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    Tribune

    Modèle social: L’autre Marche verte!

    Par Jamal BELAHRACH | Edition N°:5586 Le 05/09/2019 | Partager

    Ancien DG de la filiale marocaine de Manpower, Jamal Belahrach a été, un temps très court, DRH à l’OCP. Poste qu’il a quitté en décembre dernier. Il a été aussi président de la Commission emploi et relations sociales à la CGEM, membre du conseil de la CGEM et président fondateur de la Fédération nationale des entreprises de travail temporaire (FNETT) et du Centre des jeunes dirigeants au Maroc (CJD). Il a initié la couverture maladie et la bancarisation pour les salariés temporaires et le projet de loi sur le travail temporaire. Il a posé le concept de «flexibilité responsable» pas encore exploité par le monde politique et économique (Ph. JB)  

    Comment imaginer un modèle de développement économique sans avoir réfléchi au préalable au contrat social qui permettra à la nation d’être en harmonie avec son identité, ses valeurs et toutes les formes de solidarité?

    Le contrat social (voir encadré) permet également de définir la manière dont une nation pourrait agir sur la redistribution des revenus, ainsi qu’à l’accès à certains biens ou services jugés primordiaux, tels que le logement, la santé, la culture, le sport et autres services vitaux.

    Le modèle de développement économique ne peut être que la manière de traduire le contrat social en ressources à développer pour honorer ce contrat pour lequel l’ensemble des citoyens se seront mis d’accord (condition sine qua non).

    Depuis longtemps, nous avons tout dit, tout écrit sur l’état de notre pays, ses enjeux, ses faiblesses et ses forces. Toutes les institutions, de la Banque mondiale à l’OCDE, au FMI et en passant par tous les think tank, ont rédigé des rapports, qui, au mieux, ont permis de faire quelques améliorations et aux médias d’alimenter des débats, des chroniques et, au pire, sont restés lettres mortes.

    Si nous reconnaissons tous que beaucoup de choses ont bien évolué, il n’en reste pas moins que sur les fondamentaux nous sommes très en retard. C’est pourquoi, l’humilité du dernier discours nous invite à faire preuve collectivement de modestie et de réfléchir ensemble à la manière de réinventer un modèle de société qui nous ressemble et qui ne soit pas une copie d’un autre espace géographique ni un retour à une société féodale obscurantiste.

    La modernité n’est pas l’occidentalisation et le conservatisme ne doit pas être le retour à l’âge de pierre. La liberté des uns n’est pas l’enfermement des autres. L’équité plutôt que l’égalité sont autant de dogmes à fissurer pour modéliser ce que nous voulons être ENSEMBLE.

    Il y a une voie que NOUS, Marocains, pouvons et devons inventer ensemble et non les uns contre les autres.

    Et si nous sommes TOUS alignés sur cet état de fait, alors nous pourrions commencer à réfléchir ensemble pour un avenir meilleur et arrêter de regarder dans le rétroviseur pour chercher des coupables: nous sommes tous co-responsables!

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    Manque d’eau à Ahlaf, près de Benslimane (juillet 2019). Partout dans le pays de tels manques se produisent  sans provoquer de réactions gouvernementales. Depuis dix ans, les priorités ne sont plus sur la mobilisation de l’eau, spécialement dans les campagnes, les parties les plus pauvres de la nation. Ce qui rejette cette partie de la population hors du monde moderne (Ph. L’Economiste)

    Le temps est à la mobilisation générale pour bâtir sur des bases positives (notre histoire, notre héritage culturel, notre dividende démographique, stabilité politique, notre positionnement géographique, notre agriculture, nos côtes…) pour laisser aux futures générations un héritage avec une société plus juste, plus humaine où le lien social existe.

    Le monde a changé et nous entrons dans une nouvelle ère. Une ère où la révolution numérique a modifié nos comportements et a généré une nouvelle façon de vivre ensemble.

    Une ère où plus rien ne sera comme avant. Ni le travail, ni les modes de consommation, d’éducation, ni la façon de soigner. Une nouvelle manière de pratiquer la démocratie est née.

