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    La renaissance des recycleurs textiles de la Toscane

    Par L'Economiste | Edition N°:5500 Le 22/04/2019 | Partager
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    Chaque seconde, l’équivalent d’un camion rempli de tissus est jeté dans une décharge ou brûlé, entraînant la filtration de produits chimiques (comme les colorants) ou de tissus synthétiques non biodégradables (comme le polyester) dans le sol. Chaque année, environ 500 milliards de dollars de vêtements à peine portés terminent dans les poubelles, alors que leur fabrication a un impact considérable sur l’environnement en raison de l’utilisation de charbon et de pétrole pour créer des fibres synthétiques, et de pesticides pour cultiver des fibres naturelles, dont le coton. A ce rythme, l’industrie de la mode représentera un quart de la consommation moyenne mondiale de combustibles fossiles d’ici 2050, selon un rapport publié par la Fondation Ellen MacArthur en 2017.
    Pourtant, sur les presque 100 millions de tonnes de textiles produites dans le monde chaque année, à peine 980.000 tonnes sont recyclées, soit 1%. Environ 143.000 tonnes, soit 15% du total mondial, ont été recyclées en 2018 dans la ville italienne de Prato. Cette ville toscane située à 24 km de Florence est la capitale mondiale de la transformation du textile post-consommation, ce qui la rend très attractive pour les grandes marques à la recherche de modèles de production plus durables. «Depuis le milieu du XIXe siècle, Prato recycle des chiffons du monde entier grâce à des technologies de pointe et à des investissements dans les machines les plus innovantes», explique Fabrizio Tesi, copropriétaire de Comistra avec sa sœur Cinzia. Cette entreprise centenaire de Prato produit des tissus contenant 90% de textiles recyclés. Fabrizio Tesi est également président de l’Astri, l’Association italienne des textiles recyclés, fondée il y a deux ans pour promouvoir l’excellence italienne et le savoir-faire des Toscans de près de deux siècles de transformation des déchets textiles, en particulier de la laine.
    Astri a vu le jour grâce aux efforts des entrepreneurs du secteur qui se sont engagés pour une régénération textile de qualité, soutenus par les vendeurs ambulants, les usines de laine, les négociants en matières premières et d’autres travailleurs qui filent, teignent et finissent les vêtements dans le quartier textile le plus important d’Europe. Prato compte environ 7.200 entreprises, près de 40.000 employés et un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros (5,6 milliards de dollars) par an.
    «De mon grand-père Alfredo à mon père Rolando et ma mère Giovanna, notre famille a toujours eu une forte vocation d’innovation. Cela nous a conduits à créer une usine unique au monde, où nous régénérons et transformons des sous-produits textiles et des matériaux post-consommation en un tissu appelé «laine mécanique» ou «laine de Prato». C’est une laine recyclée de très haute qualité créée sans toucher à la peau d’un mouton, et qui bénéficie de la certification Global Recycled Standard», explique Fabrizio Tesi.
    Comistra vend ses tissus à de grandes marques de mode telles que Armani, Banana Republic, Zara et H&M, mais l’entreprise n’est pas seule dans sa démarche. Des centaines d’autres de la ville sont dédiées à la régénération des matériaux post-consommation. Parmi celles-ci, la filature de Valfilo, qui produit des fils cardés à partir de matériaux recyclés; la lainerie d’Intespra, qui fabrique des tissus; la Manifattura Maiano, qui traite les déchets textiles pour obtenir des isolants destinés à la construction durable; ou encore de startups comme Rifò, fondée l’an dernier par Niccolò Cipriani et qui fabrique des écharpes et des bonnets en laine recyclée.
    Pour Fabrizio Tesi et ses collègues, l’utilisation de déchets, autrefois embarrassante est désormais une fierté: «L’industrie de la mode devra suivre l’exemple de Prato si elle veut survivre au modèle actuel de production non durable», estime l’homme d’affaires.
    A l’ère de la consommation consciente, toutes les grandes marques sont confrontées au défi du recyclage et de l’intégration de produits éco-durables dans leurs collections. Mais elles ont encore un long chemin à parcourir pour inverser la courbe du gaspillage causé par des pratiques industrielles non durables. «Il est nécessaire de révolutionner complètement les systèmes de production et de penser à ce qui arrive après la fin de vie des vêtements», estime FabrizioTesi.
    L’année dernière, Comistra a également commencé à confectionner des vêtements en collaboration avec l’Institut d’Art Brunelleschi, sur la base des principes de l’éco-conception. Ces vêtements sont conçus pour être facilement réparés et régénérés avec des coutures en coton, des couleurs non toxiques et des tissus naturels, sans thermo-adhésifs ou matériaux synthétiques qui pourraient compromettre le recyclage. C’est toute l’idée derrière des mouvements internationaux comme Fashion Revolution ou Fashion for Good, des plateformes destinées à impulser le changement de cap de l’un des secteurs manufacturiers les plus polluants, à l’instar des technologies et des modèles qui se trouvent à Prato.
    Par Elena Comelli

                                                                          

    Industrie de la mode: Le gros pollueur

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    Le secteur de la mode (production de tous les vêtements que les gens vont porter incluse) contribue à environ 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre du fait de ses longues chaînes d’approvisionnement et de son mode de production à forte intensité énergétique.
    Ce secteur consomme plus d’énergie que les industries de l’aviation et du transport maritime réunies.
    Pour confectionner un jeans en denim, il faut 10.000 litres d’eau rien que pour faire pousser le kilo de coton nécessaire à sa fabrication. En comparaison, il faudrait 10 ans à un humain pour boire 10.000 litres d’eau.
    Cette industrie produit environ 20% des eaux usées dans le monde.
    85 % des textiles finissent dans des décharges ou sont incinérés alors que la plupart des matériaux qu’on y trouve pourraient être réutilisés.
    L’industrie textile pompe 93 milliards de m3 d’eau par an, contribuant à l’assèchement de certaines zones.

    Source: ONU & Fondation Ellen MacArthur-2017

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