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    Economie

    Biodiversité: 600 espèces animales et 1.700 plantes menacées d’extinction

    Par Nadia DREF | Edition N°:5524 Le 27/05/2019 | Partager
    Coût de l’inaction: 1 milliard de DH d’ici 2030
    Une stratégie post-2020 sera élaborée à partir de cette année
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    La biodiversité nationale revêt une importance écologique particulière avec plus de 24.000 espèces animales et 7.000 espèces végétales identifiées (Source: SEDD)

    Exploitation minière, augmentation de l’agriculture vivrière, croissance des zones urbaines, exploitation sauvage du bois, pêche non durable… Bec-croisé des sapins, Bihoreau gris, Blongios nain,  Chardonneret élégant, Cigogne blanche, Crabier chevelu, Foulque à crête, Grand Cormoran, Grue cendrée, Crapaud accoucheur, Couleuvre à capuchon… Le Maroc n’échappe pas à la pression sur les ressources. Si rien n’est fait, 600 espèces animales et 1.700 plantes pourraient disparaître.

    Le taux d'endémisme global s’élève à 11% pour la faune et de plus de 20% pour les plantes vasculaires. Un taux inégalé dans le bassin méditerranéen. Plus de 7.820 espèces marines et côtières ont été identifiées. C’est ce qui ressort de la dernière étude nationale sur la biodiversité. Le Secrétariat d’Etat chargé du Développement durable tente de sauver ce qui peut l’être. Il va établir une nouvelle cartographie de la biodiversité qui servira de base à l’élaboration d’une stratégie nationale post-2020.

    «Le patrimoine naturel est soumis à plusieurs pressions, dues principalement à des facteurs sociaux et économiques, et à la situation fragile du Maroc face aux effets néfastes du changement climatique, tels que des phénomènes extrêmes de sécheresse et d’inondations, des précipitations irrégulières et la rareté des ressources en eau. La désertification croissante et la rareté des ressources en eau exacerbent la vulnérabilité», tient à préciser Nezha El Ouafi, secrétaire d’Etat chargée du développement durable.

    Le Maroc avait adopté une stratégie de conservation de la biodiversité à l’horizon 2030 dont la première phase (2016-2020) est en cours de mise en œuvre. Cette feuille de route a défini 153 actions à déployer entre 2016 et 2020 mobilisant 17,5 milliards de DH contre 2,1 milliards de DH dépensés de 2006 à 2010. L’augmentation du budget alloué est liée, entres autres, aux campagnes de plantation arboricole du Plan Maroc Vert. Trois chefs de file ont été retenus: le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime, le Secrétariat d’Etat chargé du Développement durable et le Haut-Commissariat aux eaux et forêts.

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    Un taux d'endémisme global de 11% pour la faune et de plus de 20% pour les plantes vasculaires, ce qui place le Maroc au deuxième rang dans le pourtour méditerranéen après la Turquie (Source: SEDD)

    Le Maroc dispose de 10 parcs nationaux: Toubkal (1942), Tazekka (1950), Souss-Massa (1991), Iriki (1994), AI Hoceïma (2004), Talassemtane (2004), Ifrane (2004), Haut Atlas oriental (2004), Khnifiss (2006) et Khénifra (2008). S’y ajoutent 154 sites d'intérêt biologique et écologique (SIBE), représentant presque la totalité des écosystèmes naturels du pays. Sont répertoriées également quatre réserves de biosphère (Arganeraie, Oasis du sud du Maroc, Intercontinentale de la Méditerranée et Cédraie). Il existe également 120 lacs naturels importants dont la majorité est située entre les deux chaînes montagneuses du Moyen et du Haut Atlas. Aussi, 26 zones humides sont classées par la Convention de Ramsar.

    Pour ce qui est du domaine forestier, il s’étend sur une superficie de 9 millions d'hectares, y compris les nappes alfatières. Les formations forestières arborées couvrent 5,8 millions d’hectares. Le taux moyen de couverture forestière du pays est de l’ordre de 8%. La superficie agricole utile (SAU) est de près de 8,7 millions d’hectares.