    Les citoyens ont trouvé de nouvelles manières de s’exprimer et donc d’exister. Ils sont devenus exigeants et veulent avoir leurs mots à dire. Ils souhaitent contribuer à ce nouveau monde. Des exemples récents en Europe et ailleurs nous ont bien éclairés sur cette évolution des comportements et des attentes des citoyens.

    Contrat social, la nouvelle marche verte, est une manière très symbolique de nous mettre en mouvement, tous et toutes, pour débattre, proposer, contribuer à la construction de ce contrat social où chacun aura une place dans une société plus inclusive.

    La Marche verte initiale nous a permis de recouvrer notre intégrité territoriale avec la mobilisation de tous les Marocains et plus de 350.000 ont marché avec le même but.

    Aujourd’hui, la technologie permet la consultation de tous les citoyens qui souhaitent participer à cette nouvelle marche pour une société renouvelée et ceux qui ne sont pas connectés pourront être accompagnés de différente manière.

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    Le monde a changé. Dans les pays industrialisés, il était facile de donner le ton de la politique sociale via le droit du travail salarié. Au Maroc, les salariés sont minoritaires face au travail indépendant agricole, artisanal ou de service. En outre, les salariés ont des statuts et des revenus très variables liés au niveau de pression qu’ils sont capables d’exercer sur l’Etat. Ici, une usine dans le nord (Ph. L’Economiste)

    L’essentiel est de créer la dynamique pour que chaque citoyen ait le sentiment de participer à son futur, à celui de sa famille.

    Contrat social, la nouvelle marche verte, une dynamique qui s’appuierait d’abord sur les réussites du pays, de ce qui fait notre fierté, de ce que nous devons améliorer, arrêter de faire, et surtout, travailler sur ce que nous pouvons créer de nouveau, pour bâtir un contrat social plus juste, plus inclusif et humaniste avec de la création de valeur durable.

    C’est pourquoi, il serait important que les parties prenantes qui vont œuvrer pour la construction du modèle de développement puissent initier cette «nouvelle marche verte», un mouvement pour bâtir un contrat social pour une dignité humaine et une inclusion sociale durable.

    Le pays aujourd’hui, plus que jamais, a besoin d’un sursaut psychologique et de voir que tous les Marocains vont enfin marcher vers la même direction: Un Maroc pour tous!

    Notre réalité

    Mon point de vue est que le contrat social est à réinventer, ici et maintenant.
    La réalité de nos chiffres oblige non seulement à la modestie mais à l’action dans l’urgence:
    • Notre niveau de croissance est extraordinairement bas au regard de nos besoins (3% en 2019; le taux d’emploi ne dépasse pas les 35% en milieu urbain)
    • Nos investissements sont de 30% du PIB pour une croissance très faible
    • Le taux d’activité national des femmes est < 24%
    • Nous créons à peine 70.000 emplois dans les années fastes alors que le besoin est de 600.000 au moins par an, nos compétitivité et productivité sont en berne
    • Le coût du travail est élevé avec un dialogue social en panne
    • Notre système éducatif est en faillite déclarée
    • Notre système de santé quasi inexistant
    • Notre système de solidarité n’est pas à la hauteur des défis du pays.
    Notre pays peut mieux faire et nous avons tous les talents pour cela.

                                                                                      

    Le contrat social: c’est quoi?

    Le contrat social est la construction d’un ensemble d’institutions et de législations qui définissent les différents mécanismes comme le système de protection sociale, mais aussi l’école et les institutions d’éducation et de formation, le droit du travail et la législation sociale, ainsi que les prélèvements obligatoires, les allocations et les minima sociaux, il inclut, enfin, les services publics. L’ensemble de ces dispositifs contribuent à la répartition des emplois entre les individus et à leur plus ou moins grande stabilité ou, au contraire, précarité.  
    Faut-il rappeler que les deux derniers discours du Roi proposent une voie pour redessiner les contours d’un modèle de développement mais plus largement de déterminer le modèle de société qui donnera une place à chacun. Dès 2009, le Souverain a exhorté les acteurs politiques, économiques et toutes les parties prenantes à redéfinir un contrat social.

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    NB: les photos, les titres et intertitres sont de la rédaction.

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