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    Marigha-Tizi Oussem, la nouvelle route vers le Toubkal

    Par Jaouad MDIDECH | Edition N°:5546 Le 01/07/2019 | Partager
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    Circuit Marigha, Tassa Ouirgane, Azaden, Tizi Oussem, Toubkal 

    Long de 19,80 km, un nouveau tronçon de la route régionale 203, allant de Marigha à Tizi Oussem, dans le Haouz, sera bientôt ouvert à la circulation. Il désenclavera ainsi 11 douars. Auparavant, pour avoir un simple extrait d’acte de naissance, la population locale devait parcourir 40 km en 2 heures. Ce temps est réduit à 30 minutes.

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    Auparavant, pour avoir un simple extrait de naissance, la population locale devait parcourir 40 km en 2 heures, ce temps est réduit à 30 minutes

    Après la route goudronnée Asni-Imlil (15 km) et Imlil-Armed (3 km), le réseau des routes régionales (RR) du Haouz en direction du mont Toubkal (4.167 mètres) se renforce par l’ouverture prochaine à la circulation d’un nouveau tronçon de la RR N°203. Reliant Marigha (à 60 km de Marrakech) au douar Tizi Oussem, ce dernier est inscrit dans le Programmes de mise à niveau territoriale (PMAT) du ministère de l’Equipement, du Transport et de la Logistique. Cette route, large de 6 mètres et longue d’une vingtaine de kilomètres goudronnés, a coûté au ministère de tutelle une enveloppe de 39 millions de DH. Après les travaux de nivellement et de déboisement, une piste est ouverte depuis 2017. Les travaux de la première couche de bitume ont démarré, et d’ores et déjà les véhicules et les scooters l’empruntent avec aisance en ce mois de juin 2019, au grand bonheur des populations locales.

    A dos de mulet ou à pied pour les plus courageux

    Pas moins de 11 douars de cette région du Haouz, bien défavorisés au plan des infrastructures de base et de communication, sont désormais désenclavés et reliés aux routes nationales et régionales du Haouz. Les habitants de ces petites agglomérations ont du mal à y croire, tellement ils souffraient de l’absence des infrastructures de base. Pour l’achat d’un simple médicament ou l’obtention d’un document administratif, -sans parler des femmes en phase d’accouchement et d’enfants scolarisés dont l’école est loin du douar-, cette population était obligée de parcourir des dizaines de kilomètres, sans autre moyen de locomotion que les mulets, ou à pieds, pour les plus courageux. Les habitants de la vallée de Tassa Ouirgane, d’Azaden ou de Tizi Oussem, trois localités pourtant très prisées par les voyageurs (marocains et étrangers) en quête de paysages naturels, et de randonneurs se dirigeant vers le sommet de Toubkal, étaient astreints à cette corvée, qu’il pleuve, qu’il neige ou que soleil soit au zénith. Comme nous l’explique le président de la commune rurale de Ouirgane (65 km de Marrakech), Brahim Choukri, dont dépendent ces trois localités: «Il n’y avait pas de liaison directe entre ces douars et le siège de la commune rurale Ouirgane dont ils relèvent. Leurs habitants, pour se procurer un simple extrait date de naissance ou un certificat de résidence, devaient effectuer un périple tout en zigzag pour arriver au siège de cette commune, avec une perte de temps considérable et un coût exorbitant. Ils dépensaient 70 DH uniquement en transport».  En effet, pour arriver au siège de leur commune, les habitants de ces douars reculés devaient emprunter tout un détour: se rendre d’abord à Imlil, puis à Asni et, de là, à Ouirgane, parcourant ainsi une quarantaine de km, dont une quinzaine de piste. Désormais, la distance entre Tizi Oussem et Ouirgane est réduite à 19 km. Le temps, lui, à 30 minutes au lieu de 2 heures.
    Pour avoir droit à cette voie de communication, c’est tout un combat qui a été mené par la population et ses élus locaux. Il a été au centre des campagnes électorales des élections communales depuis le début des années 2000.  Les élus communaux ont frappé à plus d’une porte. D’abord celle des Eaux et Forêts, propriétaires d’une grande partie du foncier sur lequel le tracé du tronçon devait passer. Nous sommes en 2010, le département d’Abdeladim El Hafi était le premier à lancer un marché public d’un million et demi de DH pour le creusement d’une piste longue de 2 km, mais il n’est pas allé au-delà. Vient ensuite le ministère de l’Agriculture à travers le Fonds international de développement agricole (FIDA), pour lancer un autre marché public de 3,6 millions de DH, la piste a gagné 4 km supplémentaires en 2015. Les travaux de creusement se sont arrêtés là, dans l’attente d’un nouveau bailleur de fonds en mesure de prendre les choses en main. 
    La majorité dirigeant la commune rurale de Ouirgane était en ces temps-là (avant les communales de 2015) du même bord politique que le parti de Nabil Benabdellah, le PPS. Lors d’un déplacement de ce dernier dans la région, les élus communaux ont saisi l’occasion pour lui remettre tout un dossier, avec les arguments qu’il fallait, sur l’extrême importance de cette route pour le développement de la région. «C’est à partir de ce moment-là que les choses sont sérieusement étudiées, le dossier est remis au ministre de l’Equipement et du Transport à Rabat», reprend Choukri. Nouveau marché public pour la réalisation de ces 19 kilomètres, et les travaux qui sont repris de zéro. Restaient deux problèmes à résoudre: le premier est lié aux Eaux et Forêts. Pour avoir droit à 4 mètres de largeur en plus les 6 mètres prévus initialement, il fallait négocier avec le département de El Hafi, qui exigea que le ramassage du bois détruit et son transport jusqu’au dépôt des eaux et forêts soient à la charge de la commune. Condition acceptée. Second problème, l’indemnisation des populations dont les terres expropriées (où sont cultivés pommiers, noyers et autres oliviers…) pour la réalisation de cette route. «Ce problème n’a toujours pas trouvé une solution, notre commune est incapable financièrement d’indemniser cette population», indique Mohamed Lasri, élu communal du douar Tassa Ouirgane et vice-président de la commune.

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    Développer le tourisme rural

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    L’élargissement du réseau routier régional et provincial dans le Haouz est une manne pour les populations locales. Cela permet le désenclavement de dizaine de milliers de douars disséminés sur les montagnes et les vallées du Haut Atlas. Mais pas uniquement, la route goudronnée, malgré ses dégâts collatéraux (pollution, plus de fréquentation et donc plus d’ordures et de destruction de la nature…), induit le développement du tourisme rural. Le Toubkal dans la région est une destination phare pour les randonneurs et escaladeurs qui viennent de partout, «autant multiplier les points de départ outre le circuit classique: Imlil, Armed, Sidi Chamharouch.... D’autres circuits existent, mais difficilement accessibles, ils doivent être développés grâce à cette nouvelle route», indique Ahmed, un guide de montagne. Partant de Marigha (45 minutes de Marrakech) le voyageur se rendra directement en 30 minutes par voie routière jusqu’à Tizi Oussem, de là il entamera sa marche jusqu’au refuge de Toubkal.

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