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    Tribune

    Les sciences en arabe: Pourquoi creuser des fossés supplémentaires avec la réalité?

    Par Hassania CHERKAOUI | Edition N°:5495 Le 15/04/2019 | Partager

    Le Pr. Hassania Cherkaoui est Docteur d’Etat en droit maritime et aérien, matières qu’elle a enseignées plus de 30 années à l’université Hassan II. Elle est professeur associée aux USA, présidente de l’Association de droit maritime et aérien et de la Cour internationale d’arbitrage maritime et aérien à Casablanca, en partenariat avec la Chambre d’arbitrage maritime de Paris, auteur de plusieurs ouvrages de droit des affaires, aérien et maritime (Ph. H.C.)  

    La polémique suscitée par le projet de loi-cadre de l’enseignement autour de la langue n’a aucune justification ni du point de vue du droit, ni du point de vue du fait.

    Sur le plan du droit, notre Constitution est claire: «les langues étrangères» sont des «outils de communication, d’intégration et d’interaction avec la société du savoir». Comment peut-on ignorer la Loi suprême, qui est impérative et s’impose même au législateur. Une telle polémique aurait dû cesser.

    Sinon, il faut croire que le problème ne se rapporte pas à une thématique linguistique au sens littéraire du terme, mais se situe à un niveau bien plus élevé et plus vaste. Il vise tout simplement le monde contemporain et c’est le cœur de la question.

    Pourtant, le principal partenaire du Maroc est l’Union européenne avec laquelle nous avons des relations étroites à tous les niveaux: tourisme, commerce, pêche, services,  agriculture, industrie… Dès lors, comment nos jeunes et la future génération vont-ils travailler avec ces gens de culture et de logistique latine? Pourquoi vouloir creuser un fossé avec l’UE alors que le Maroc bénéficie du statut de partenaire privilégié.

    Les gens inventent  leur solution

    La polémique s’adresse également au référentiel juridique de l’Asie (Chine, Pakistan, Inde) et de l’Afrique. Or l’économie mondiale est basée sur l’encadrement juridique des échanges. Comment le Maroc pourra-t-il traiter avec ces 5 milliards d’habitants.
    Passons aux faits. Aujourd’hui, les satellites envoyés dans l’espace proposent un certain nombre de services sociaux. Ils fournissent également les données nécessaires pour garantir une utilisation agricole appropriée. A partir de données de la télédétection, les informations obtenues sont utilisées pour aider à localiser les gisements de pétrole et autres richesses. Toutes ces avancées scientifiques sont exprimées en anglais ou en latin.

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    En contradiction avec la Constitution de 2011, l’ancien chef du gouvernement et promoteur de la vision 2015-2030, Benkirane, s’oppose brutalement à la réintroduction du français comme langue d’enseignement des sciences. Ici des universités étrangères (américaine et espagnole) démarchent les jeunes Marocains dont les parents peuvent payer l’expatriation scientifique, gage d’emplois (Ph. L’Economiste)

    Question: Comment le Marocain interagit ou se comporte face à ces développements qui sont dans une langue étrangère? Simplement en créant un code pour «chatter» en utilisant des termes latins pour communiquer en darija.

    Ainsi, quand la culture marocaine est confrontée à une nouvelle technologie, elle la nomme et la désigne par un substantif: une darija portée par les caractères latins. Mais en adoptant le caractère latin, elle s’est adaptée au numérique.

    Ainsi le Marocain a déjà fait son choix et n’attend pas que l’on choisisse pour lui. Il est donc venu le temps de faciliter la tâche à cette merveilleuse darija. Pour cela il faut faciliter le développement des codes qu’elle a choisis et qui sont fondamentalement orientés vers les langues étrangères.

                                                                                      

    De qui se moque-t-on avec le laïzère?

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    En 1991, l’ambassadeur et ancien ministre Yahia Benslimane publiait un petit brûlot sur les pertes de sens dues à l’emploi forcé de l’arabisation et incidemment aux divers travers de la culture marocaine, comme la propension à se déresponsabiliser. Quelques courtisans lui avait promis les foudres royales. Il fut distingué par le Prix du Maroc, où feu Hassan II était très influent.  Ce livre n’existe plus que d’occasion chez les bouquinistes

    Notre Constitution précise que «l’Etat veille à l’apprentissage et la maîtrise des langues étrangères…». Attention, il ne s’agit pas de traduire ces langues, mais de les apprendre et de les maîtriser. Il n’est donc pas question de créer un mot nouveau, qui nécessiterait de comprendre son concept pour le nommer.

    Et si l’on ignore son existence, comment pourrait-on le traduire? Un exemple de ce que donne bricolage actuel: Le laser, «Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation» est prononcé et écrit «laïzère», incompréhensible dans son utilisation.

    Rappelons, à cet égard, que le vocabulaire s’enrichit de nouveaux mots quotidiennement. Et il en est ainsi pour tous les concepts: technologies, médecines, chimies,  physiques, mathématiques, économie, politique… Les mathématiques, par exemple, qui ont évolué énormément, deviennent des concepts dont la logique imprime aux mots une évolution. Comment le traduire? Et toutes ces sciences sont en anglais.

    Rappelons aussi que le monde s’est uniformisé en particulier dans le droit et les échanges. Et ce sont les sciences et les techniques qui font tourner le monde actuellement. On ne peut donc pas exclure le Maroc de l’international et de son ancrage au mouvement planétaire pour une question de langue définitivement tranchée par la Loi suprême.

     

     

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