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    Tribune

    Pourquoi avons-nous besoin d’en appeler au Roi?

    Par Mohamed TAKADOUM | Edition N°:5493 Le 11/04/2019 | Partager

    Mohamed Takadoum, ancien haut fonctionnaire et diplômé de l’Ecole nationale d’administration (Rabat), cycle normal et supérieur, a été cadre dirigeant de l’Office national des Postes et Télécommunications et de Barid Al-Maghrib. Il y a été notamment chef des divisions de la Planification et Equipement, du Budget. Il a aussi été à l’Inspection de ces entreprises publiques. Il tient un blog d’analyse politique: bouliq.blogspot.com (Ph. TM)

    Il se produit, depuis quelque temps, un phénomène étonnant. C’est l'appel à tort et à travers au Roi, notamment sur les réseaux sociaux. Des concitoyens  font appel au Roi pour une question ou une autre un peu partout  dans le pays. Déjà dans son discours du trône, prononcé le 29 juillet 2017, SM le Roi avait fait le constat d’une certaine inertie de l’administration dans le traitement des affaires publiques qualifiée par le Souverain «d’une faible gouvernance et d’une productivité insuffisante».

    D’après le Souverain, c’est ce qui explique que «… les citoyens se plaignent, auprès de lui, des administrations et des responsables qui font preuve de procrastination dans le règlement de leurs doléances et le traitement de leurs dossiers. Voilà pourquoi ils sollicitent Son intervention pour mener leurs affaires à bonne fin.»

    Les choses ont-elles évolué après ce discours dans lequel le Roi a mis en cause et  la classe politique et les responsables dans des termes peu élogieux: «En effet, quand le bilan se révèle positif, les partis, la classe politique et les responsables s’empressent d’occuper le devant de la scène pour engranger les bénéfices politiques et médiatiques des acquis réalisés. Mais, quand le bilan est décevant, on se retranche derrière le Palais royal et on lui  impute la responsabilité.»

    Le recours des citoyens

    Au fait n'y a-t-il pas d'organes et d'institutions dédiés pour prendre en charge les doléances des citoyens? Dans la Constitution de 2011  le Roi est, entre autres, le «…Garant de la pérennité et de la continuité de l’Etat et Arbitre suprême entre ses institutions, veille au respect de la Constitution, au bon fonctionnement des institutions constitutionnelles…».

    De fait, qu’il soit sollicité par les institutions constitutionnelles ou pour des cas exceptionnels, cela se comprend dans le cadre de sa fonction d’arbitrage entre les institutions.

    En revanche, que les citoyens lui adressent des doléances, signifie que  les pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire ainsi que d’autres organes constitutionnels et les élus des collectivités territoriales sont interpellés.  Il y ait parfois des abus notamment la volonté de se soustraire à des décisions de justice ou à des obligations contractuelles. Il ne faut pas se tromper, les citoyens acculés, qui ont recours à la sollicitude royale, ne peuvent nullement être responsables d’un problème de gouvernance.

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    Les sorties officielles ou privées du Souverain sont l’occasion pour le public de lui glisser un mot sur une affaire qu’ils ont du mal à régler. Ce comportement, que le Palais ne récuse pas, signale le mauvais fonctionnement des instances de régulation ou de recours dont la plupart sont des instances constitutionnelles (Ph. DR)

    On peut même affirmer que  la défiance  de nombre de nos concitoyens des institutions élues est  en priorité à la base de ce phénomène d’envois de doléances et de suppliques à l’institution royale.

    L’Etat de droit auquel aspire tout citoyen passe par la mise en œuvre, non pas des dispositions constitutionnelles, mais de l’esprit qui était à la base de cette constitution rappelé à plusieurs reprises par le Souverain. L’administration est d’abord au service du citoyen. Cet article 156 de la Constitution est explicite.

    Tout postulant à un emploi public devrait le savoir par cœur: «Les services publics sont à l'écoute de leurs usagers et assurent le suivi de leurs observations, propositions et doléances. Ils rendent compte de la gestion des deniers publics conformément à la législation en vigueur et sont soumis, à cet égard, aux obligations de contrôle et d'évaluation».

                                                                            

    Les outils qu’il faut

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    A côté des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, la Constitution a prévu dans ses articles 154 à 171, des institutions de gouvernance. Les citer n’est pas superflu: le Conseil national des droits de l’Homme, le CNDH; le  Médiateur, institution nationale indépendante et spécialisée; le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, le CCME; l’Autorité chargée de la parité et de la lutte contre toute forme de discrimination; le Conseil de la concurrence; l’Instance nationale de probité et de lutte contre la corruption; le Conseil consultatif de la famille et de l’enfance; le Conseil de la jeunesse et de l’action associative…

    Sur le plan institutionnel, nous avons les outils  juridiques pour réaliser une bonne gouvernance et une bonne séparation des pouvoirs. Que chacun fasse donc le travail pour lequel il est payé pour la satisfaction des doléances et des besoins de la population. Il ne sera plus nécessaire d’encombrer l’Institution royale par des milliers de doléances qui pourraient très bien être résolues  par les institutions dédiées.

     

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