de la Ce­deao plus quatre pays invités: Maroc, Ca­meroun, Mauritanie et Tchad (l’Algérie ne l'a pas été). Le but de ce sommet est de parvenir à une plus grande mobilisation des Etats membres de la Cedeao contre le terrorisme, notamment au niveau des ressources financières et matérielles.

    Privilégier le triptyque
    sécuritaire, développement humain et formation

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    A l'issue du Sommet, les participants ont décidé l’élaboration d’un plan 2020-2024 d’un milliard de dollars pour la lutte contre le terrorisme. Ce plan d’action sera adopté par le Sommet de la Cedeao en décembre prochain à Abuja.

    Ce plan prévoit notamment la mutualisation et la coordination des efforts de tous les Etats membres de la Cedeao pour la lutte contre le jihadisme, le partage direct des rensei­gnements, la formation et l’équipement des acteurs devant mener la lutte contre le terrorisme. Le Sommet a décidé de renforcer le G5 Sahel et la Force multi­nationale mixte du bassin du lac Tchad. Il a annoncé également le ciblage du fi­nancement du terrorisme, notamment le trafic de drogue.

    Outre les mesures sécu­ritaires, le Sommet a décidé de mener un programme d’investissement prioritaire dans les zones fragiles, car la solution finale ne peut être qu’économique et so­ciale. Le budget de 1 milliard de dollars sera prélevé sur le plan interne, et sera complété par une demande de finance­ment complémentaire de la communauté internationale, de la Banque mondiale et du FMI. Enfin le Sommet de la Cedeao exhorte le Conseil de sécurité de l’ONU de renforcer la Minusma pour qu’elle soit plus efficace.

    Dans son discours au Sommet de Ouagadougou, le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita a relaté dans le détail l’approche marocaine en matière de lutte contre le terrorisme. Celle-ci est basée sur la coopération afin d’organiser «une riposte collective au terrorisme», et privilégier le triptyque sécuritaire, développement humain et formation. La dimension sécuritaire marocaine est reconnue et appréciée à l’échelle régio­nale et internationale.

    Le développement humain est basé sur l’investissement socioéconomique par des projets structu­rants à impact direct sur les populations. Enfin, la dimension formation consiste à promouvoir un islam authentique, tolé­rant et de juste milieu. Le Maroc est prêt à partager son expérience avec la Cedeao par des mesures concrètes.

    C’est ainsi qu’il va apporter son soutien au Collège de défense du G5 Sahel à Nouakchott, qu’il réserve un grand nombre de places aux Africains dans les Etablissements militaires marocains, et qu’il peut mettre des officiers marocains à disposition.

    De même l’Institut Mohammed VI de for­mation des imams est ouvert à tous les ressortissants de la Cedeao intéressés par cette formation. De par son expérience dans la lutte contre le terrorisme, le Maroc peut ainsi jouer un grand rôle pour aider la Cedeao dans ce domaine. La coopéra­tion sécuritaire lui permettra d’avancer vers son intégration à la Cedeao.

                                                                            

    Mobiliser la communauté internationale

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     Le Sommet de Ougadougou dédié à «la lutte contre le terrorisme» au Sa­hel est intervenu alors que «le nombre recensé d’attaques (incidents) liées aux groupes islamistes dans cette région a doublé tous les ans depuis 2016 pour atteindre 465 en 2018», soit plus d’une par jour, selon le groupe de réflexion américain Center for Strategic and In­ternational Studies (CSIS). Pour venir à bout du terrorisme dans le Sahel, l’opé­rationnalisation de la stratégie pour le développement et la sécurité des pays du G5 Sahel s’avère extrêmement impéra­tive et urgente. «Comme en Syrie et en Irak, il faut mobiliser l’ensemble de la communauté internationale pour faire face à un phénomène qui a les mêmes caractéristiques», avait plaidé le secré­taire général de l’ONU, Antonio Guterres à Nairobi en juillet dernier à l’ouverture d’une conférence de deux jours dans la capitale kényane sur la lutte contre le ter­rorisme en Afrique.

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