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    Amith: Course à la présidence

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5520 Le 21/05/2019 | Partager
    Deux binômes, Karim Tazi/Abdelhaï Bessa et Mohamed Boubouh/Jalil Skalli
    Plus qu'un fauteuil, le combat est celui d'un secteur sous tension
    Informel, perte d'emplois, concurrence, changement de mode de consommation...

    Les réunions s'enchaînent pour l'élection du futur président de l'Association marocaine du textile et de l'habillement (Amith), le 18 juin prochain. Si, au cours des mandats précédents, il s'est toujours agi de candidat unique, aujourd'hui c'est une course à la présidence composée de 2 binômes.

    Il s'agit de la team composée de Karim Tazi, actuel président en poste qui rempile pour un second mandat, et Abdelhai Bessa, vice-président général, et du binôme Mohamed Boubouh, PDG de BBS Holding, et Jalil Skalli, DG de Palmeraie Industrie. Une bataille qui s'annonce disputée, les deux binômes déclarés à ce jour multipliant les réunions dans les deux pôles du secteur, Casablanca et Tanger.

    Mais il ne faudra pas se tromper de combat. «Il s'agit d'une bataille de valeurs surtout», indique Karim Tazi (administrateur du groupe Richbond), et past-président de l'Amith, lors d'une rencontre organisée par le bureau sortant. Une rencontre à laquelle ont pris part plus d'une soixantaine d'industries du textile et de l'habillement, les anciens présidents de l'association ainsi que de grandes et jeunes PME afin de soutenir l'équipe actuelle.

    En effet, outre les élections, les défis du marché du textile-habillement sont autrement plus importants et stratégiques dans un contexte international très tendu. Le secteur vit également des tensions en interne face à l'informel et les importations massives, une situation concurrentielle de plus en plus difficile à gérer.

    «Nous avons perdu 20.000 emplois par an entre 2008 et 2018, selon les statistiques du HCP. Auparavant, le secteur affichait plus de 600.000 emplois par an, 200.000 formels et environ 400.000 informels. Sur le marché national, à peine 25% de la demande est captée par la production formelle.

    Tout le reste vient de l’importation et un petit peu de l’informel», martèle Karim Tazi, président de l'Amith, un mois avant la fin de son mandat. A l'inverse, le secteur n'a réussi à générer que 79.300 emplois depuis 2014, selon les statistiques du MCI.

    Plusieurs facteurs sont à l’origine du sombre tableau dépeint par le président de l’Amith, notamment le changement du mode de consommation, qui impacte tout le retail.

    «Aujourd’hui, en Occident en général, les générations X-Y-Z-alpha et les millennials veulent donner du sens à leurs achats. Ils sont très regardants sur des valeurs comme l’éthique, l’écologie, le développement durable, le commerce équitable, la responsabilité sociétale… C’est une marche forcée demandée par les consommateurs du monde entier», explique Karim Tazi.

    En effet, de nouveaux acteurs (les digitally native vertical brands - DNVB) surfent sur la vague. Ils sont en train de bousculer tous les modèles, avec des concepts reposant sur la vente en ligne, l’analyse de la data ou encore de nouveaux circuits de distribution et des coûts inférieurs au retail.

    Face à cette offensive, les grands donneurs d’ordre traditionnels investissent pour s’aligner. D'autres sources d’inquiétude émergent, notamment de nouveaux pays producteurs de textiles, avec des salaires très bas, comme l’Ethiopie, où les salaires mensuels avoisinent 250 DH ou encore la menace chinoise et turque. En face, les sources d’approvisionnement et les supply chain doivent s’adapter et intégrer la nouvelle donne du commerce international.

    Le Maroc a tout de même des atouts. La proximité, la rapidité, la réactivité, des points forts à conserver et renforcer. Sur une partie de la supply chain, les opérateurs sont des spécialistes multi-produits, du fast-fashion. En 2018, le secteur a franchi pour la première fois la barre des 38 milliards de DH d’exportation.

    Cependant, la demande, estimée à 46 milliards de DH, est captée à plus des deux tiers par l’importation formelle mais surtout informelle. La production formelle de textile est de 11 milliards de DH. Elle baisse de 5% par an depuis 2010, alors que l’import informel croît de 29% sur la même période.

    Changer de mindset

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    Parmi les nouveaux défis du secteur, capter de nouveaux marchés et se distinguer grâce au storytelling pour mieux vendre le made in morocco ainsi que le positionnement de certains produits. Il s'agira également de comprendre les enjeux de la digitalisation et de l’intelligence artificielle, se positionner éco-friendly (respecter la nature) ou se mettre en conformité avec les normes sociales et environnementales. Des synergies sont également à développer en mettant en place de grandes plateformes d’agrégation pour servir d’interface entre les nouveaux acteurs de la distribution mondiale ou encore le changement de mindset des chefs d’entreprise afin qu’ils aillent au-delà des attentes de leurs clients pour développer de nouveaux marchés/produits. Les opérateurs marocains doivent être beaucoup plus créatifs et plus performants en matière d’innovation.

    Repères

    • Plus de 200.000 emplois perdus depuis 2008
    • 79.300 emplois créés depuis 2014
    • 38 milliards de DH de chiffre d’affaires à l’export en 2018
    • Estimation de la demande à 46 milliards de DH, dont deux tiers captés par l’importation formelle et informelle
    • La production formelle de textile est de 11 milliards de DH
    • Baisse de la production formelle de 5% par an depuis 2010, alors que l’import informel croît de 29% sur la même période.

    M.Ko

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