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    Analyse

    Aéronautique: Le secteur en avance par rapport aux objectifs 2020

    Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5520 Le 21/05/2019 | Partager
    Il est déjà à un taux d’intégration locale de 34%
    Un marché mondial avec 40.000 avions à construire d’ici 2035
    Pénurie de compétences aéronautiques dans le monde
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    Le secteur aéronautique enregistre une croissance de plus de 20% par an, soit 4 fois plus que la moyenne mondiale et 5 fois la croissance du PIB

    140 entreprises, chiffre d’affaires de 17 milliards de DH et un taux d’intégration de 34%. Tous les voyants sont au vert sur le tableau de bord de l’industrie aéronautique. Malgré le retrait d’un géant comme Bombardier, seule ombre au tableau, les performances sont toujours au rendez-vous.

    En effet, plusieurs nouveaux investissements sont dans le pipe, dont les détails seront dévoilés dans les semaines à venir, annonce Moulay Hafid Elalamy, ministre du Commerce et de l’Industrie. Il s’agit notamment de nouvelles installations dans des métiers de pointe comme l’électronique et les interfaces homme-machine ou encore la maintenance. Sans compter une grande majorité d’investissements d’extension qui s’inscrivent notamment dans le cadre de l’écosystème Boeing.   

    «En 20 ans, nous sommes passés de 3 à 140 entreprises et aucune n’a quitté le pays», a déclaré récemment Hamid Benbrahim El Andaloussi, président de Midparc. Celles qui étaient venues pour installer un site de 300 ou 400 salariés ont doublé voire multiplié leurs investissements. C’est le cas notamment de Safran qui en est aujourd’hui à plus de 4.500 personnes, avec un chiffre d’affaires qui tourne autour de 500 millions de DH.

    Le secteur serait même en avance par rapport à son objectif d’intégration locale. «Il en est aujourd’hui à 34% alors que l’objectif fixé était de 35% en 2020», se félicite Karim Cheikh, président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (Gimas).

    Le secteur accueille une moyenne de 10 nouveaux entrants par an, dans des métiers de plus en plus complexes. Le revenu sectoriel dépasse 17 milliards de DH, alors qu’au démarrage du plan d’accélération industrielle (PAI) nous étions à 900 millions de DH. «Nous en sommes à plus de 16.700 emplois, tous minimum Bac+2 et nous continuons de croître», poursuit Cheikh.

    Au total, le Maroc compte six écosystèmes aéronautiques (câblage, assemblage, ingénierie, maintenance, moteurs et matériaux composites) pour gagner en performance et en attractivité aux yeux des investisseurs étrangers et des donneurs d’ordre. L’écosystème Boeing a également été lancé cette année. Il vise l’implantation de 120 nouveaux fournisseurs d’ici 2020 avec à la clé la création de 8.700 emplois et un chiffre d’affaires annuel supplémentaire à l’export de 1 milliard de dollars.

    Chaque année, entre 3.000 et 3.300 sont formés par l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA) ou encore l’Institut spécialisé des métiers de l’aéronautique et la logistique aéroportuaire (Ismala) relevant de l’OFPPT. Le coût de la formation est autour de 60.000 DH par salarié. D’ailleurs, l’un des atouts de l’offre Maroc réside dans la qualité de la main-d’oeuvre qui est souvent très appréciée par les mastodontes de l’aéronautique, à leur tête Boeing.

    A l’échelle mondiale, il y a près de 40.000 avions à construire d’ici 2035 et une pénurie de compétences aéronautiques. «L’avenir est radieux pour tout le secteur, plus encore pour le Maroc qui dispose d’une vraie compétence dans le domaine des structures», poursuit Karim Cheikh.

    Des acteurs comme Stelia, ou Figeac Aéronautique s’appuient déjà sur une supply chain performante qui y est installée et qui continue de croître qualitativement. D’autres ont fait confiance à la base Maroc comme Eads, Boeing, Safran, Lisi Aerospace, Le Piston Français, Daher, Souriau, Eaton, Aerolia, Les Ateliers De La Haute Garonne, Alcoa, Hexcel …

    Le secteur aéronautique enregistre une croissance de plus de 20% par an, soit 4 fois plus que la moyenne mondiale et 5 fois la croissance du PIB. Un argument de taille qui permettra à l’industrie locale d’émerger en tant que plateforme compétitive. En 2018, le Royaume s’est classé 1er pays exportateur de composants aéronautiques en Afrique.

                                                                               

    Les scénarios après le départ de Bombardier

    «Bombardier cède ses actifs, mais ne quitte pas le Maroc», comme l’a soutenu Elalamy. Les engagements de l’usine seront maintenus. Autrement dit, les contrats et marchés remportés par le site de Casablanca, et qui doivent entrer en production cette année ou à partir de 2020, restent à Casablanca. «La première implication est donc le maintien de la croissance des emplois déjà projetée», explique Karim Cheikh, président du Gimas.

    La seconde implication, selon lui, est une inflexion à la hausse pour le Maroc, soit une croissance des emplois et une accélération de la montée en gamme. «Trois facteurs nous confortent dans ce scénario», poursuit Cheikh. Le repreneur sera assurément un acteur de premier plan, car il doit être capable de gérer une empreinte industrielle performante, en co-localisation: à la fois le méga-site de Belfast, qui compte 3.500 personnes, et celui de Casablanca qui en compte plus de 400.

    Autre facteur à prendre en considération: le segment de la fabrication de structures aéronautiques est extrêmement concurrentiel, la pression sur les coûts y est prégnante. Quel que soit le repreneur, il aura une tendance logique à s’appuyer davantage sur un site best cost pour honorer les baisses de coûts attendues par les donneurs d’ordre.

    Cet état de fait  profitera indéniablement à Casablanca. Sans oublier que le site de Casablanca, que Bombardier met en cession, est le plus performant en termes de coûts de tous les sites de fabrication de structures du groupe.

    «Le site du Maroc continuera de faire partie de l’avenir de Bombardier. Il est appelé à jouer un rôle important dans la chaîne d’approvisionnement du groupe. Nous avons décidé de céder nos activités aérostructures des sites de Belfast et Casablanca dans une seule offre. Le processus de vente prendra le temps nécessaire pour trouver un repreneur responsable et sérieux», souligne Stephen Orr, vice-président directeur général de Bombardier Maroc.

    Ceci dit, poursuit Stéphane Orr, «Bombardier a montré un engagement fort vers le Maroc et reste sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs».

    Aziza EL AFFAS

     

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