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    Des pneus deviennent des meubles avant-gardistes

    Par L'Economiste | Edition N°:5500 Le 22/04/2019 | Partager
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    Des meubles fabriqués à partir de pneus usagés (Ph. Dan Ikpoyi)

    Dans les pays à faible revenu comme le Nigéria, les statistiques de la Banque mondiale montrent que plus de 90 % des déchets sont mal gérés: abandonnés dans des décharges non réglementées, le long des cours d’eau ou brûlés en plein air. Une mauvaise gestion des déchets qui a des conséquences sur l’environnement, la sécurité et la santé, en créant des zones fertiles pour les maladies, contribuant au changement climatique à travers la production de méthane et menaçant les écosystèmes.
    Des études affirment que plus de 60% des déchets déposés dans les poubelles peuvent être recyclés. Selon les estimations, le Nigéria génère plus de 32 millions de tonnes de déchets solides par an, dont seulement 20% à 30% sont récupérés.
    Le recyclage s’est également avéré être une solution au chômage, une bonne nouvelle pour un pays qui compte plus de 30 millions de jeunes sans emploi.
    Certains jeunes Nigérians se distinguent déjà dans l’industrie du recyclage.
    En plus de contribuer à rendre leur environnement plus propre et plus sûr, ils arrivent à gagner leur vie de façon durable, que ce soit grâce au recyclage ou au surcyclage.
    Olabanke Banjo en est l’exemple. Sa passion pour la réduction de la pollution de l’environnement a donné naissance à Cyrus45factory, une agence créative axée sur la création de meubles avant-gardistes et ultramodernes sur mesure à partir des pneus en fin de vie.
    Cyrus45factory est «un fruit du hasard», affirme Olabanke Banjo: «En 2016, j’étais chez ma grande sœur à Lagos et sa voisine voulait se débarrasser d’une énorme pile de pneus. Là où ils voyaient un problème, j’ai vu une opportunité. Adorant remettre à neuf de vieux objets, je leur ai dit de ne pas les jeter; j’allais trouver un moyen de m’en débarrasser. A vrai dire, je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire avec ces pneus».
    «Mais l’esprit créatif en moi pensait que je devais être capable d’en faire une table, à cause de leur forme ronde: si je mettais du bois en dessous, ça pouvait ressembler à une table», poursuit-elle. «C’est avec l’aide de Google et de ma créativité que j’ai fait ma première table basse et que Cyrus45factory a commencé».
    Selon Olabanke Banjo, l’un des objectifs de son entreprise est de minimiser les dommages provoqués par ces déchets. Les pneus ne sont pas biodégradables et leur combustion entraîne de graves risques pour l’environnement et la santé.
    «Chaque année, environ 150 milliards de pneus sont jetés dans le monde. Cyrus45factory cherche donc à empêcher que ceux-ci terminent dans des incinérateurs, en les transformant en objets d’art et en meubles fonctionnels. C’est ainsi que nous apportons des solutions aux défis environnementaux», explique l’entrepreneuse.
    Depuis sa création en 2016, Cyrus45factory a pu recycler près de 500 pneus et a reçu des distinctions locales et internationales.
    «Nous avons gagné plusieurs prix», assure Olabanke Banjo. «Nous avons reçu le prix ACE du meilleur produit écologique en 2018, et j’ai personnellement remporté le prix 2017 All Youth du jeune entrepreneur le plus entreprenant. Nous avons été invités par l’Union africaine à venir parler de l’entrepreneuriat à Addis-Abeba en Ethiopie», ajoute-t-elle. «Nous avons également fait l’objet de reportages dans plusieurs médias internationaux tels que la BBC et le Financial Times. D’une manière générale, nous avons fait des progrès et nous avons l’intention d’en faire encore plus dans les années à venir».
    Selon Olabanke Banjo, sa société «met en œuvre une méthode que le Nigéria et le monde entier peuvent utiliser pour éliminer les déchets, en particulier les pneus».
    L’entrepreneuse aimerait également changer le discours actuel sur les produits fabriqués au Nigéria, à savoir qu’ils sont de qualité et de normes de production inférieures. Elle aimerait que ses produits soient compétitifs sur les marchés internationaux.
    «Au cours des dix prochaines années, nous espérons nous développer dans d’autres régions en Afrique, ainsi que dans les foyers et les bureaux, et veiller à ce que tout le monde utilise des produits écologiques», conclut-elle.
     

    Par Muneer YAQUB

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