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    A la veille d’une révolution de l’hydrogène

    Par L'Economiste | Edition N°:5500 Le 22/04/2019 | Partager
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    La poudre noire inventée par le jeune scientifique slovène Matija Gatalo promet une solution nécessaire à la révolution de l’hydrogène et à la transition vers l’hydrogène et une société neutre en carbone. Il y a deux innovations : la première est un catalyseur, environ 3-4 fois moins cher et 2 fois plus efficace que ceux actuellement sur le marché. La seconde est une méthode écologique permettant d’obtenir ces catalyseurs, 50 % moins chère que la production de catalyseurs existants (Ph. Blaž Samec/ Delo)

    Deux inventions slovènes pourraient rendre cette technologie verte abordable

    ontenue dans trois flacons et fièrement exposée par Matija Gatalo, un jeune chercheur de l’Institut national de chimie slovène, cette poudre noire ressemble à de la poussière de charbon, l’une des sources d’énergie les plus polluantes que l’homme ait jamais connues. Bien que le charbon soit l’un des principaux responsables du réchauffement climatique ainsi que d’au moins 800 000 décès par an en Europe via la pollution atmosphérique, de nombreux pays (dont des signataires de l’Accord de Paris) ne semblent toujours pas disposés à y renoncer. En contraste de son homologue à base de charbon, cette poudre noire inventée par le scientifique slovène offre une solution pour révolutionner l’hydrogène et une transition potentielle vers une société neutre en carbone.
    La technologie de l’hydrogène, ou la production d’électricité à partir de l’hydrogène, pourrait jouer un rôle important dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la pollution atmosphérique, puisque l’hydrogène est l’élément chimique le plus abondant dans l’univers et que l’eau est son seul sous-produit.
    Une pile à combustible à hydrogène transforme l’hydrogène et l’oxygène en énergie électrique à l’aide d’un catalyseur. Cependant, le catalyseur, composant central pour ce processus, nécessite de grandes quantités de platine. La rareté et le prix élevé de ce métal constituent un obstacle majeur à la démocratisation de cette technologie. De plus, la planète pourrait ne pas contenir suffisamment de platine pour alimenter une commercialisation massive, malgré le recyclage partiel du platine déjà existant.
    Matija Gatalo est convaincu que si nous pouvions réduire la quantité de platine dans les piles à hydrogène, la popularisation de cette technologie ne ferait plus aucun doute. Il a donc développé deux innovations qui pourraient encourager cette transition. La première, cette «poudre noire d’apparence peu attrayante», selon ses propres mots, est un catalyseur deux fois moins cher et trois à quatre fois plus efficace que ceux actuellement sur le marché. Environ la moitié du platine est remplacé par du cuivre, bien moins coûteux. Le platine ne peut néanmoins pas être totalement remplacé, il s’agit de l’un des rares métaux capables de résister aux pressions exercées par les véhicules à long terme. Sa deuxième découverte est une méthode écologique de production de ce catalyseur basée sur la nanotechnologie. Selon lui, la capacité de production est environ cent fois plus élevée que celle d’autres laboratoires. «Grâce à ces deux innovations, nous avons posé les bases d’une utilisation beaucoup plus large de cette source d’énergie propre», explique Matija Gatalo.

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    Les piles et batteries à hydrogène ont de nombreuses applications, y compris comme alternative aux moteurs à combustion interne classiques. La technologie de l’hydrogène pourrait alors sans doute ouvrir la voie à une ère de mobilité plus propre. L’énergie à base d’hydrogène ne pollue pas l’air alors que l’eau produite lors du processus dans le réservoir du véhicule peut être rejetée dans la nature. Le constructeur automobile sud-coréen Hyundai affirme même que Nexo, son modèle équipé d’une pile à hydrogène, peut nettoyer l’atmosphère durant la conduite, l’air étant filtré avant d’atteindre la pile à combustible.
    Le Japon est l’un des premiers pays à avoir adopté cette technologie suite à sa décision de se détourner de l’énergie nucléaire après la catastrophe de Fukushima. Les deux autres modèles de voitures qui utilisent cette technologie sont le Mirai de Toyota et le Clarity FCV de Honda, ainsi les autorités japonaises ont déclaré que tous les véhicules du village olympique Tokyo 2020 seront équipés de piles à hydrogène.
    Actuellement, la majorité des véhicules fonctionnant à l’hydrogène circulent aux États-Unis. Plus de la moitié d’entre eux sont immatriculés en Californie, l’état disposant du réseau le plus avancé de stations-service à hydrogène.
    En Europe, ce type de véhicule est encore relativement rare, principalement en raison de son prix élevé. De nombreux facteurs, dont les innovations jumelles de Matija Gatalo, pourraient désormais changer la donne. L’autre obstacle majeur est la rareté des stations-service, bien que leur nombre connaisse également une augmentation bénéfique. L’Allemagne, traditionnellement un modèle pour l’ensemble de l’industrie automobile européenne, prévoit d’installer 400 nouvelles stations-service d’ici 2023.
    L’Institut national de chimie a déposé une demande de brevet pour les deux innovations de Matija Gatalo, et le catalyseur a attiré l’attention de plusieurs entreprises. «Nous n’avons pas le droit de révéler leurs noms, mais je peux vous dire que, dans le domaine de la production de catalyseurs, deux d’entre eux sont ce que Nike et Adidas sont sur le marché des vêtements de sport», affirme le chercheur.

    Par Maja Prijatelj Videmšek

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