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    Analyse

    Offshoring: Comment sécuriser la croissance

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5510 Le 07/05/2019 | Partager
    Près de 10 milliards de DH de chiffre d’affaires à l’export en 2018
    70.000 emplois créés en 4 ans
    Turnover, RH, pricing, formation, valeur ajoutée... Les limites
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    Entre 2014 et 2018, le secteur de l’offshoring a créé près de 70.000 emplois. Il se fraye la 3e place derrière le mastodonte automobile et le textile

    BPO (Business Process Outsourcing), ITO (Information Technology Outsourcing) et ESO (Engineering Service Outsourcing)... Le Maroc figure désormais dans les radars du marché mondial de l’offshoring. Il est en passe de devenir un hub numérique régional aussi bien pour les activités business process outsourcing (BPO) que pour l’offshoring sur l’Europe avec un positionnement de choix en Afrique francophone.

    En 2018, le secteur a réalisé un chiffre d’affaires à l’export de l’ordre de 10 milliards de DH. Depuis 2014, l’écosystème a généré quelque 70.000 postes de travail.

    En termes de création d’emplois, il arrive juste après l’automobile et le textile. Le montant global des investissements dans le secteur s’élève à 1 milliard de DH engagés l’an dernier. A l’horizon 2020, l’objectif est de réaliser 18 milliards de DH d’impact sur la balance commerciale.

    A l’origine de cette dynamique, l’implémentation de 5 plateformes industrielles intégrées (Casanearshore, Technopolis, Fes, Oujda, Tetouan Shore), le déploiement des écosystèmes ou encore une infrastructure aux standards internationaux, des structures à la pointe de la technologie, (fibre optique, guichets uniques, datacenters....).

    «Près de 47% des nouveaux projets subventionnés relèvent des filières BPO, ITO et ESO», explique Mohamed Idrissi Melyani, DG de l’Agence du développement du digital, lors de la présentation du bilan d’étape des contrats de performance écosystèmes offshoring.

    «Ce sont ces activités qui ont permis de faire monter en compétences les ressources humaines pour pouvoir accueillir des activités plus complexes comme l’ITO et l’ESO aujourd’hui», fait valoir Amine Zarouk, président du pôle Offshoring de l’Apebi.

    L’effet accélérateur a été enclenché avec le PAI (plan d’accélération industrielle 2014-2018) et les contrats de performance. Le PAI aura permis l’implémentation d’une approche qui repose sur la notion d’écosystèmes industriels avec une série de mesures d’appui.

    Au total, l’écosystème de l’offshoring compte cinq filières. Cela va de la relation clients à l’externalisation des activités en passant par les processus entreprise/métiers, technologies de l’information ou encore l’ingénierie, recherche & développement. Pour aller plus loin, les opérateurs du secteur ont procédé au lancement d’une structure d’animation des écosystèmes offshoring.

    La nouvelle équipe porte un programme ambitieux qui se déploie via le plan stratégique 2019-2020, articulé autour de 7 piliers. A commencer par l’accompagnement des investisseurs, la certification, le développement et le progrès de l’écosystème, la formation, la veille et la production d’études ou encore le développement d’une image de marque.

    Autant d’éléments censés renforcer la capacité du site Maroc à fournir des ressources humaines de qualité aux différents métiers de l’ingénierie, l’informatique et l’industrie 4.0. «Le lancement de la cellule d’animation de l’écosystème offshoring tombe à pic, même si on a accusé un retard d’un mois et demi pour la réactiver.

    La cellule va réaliser plusieurs études pour fournir au secteur des chiffres dont le secteur manque énormément : une étude sur les salaires d’abord pour Casablanca et Rabat et ensuite les régions. Parce que l’on compte s’appuyer sur les régions pour jouer sur la compétitivité des salaires. Les sociétés qui s’installent au Maroc exigent des référentiels de salaires que nous n’arrivons pas à leur fournir», explique Youssef El Alaoui, vice-président général de l’Apebi.

    Malgré cette mobilisation tous azimuts, le site Maroc montre aussi des limites. La priorité porte désormais sur la montée en valeur ajoutée. Le challenge est de ne pas se concentrer sur des activités basiques (call centers) en se diversifiant avec des prestations plus sophistiquées qui assurent des montées en compétences, voire un hub de l’externalisation de métiers à haute valeur ajoutée.

    Ce qui renvoie à la qualité des RH et des formations pointues. «Il va falloir lancer des formations au diapason de la transformation accélérée et anticiper les besoins des donneurs d’ordre», soutient un opérateur sous couvert de l’anonymat.

    Autre challenge, capter les meilleurs profils dans un secteur à grand turn over et assurer des redéploiements avec une politique de rémunération plus attractive. Il va falloir également monter en compétitivité avec une veille face à une concurrence de plus en plus acerbe et positionnée best costs (Europe de l’Est, Sénégal, Madagascar, l’île Maurice...).

    Chiffres clés

    • Environ 10 milliards de DH de chiffre d’affaires à l’export en 2018
    • Plus de 1 milliard de DH d’investissements engagés par les opérateurs
    • 69.900 emplois créés entre 2014 et 2018
    • Objectif 2020: création de 60.000 emplois directs et 18 milliards de DH de chiffre d’affaires à l’export

                                                                                 

    Facteurs de compétitivité

    De l’avis d’experts, la compétitivité du Maroc repose sur la notion de destination privilégiée pour les opérateurs du nearshoring francophone et hispanophone. Sur ces marchés précis, le Maroc bénéficie d’avantages concurrentiels forts. Il s’agit notamment des coûts des ressources, des niveaux des salaires... Autant de facteurs qui constituent le principal motif de délocalisation offshore.

    L’autre force du Maroc réside dans sa proximité géographique avec les principaux donneurs d’ordre européens (France et Espagne) ainsi que le même fuseau horaires. S’y ajoutent la disponibilité des ressources et la maîtrise des langues (français et espagnol). Par ailleurs, les mesures incitatives et l’exonération fiscale accordées par l’Etat donnent un avantage concurrentiel fort au secteur.

    L’Etat a mis en place une batterie de mesures avec notamment une subvention directe à l’investissement pouvant atteindre 30% du montant des projets installés au sein de plateformes industrielles intégrées (P2I), ou encore un régime subventionné lié à l’impôt sur le revenu, de sorte que la charge fiscale n’excède pas 20% du revenu brut, en dehors de l’axe Rabat-Casablanca. S’y ajoutent une exonération de l’impôt pendant les 5 premières années pour les entreprises opérant dans les activités de l’offshoring ainsi que l’application d’un taux d’IS de 8,75% dès la 6e année.

    Des aides à la formation des ressources humaines peuvent aller jusqu’à 65.000 DH pour les nouvelles recrues marocaines en plus d’une prime d’appuis à la certification des ressources dans les domaines des nouvelles technologies de l’ordre de 2 millions de DH par projet. Des facilitations administratives sont également accordées pour le recrutement de salariés étrangers ainsi que lors des démarches d’obtention de visa.

    M.Ko

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