    L’alerte est mondiale

    La plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a réalisé, début mai, une évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques. Ce rapport a été élaboré par 145 experts issus de 50 pays au cours des 3 dernières années.
    Les résultats de cette évaluation sont alarmants. Environ 1 million d'espèces animales et végétales sont aujourd'hui menacées d'extinction, notamment au cours des prochaines décennies. Ceci au moment où 70% de médicaments anticancéreux naturels ou synthétiques sont inspirés de la nature. Autre constat: 75% de l'environnement terrestre et environ 66% du milieu marin ont été significativement modifiés par l’action humaine. Par ailleurs, plus d'un tiers de la surface terrestre du monde et près de 75% des ressources en eau douce sont maintenant destinées à l’agriculture ou à l’élevage. Autre effet néfaste: la dégradation des sols a réduit de 23 % la productivité de l’ensemble de la surface terrestre mondiale. La pollution par les plastiques a été multipliée par dix depuis 1980.  Les engrais qui arrivent dans les écosystèmes côtiers ont produit plus de 400 «zones mortes» dans les océans, ce qui représente environ 245.000 km2, soit une superficie totale plus grande que le Royaume-Uni.

     Mesures de sauvegarde

    • - Etendre le réseau des aires protégées
    • - Accorder une attention particulière aux écosystèmes riches en espèces endémiques, rares et menacées, remarquables et vulnérables, phares et d’intérêt patrimonial
    • - Généraliser les actions de suivi et d’évaluation de la biodiversité
    • - Renforcer le programme de la lutte contre l’ensablement et améliorer le couvert végétal des zones sensibles
    • - Finaliser l’inventaire national des sites d’intérêt biologique et identifier les sites prioritaires pour la classification en tant qu’aires protégées et leurs fournir un plan de développement et de gestion durable
    • - Epargner les aires protégées, les sites d’intérêt biologique et écologique et les sites Ramsar de tout projet à forts impacts négatifs, notamment les projets urbanistiques, industriels et touristiques.

                                                                                

    Forte demande sur les plantes aromatiques et médicinales

    Le Maroc peut tirer davantage profit de sa biodiversité. Sur le plan économique, le secteur des plantes aromatiques et médicinales n’est qu’un exemple. Avec 400 espèces reconnues pour leur usage médicinal et/ou aromatique et 800 espèces à potentiel aromatique ou médicinal, le Maros est classé 12e exportateur mondial. En 2016, les exportations ont atteint 537 millions de DH contre 482 millions de DH en 2015 et 425 millions de DH en 2014 (Source: Annuaire statistique du Maroc 2017). Elles couvrent plusieurs espèces: romarin, thym, verveine, pyrètre, lavande, caroubier, menthe, pouliot, origan, arganier... L’UE est la principale destination de ces plantes aromatiques et médicinales. S’y ajoutent d’autres marchés: Japon, Canada, Suisse… Selon les estimations du département de l’Environnement, le Royaume dispose d’un potentiel d’environ 1 million d’hectares de romarin et produit environ 60 tonnes d’huiles essentielles de ce produit. Les accords d’accès et de partage des avantages (APA) sur les nouveaux produits dérivés de l’extrait de romarin offrent au Maroc la possibilité de capturer une plus grande part de la valeur. Cette étude estime qu’au total, les accords pour le romarin pourraient apporter 61 millions de DH entre 2020 et 2030. Pour ce qui est de l’arganier, les paiements de redevances sur les produits cosmétiques, de soins et santé, utilisant l’huile d’argan en tant que principe actif, pourraient drainer 230 millions de DH entre 2020 et 2030. Cette estimation se base sur la projection de croissance du marché mondial de l’argan estimé à 6,2 milliards de DH en 2030.

    Nadia DREF

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